EnduroGP 2025 : pourquoi Andrea Verona mise tout sur la GASGAS EC 450F
Sept fois champion du monde. Treize victoires en 2024. Et cette année, Andrea Verona enfourche une 450. Voilà qui devrait sérieusement secouer l’ordre établi du paddock EnduroGP. Ce choix, que certains jugeront téméraire, semble surtout être l’arme de guerre idéale pour un pilote dont la précision technique et la fluidité ont déjà mis tout le monde d’accord sur un 250.
Après un hiver de tests intensifs, le pilote GASGAS passe à l’EC 450F pour la saison 2025. Objectif : conserver son titre en Enduro2 et reconquérir la couronne EnduroGP, chipée en 2023. Le championnat débute au Portugal, sur un tracé réputé exigeant, parfait pour tester les limites d’un gros monocylindre et du mental d’un pilote qui n’en manque pas.
Monter en 450 : choix stratégique ou pari risqué ?
Ceux qui pensent que la 450 est un caprice n’ont probablement jamais posé leurs gants sur une moto de cette trempe. Le couple est abyssal, la plage d’utilisation plus étroite, la gestion de la motricité devient un art. Et en enduro, cela peut faire la différence entre un top 3 et un ravin.
Verona n’a pas choisi cette machine pour faire joli. Il l’a choisie pour gagner. Pas uniquement sur le papier, mais dans la vraie vie, là où les spéciales cassent les bras, les transferts en liaisons lessivent le moral et les erreurs se payent en dizaines de secondes.
L’Italien explique avoir travaillé sur la suspension, la répartition des masses et surtout, sur sa propre capacité à dompter la bête. Car piloter une 450, ce n’est pas simplement ouvrir en grand, c’est savoir quoi faire de la puissance.
2024 : domination sans partage
Son année 2024, parlons-en. Treize victoires, six doublés, et un titre scellé dès l’étape galloise, avec une journée d’avance. Ce genre de régularité, dans un championnat où la boue, la pluie, la poussière et les tracés changeants sont la norme, n’est pas un hasard.
Il n’a laissé qu’une seule journée à ses adversaires. Chaque chrono ou presque, chaque spéciale, chaque saut de racine a été exécuté comme une partition. Et maintenant qu’il a changé d’instrument, attendez-vous à un concerto en 450 majeur.
Un calendrier conçu pour briser les hommes
Portugal, Espagne, Suède, Pays de Galles, France, Italie, Allemagne. Sept étapes, des terrains radicalement différents : sable scandinave, racines galloises, caillasse portugaise. Un vrai laboratoire d’endurance mécanique et psychologique.
Le GP d’Italie, en septembre à Darfo Boario Terme, s’annonce incandescent. Les tifosi seront en feu. Ajoutez à cela la proximité du Six Jours de Bergame, et vous obtenez une ambiance à faire trembler les arbres.
Et n’oublions pas : la finale se jouera à Zschopau, en Allemagne, là même où Andrea avait été sacré roi du monde en 2022. Si vous cherchez un symbole, en voilà un.
La GASGAS EC 450F, outsider ou référence ?
Il faut le reconnaître, la 450 reste rare en EnduroGP. Beaucoup préfèrent la vivacité des 250 ou la polyvalence d’une 350. Pourtant, le team GASGAS a misé gros. Selon Fabio Farioli, team manager, « c’est le bon outil pour viser le titre ».
Et il ne s’agit pas uniquement de puissance. Les ajustements moteur et suspension se poursuivent jusqu’à la veille du premier départ. Rien n’est laissé au hasard. Verona et son mécano fonctionnent comme un seul cerveau. La machine n’est pas livrée clé en main : elle est sculptée, affinée, réécrite à son image.
Ce que vous devez surveiller
Premièrement, la capacité de Verona à maintenir un rythme sur des spéciales plus techniques où la 450 pourrait le pénaliser en termes d’agilité. Deuxièmement, l’usure physique sur une saison complète, car tenir une telle cylindrée exige une préparation chirurgicale. Et enfin, le comportement de ses rivaux, déjà affûtés par les premières manches du championnat italien.
Mais le plus intéressant reste à venir : si Andrea Verona parvient à dominer en 450, il pourrait redéfinir les standards du pilotage moderne en enduro, où l’on pensait jusqu’ici que la finesse primait sur la force brute.
Et si cela vous semble exagéré, regardez-le rouler. Puis essayez de le suivre.
Crédit photo : Photographers Future7Media
