Cette marque connue pour ses voitures de luxe a commencé par des motos pas chères pour survivre à la Seconde Guerre mondiale
Maserati évoque immédiatement l’élégance et la performance automobile, mais peu connaissent l’épisode fascinant qui a vu la marque au trident s’aventurer sur deux roues.
Entre prestige, innovation et défis industriels, cette parenthèse méconnue a laissé une empreinte singulière dans l’histoire de la mobilité italienne.
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Plongée dans une aventure où passion mécanique et esprit d’entreprise se sont conjugués pour donner naissance à des motos aujourd’hui rares et recherchées, témoins d’une époque révolue et d’un savoir-faire unique.
Les origines de Maserati et le contexte de la diversification
Fondée à Bologne en 1914 par les frères Maserati, la marque au trident s’est d’abord illustrée dans la conception de voitures de sport, de machines-outils et de composants électriques, sans jamais envisager la production de motos.
Ce n’est qu’après le rachat par la famille Orsi en 1937, dans un contexte de bouleversements liés à la Seconde Guerre mondiale, que Maserati dut diversifier ses activités pour survivre.
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Les frères Maserati quittèrent l’entreprise en 1947, ouvrant la voie à la création de la Fabbrica Candele e Accumulatori Maserati (FCAM).
Cette filiale, spécialisée dans les bougies d’allumage et batteries, posera les bases de l’aventure moto Maserati au début des années 1950.
L’entrée de Maserati sur le marché de la moto : rachat d’Italmoto et premiers modèles
En 1953, face à la demande croissante de véhicules abordables dans l’Italie d’après-guerre, Maserati franchit un cap décisif en rachetant Italmoto, un constructeur bolonais spécialisé dans les petites cylindrées.
La production est rapidement transférée à Modène, où les premiers modèles, essentiellement des Italmoto rebadgées, sortent des chaînes sous l’emblème du trident.
Progressivement, Maserati développe sa propre gamme, introduisant des moteurs deux et quatre temps, des boîtes à quatre vitesses et des modèles adaptés à divers publics, du cyclomoteur urbain à la moto sportive.
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Cette stratégie vise à concurrencer Vespa et Moto Guzzi, tout en capitalisant sur le prestige du nom Maserati pour séduire une clientèle en quête de mobilité et de distinction.
Succès, ambitions et engagement sportif
Portées par l’aura du trident, les motos Maserati connaissent un succès commercial notable dès leur lancement, tant en Italie qu’à l’export, notamment en Europe et en Amérique du Sud.
Leur design raffiné, la qualité de fabrication et l’innovation technique contribuent à asseoir la réputation de la marque sur le segment des deux-roues.

Ambitieuse, Maserati présente rapidement des modèles plus puissants, jusqu’à 250 cm³, et s’illustre en compétition, notamment lors du Motogiro d’Italia et de la course Milan-Tarente.
Les résultats honorables obtenus par des pilotes privés renforcent l’image d’excellence et de sportivité de Maserati, faisant de ses motos un symbole de prestige et de performance à l’italienne.
Déclin, fin de la production et héritage
À la fin des années 1950, l’essor des automobiles populaires comme la Fiat 500 bouleverse le marché italien : la moto cesse d’être un besoin essentiel et devient un choix de passionné.
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Maserati Moto, fragilisée par une concurrence féroce, des difficultés financières croissantes et une structure industrielle inadaptée, ne parvient pas à s’adapter à ce nouvel environnement.
La production s’arrête en 1960, entraînant la liquidation de l’entreprise et la disparition progressive des motos Maserati.
Aujourd’hui, ces modèles rares suscitent l’engouement des collectionneurs, témoignant d’un héritage singulier : celui d’une parenthèse audacieuse qui enrichit l’histoire de la marque au trident d’un chapitre méconnu mais fascinant.














