Ice Speedway : Haarahiltunen décroche un 4e titre mondial dans une finale électrique
Il n’a pas besoin de tout gagner pour triompher. Martin Haarahiltunen vient d’empocher son quatrième titre consécutif de champion du monde FIM Ice Speedway avec l’assurance d’un homme qui maîtrise parfaitement le chaos glacial qui l’entoure. Deux deuxièmes places lors de la finale à Heerenveen, aux Pays-Bas, ont suffi pour faire tomber le rideau. Ce n’est pas un coureur flamboyant. C’est un tueur à sang-froid, et cela fonctionne.
Le théâtre de la glace : Heerenveen
Thialf. Une patinoire couverte digne d’un opéra. Et pourtant, ce week-end-là, il ne s’agissait pas de grâce artistique. C’était du contrôle, du risque, du métal, et des clous longs comme des canines. Les courses se sont jouées à une vitesse absurde sur une surface où le moindre faux mouvement vous propulse vers une clôture ou vous transforme en figurant du balai.
Le samedi, Haarahiltunen arrive avec quatre points d’avance engrangés à Inzell. Suffisant pour rester en position de force, mais pas pour dormir tranquille. Son compatriote Niclas Svensson, tout en vitesse et en nervosité maîtrisée, s’est montré le plus menaçant.
Haarahiltunen démarre fort, dominateur, presque en démonstration. Puis survient la faute. Une touchette avec le Tchèque Lukas Hutla, deux sauvetages miraculeux sur l’angle, et une disqualification qui aurait pu coûter cher. Dans un championnat où chaque point pèse une enclume, ce genre de glissade n’est pas toléré.
Svensson, rapide mais incomplet
Grand Final du samedi : Svensson jaillit des grilles comme un chien de chasse, s’impose sans vaciller, pendant que Haarahiltunen doit doubler Max Koivula pour sauver sa soirée. La tension monte d’un cran. Si vous avez déjà conduit un flat track à clous sur glace vive, vous comprenez à quel point une simple erreur peut avoir des conséquences durables. Si vous ne l’avez jamais fait, contentez-vous de savoir que c’est comme jouer au billard à 120 km/h avec son propre squelette.
Le dimanche, même décor, même enjeu, mais un classement modifié. Heikki Huusko, le Finlandais coriace, blessé, laisse sa place dans la course au titre. Svensson prend le relais de la pression.
Un finish aux couteaux
Le Suédois défend son trône avec maîtrise. Il gagne son premier Heat, cède un point à Koivula dans le second, puis aligne trois victoires. Il est en finale. Svensson aussi, malgré une chute spectaculaire en tête lors de son dernier Heat contre Haarahiltunen. Ce genre de moments, sur glace, laisse une trace. À la fois sur le corps et dans la tête.
La finale du dimanche est tendue comme une chaîne de transmission sans graisse. Koivula démarre fort, Svensson encore mieux. Haarahiltunen est troisième, ce qui suffirait à forcer un run-off pour le titre. Mais alors que le dernier tour commence, Koivula part en drift incontrôlé, sort, et stoppe la course. Victoire attribuée à Svensson, mais le deuxième rang suffit à Haarahiltunen pour garder la couronne, avec deux points d’avance.
Il entre dans le cercle fermé des pilotes ayant remporté quatre titres consécutifs. Ce n’est pas juste un champion. C’est un modèle de constance. Pas d’éclat tapageur, juste de la précision et une capacité hors norme à encaisser la pression.
Le reste du peloton : pas là pour faire de la figuration
Koivula termine troisième du championnat malgré sa sortie en finale. Une belle régularité, à défaut d’avoir eu le panache. Jasper Iwema, le local, signe une performance qui fait vibrer le public néerlandais : une place en finale et un podium pour clore la saison. Il termine quatrième du général.
Quant à Hutla, malgré des Heat impressionnants, il n’a pas concrétisé. Mais la vitesse, lui, il l’a. Il lui manque simplement le sang-froid de Haarahiltunen.
Ce sport est un paradoxe sur glace : brutal mais chirurgical. Et Haarahiltunen, sans doute le seul à le comprendre pleinement, l’a encore prouvé.
Crédit photo : Martin Haarahiltunen Championship Winner at 2025 FIM Ice Speedway World Championship in Heerenveen, Netherlands © Good-Shoot
