Elle ne roule plus depuis 60 ans, mais cette Vespa vaut aujourd’hui plus qu’une voiture de luxe
Symbole d’aventure et d’audace, une Vespa unique attire tous les regards au musée Piaggio de Pontedera. Derrière sa vitrine, ce scooter fascine autant par son histoire extraordinaire que par sa valeur inestimable.
Entre art, voyage et rencontres inattendues, il incarne la rencontre improbable entre l’esprit d’exploration et le génie créatif d’un artiste mondialement célèbre.
Véritable légende sur deux roues, ce modèle intrigue autant les passionnés de design que les amateurs d’épopées hors du commun.
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Son parcours exceptionnel, jalonné d’anecdotes surprenantes, continue de captiver et d’inspirer plus de soixante ans après son incroyable odyssée.
La genèse d’une aventure hors du commun
En 1962, Santiago Guillén et Antonio Veciana, deux étudiants espagnols passionnés d’aventure et amis de longue date, rêvent d’un exploit inédit : faire le tour du monde en Vespa.
Inspirés par le roman de Jules Verne, ils baptisent leur expédition « opération Elcano » et sollicitent le soutien du gouvernement franquiste, désireux d’améliorer l’image de l’Espagne à l’international.
Grâce à leur détermination, ils obtiennent l’appui de MotoVespa, Hilton et British Overseas Airways.
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La préparation méticuleuse de leur périple inclut la recherche de sponsors et la transformation de leur scooter, qui deviendra une œuvre d’art unique grâce à l’intervention inattendue de Salvador Dalí, séduit par l’originalité de leur projet.
Un tour du monde épique sur deux roues
Le périple de Dulcinea débute à Madrid et conduit les deux aventuriers à travers 17 pays, de l’Italie à l’Inde, en passant par le Pakistan, Hong Kong, le Japon, Hawaï, les États-Unis et la France, pour un total de 40 000 kilomètres parcourus, dont 19 000 sur leur Vespa S 125.
Affrontant des routes impraticables, des conditions climatiques extrêmes et le défi logistique de transporter 347 kg de charge, Guillén et Veciana relèvent chaque obstacle avec l’esprit de Phileas Fogg.
Leur passage suscite l’enthousiasme des médias internationaux, tandis que la Vespa décorée par Dalí devient un symbole d’audace et d’inventivité, immortalisant leur aventure dans l’histoire du voyage motorisé.
La rencontre surréaliste avec Salvador Dalí
C’est par un simple appel téléphonique, trouvé dans l’annuaire, que Santiago Guillén et Antonio Veciana parviennent à joindre Salvador Dalí.
Séduit par l’audace de leur projet et amusé par l’idée de peindre une Vespa, l’artiste les invite à Cadaqués.
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Dans son salon, sous le regard d’un imposant ours empaillé et en présence de Gala, sa muse, Dalí transforme le scooter en œuvre d’art : il y appose une croix, une épée, une couronne, ainsi que ses signatures et celle de Gala.
L’atmosphère, à la fois excentrique et inspirante, reflète l’univers du maître surréaliste, qui voit dans cette aventure un écho à sa propre créativité et à son goût pour l’inattendu.
De l’exploit à la légende : la Vespa la plus chère du monde
À l’issue de leur tour du monde, Guillén et Veciana cèdent Dulcinea à MotoVespa pour 100 000 pesetas, un montant équivalant aujourd’hui à 28 000 euros, établissant un record pour une Vespa.
Véritable icône, le scooter a ensuite été exposé dans des institutions prestigieuses, dont le musée Guggenheim de Bilbao, avant de rejoindre la collection permanente du musée Piaggio à Pontedera.
Plus qu’un simple véhicule, Dulcinea incarne la rencontre entre l’art et l’aventure, sublimée par la main de Dalí.
Son parcours muséal et sa valeur inestimable témoignent de son importance historique, artistique et symbolique, faisant d’elle un jalon unique dans l’histoire de l’art et de l’automobile.








