En Thaïlande, la loi interdit aux enfants de conduire des motos mais une règle “sacrée” les protège des policiers
La Thaïlande fascine par ses contrastes et ses habitudes uniques, notamment en matière de mobilité.

Au cœur de la vie quotidienne, la moto occupe une place centrale, bien au-delà d’un simple moyen de transport.
Ce phénomène, particulièrement visible chez les plus jeunes, soulève de nombreuses questions sur la sécurité, l’éducation et les choix de société.
Thailand’s “7 Dangerous Days” road safety campaign is off to a grim start — 86 people lost their lives and over 450 were injured in just two days. Most crashes involved motorcycles, often on straight roads after dark. #Thailand #RoadSafety #NewYear2026 pic.twitter.com/4BQrzsqzsw
— The Thaiger (@ThaigerNews) January 1, 2026
Entre traditions locales, réalités économiques et tolérances institutionnelles, la conduite des deux-roues par les enfants et adolescents révèle une facette méconnue du pays, à la fois surprenante et révélatrice de ses enjeux contemporains.
L’omniprésence de la moto et la normalisation de la conduite précoce
En Thaïlande, la moto est un pilier social indispensable avec plus de 22 millions de véhicules pour 71,6 millions d’habitants, palliant l’absence de transports publics, notamment en zone rurale.
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Cette dépendance a instauré une tolérance culturelle où la nécessité quotidienne l’emporte sur la loi : bien que l’âge légal soit de 15 ans, de nombreux enfants conduisent sans permis pour se rendre à l’école ou aider leur famille.
Cet apprentissage informel, transmis par les parents et toléré par les autorités, privilégie la praticité immédiate au détriment des normes de sécurité occidentales, ancrant l’usage du deux-roues dès le plus jeune âge dans les mœurs locales.
Une crise de sécurité routière face à des réponses institutionnelles limitées
Cette conduite précoce non encadrée génère une vulnérabilité alarmante, puisque 81 % des 15-18 ans circulent sans permis, souvent sans casque et sur des véhicules modifiés.
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Avec 60 % de jeunes apprenant seuls, les accidents graves se multiplient, révélant une méconnaissance critique des règles de sécurité.
Si les autorités mènent des opérations ponctuelles pour sévir contre ces infractions, comme récemment à Thalang, l’efficacité reste limitée par le manque de formation systématique en milieu scolaire.
Pour enrayer cette hécatombe, les experts préconisent de renforcer durablement les contrôles, d’intégrer une éducation routière précoce et d’impliquer davantage les familles dans la prévention.
