À plus de 160 km/h et sans GPS : voici le secret fou des pilotes moto du Dakar pour s’orienter dans le désert
Chaque année, le Rallye Dakar fascine par ses défis extrêmes et ses paysages spectaculaires.
Mais derrière la vitesse et l’endurance, un autre aspect impressionne : la navigation à moto, véritable épreuve d’équilibriste entre concentration, technique et prise de risque.

Seul face à l’immensité du désert, chaque pilote doit s’orienter sans assistance, déchiffrer des indications codées à toute allure et garder le cap malgré la fatigue et les pièges du terrain.
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Cette maîtrise de la navigation, souvent méconnue du grand public, fait toute la différence entre l’exploit et l’abandon sur la plus mythique des courses d’aventure.
Navigation en solitaire : un défi unique pour les motards
Sur le Dakar, les motards affrontent un défi singulier : piloter et naviguer seuls, sans copilote pour les assister.
À plus de 160 km/h sur des pistes imprévisibles, ils doivent consulter en continu leur roadbook papier, véritable guide de survie, tout en gardant un œil sur les dangers du terrain.
Cette autonomie exige une concentration extrême et une vigilance de chaque instant, car la moindre erreur d’interprétation peut entraîner une sortie de piste ou un accident.
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Par exemple, un mauvais calcul de distance ou une lecture trop rapide d’un symbole peut faire manquer un point de passage crucial, compromettant la sécurité et la performance du pilote.
Le road-book : fonctionnement, lecture et interprétation
Indispensable à la navigation sur le Dakar, le road-book se présente sous la forme d’un long rouleau de papier, inséré dans un boîtier fixé au guidon.
Les pilotes le font défiler manuellement ou via un moteur électrique, synchronisant en permanence les indications de distance avec leur odomètre.
Chaque case du road-book détaille un cap, une distance et des symboles codifiés : flèches pour les directions, croix pour les intersections, ou encore points d’exclamation rouges signalant des dangers (un, deux ou trois selon la gravité).
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Les abréviations, souvent en français, précisent la nature du terrain ou des obstacles, comme « CP » pour contrôle de passage ou « Dune » pour une zone sablonneuse à risque.
Les instruments embarqués et l’assistance électronique
Pour compléter le road-book, les motards s’appuient sur une panoplie d’instruments embarqués : odomètres numériques, GPS de sécurité et compteurs de secours.
L’odomètre principal, relié au GPS, garantit une mesure précise des distances parcourues, essentielle pour caler chaque indication du road-book.
Un second compteur, indépendant et connecté à la roue avant, sert de solution de repli en cas de défaillance électronique.
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Le GPS, quant à lui, n’indique pas l’itinéraire mais signale les points de passage obligatoires et assure la géolocalisation en temps réel pour la sécurité.
Cette combinaison d’outils permet aux pilotes de naviguer à grande vitesse dans le désert, en limitant les erreurs et en optimisant leur réactivité face aux imprévus du terrain.
Préparation, entraînement et gestion des risques
Avant de s’élancer sur le Dakar, un entraînement rigoureux à la lecture du road-book et à la navigation s’impose.
Maîtriser la lecture rapide des symboles, souvent à plus de 150 km/h dans des conditions extrêmes de chaleur, de sable et de fatigue, est un prérequis vital.
Les pilotes s’exercent sur des stages spécialisés et bénéficient de ressources pédagogiques, comme des lexiques officiels ou des vidéos explicatives réalisées par des champions.
Pour limiter les risques, le dispositif Iritrack équipe chaque moto : il permet une localisation en temps réel et une alerte immédiate en cas d’incident, garantissant ainsi une intervention rapide des secours et renforçant la sécurité sur l’épreuve la plus exigeante du rallye-raid.


