Fin de la moto dans nos villes ? Ce pays d’Europe projette purement et simplement de supprimer les roues de ses centres urbains
L’accès aux centres urbains espagnols évolue rapidement, bouleversant les habitudes de mobilité.
Entre nouvelles restrictions pour les véhicules privés, généralisation des zones à faibles émissions et incitations financières pour favoriser les transports en commun, les grandes villes d’Espagne amorcent un véritable changement de cap.
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Les automobilistes, qu’ils soient résidents ou visiteurs, doivent désormais composer avec des règles inédites, des procédures d’enregistrement spécifiques et des dispositifs tarifaires repensés.
Comprendre ces évolutions devient essentiel pour circuler sereinement, anticiper ses déplacements et profiter pleinement des alternatives de mobilité proposées dans les métropoles espagnoles.
Vers une exclusion totale des véhicules privés dans les villes espagnoles
Lors d’une récente intervention à la Rencontre des villes pour la sécurité routière et la mobilité durable, le directeur de la DGT, Pere Navarro, a clairement affiché la volonté d’écarter tous les véhicules privés (qu’ils soient thermiques, électriques, hybrides, voitures ou motos) des centres urbains espagnols.
Selon lui, la saturation de l’espace public et la croissance continue du trafic rendent indispensable une réorganisation radicale de la mobilité.
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Cette mesure, qui ne fait aucune distinction entre les types de motorisation ou le nombre de roues, s’explique par la nécessité de libérer de l’espace et de privilégier les transports collectifs, désormais envisagés comme unique mode d’accès aux centres-villes à moyen terme.
Le soutien financier massif aux transports publics : mesures, bénéficiaires et premiers résultats
Pour accompagner cette transition, le ministère espagnol des Transports a débloqué 878 millions d’euros pour 2026, destinés à rendre les transports publics plus attractifs.
Ce plan prévoit notamment 355 millions d’euros pour des réductions tarifaires locales et régionales, 183 millions pour la gratuité annuelle des transports terrestres aux Canaries et Baléares, et 10 millions pour les vélos en libre-service.
Les collectivités et communautés autonomes, éligibles sous condition de mise en place de zones à faibles émissions et de systèmes d’abonnement, peuvent déposer leur dossier jusqu’au 30 avril.
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Ces mesures, qui incluent la gratuité pour les moins de 14 ans et des réductions pour les jeunes, ont déjà permis une hausse de 33 % de la fréquentation depuis 2022.
Zones à faibles émissions : fonctionnement, accès et spécificités locales
Depuis 2023, toutes les villes espagnoles de plus de 50 000 habitants doivent instaurer des zones à faibles émissions (ZFE), surveillées par caméras et soumises à des règles variables selon les municipalités.
L’accès y est conditionné par la possession d’une vignette environnementale, répartie en quatre catégories (0, Eco, C, B) selon le niveau d’émissions du véhicule.

Si la plupart des villes n’exigent pas d’enregistrement préalable pour les véhicules étrangers, Madrid et Barcelone imposent une inscription en ligne, sous peine d’amende.
À Barcelone, les restrictions s’appliquent en semaine, tandis qu’à Madrid, elles concernent l’ensemble du périmètre M-30, avec des zones à réglementation renforcée.

Les vignettes étrangères reconnues sont valables, sous conditions.
Distribution urbaine et fermeture de la mobilité individuelle : quels impacts pour les usagers et visiteurs ?
La réorganisation de la mobilité urbaine en Espagne ne se limite pas à l’exclusion des véhicules particuliers : elle redéfinit aussi la logistique urbaine.
Si la distribution de marchandises bénéficie d’aménagements spécifiques pour garantir l’approvisionnement des commerces, la mobilité personnelle motorisée se voit, elle, strictement restreinte.
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Résidents, travailleurs et visiteurs doivent désormais s’adapter à une offre de transport public renforcée, mais aussi à des contraintes d’accès inédites, notamment pour les véhicules étrangers.
Cette mutation, qui vise à désengorger les centres-villes et à améliorer la qualité de vie, soulève néanmoins des défis d’accessibilité et d’attractivité touristique, appelant à une adaptation rapide des habitudes de déplacement.
Il est important de noter qu’aucune déclaration officielle n’a encore été prise et que cette déclaration du directeur de la DGT n’est qu’une intention affichée.
Néanmoins, cette orientation radicale, couplée aux investissements massifs dans les transports publics, pourrait faire des émules et inspirer des politiques similaires dans le reste de l’Europe, y compris en France, où le débat sur l’avenir du véhicule privé dans les centres-villes est déjà très présent.
