Il y a 10 ans, Peugeot gagnait une course en Moto3… mais la marque n’y a jamais cru et a quitté le mondial comme si rien ne s’était passé
Peugeot, constructeur historique, a tenté une incursion audacieuse dans le championnat du monde Moto3, portée par une alliance stratégique avec Mahindra.

Cette aventure, aussi brève qu’intense, a été marquée par des ambitions élevées, des choix techniques innovants et un engagement total sur la scène internationale.
Entre espoirs de podiums et réalités du paddock, l’histoire de Peugeot en Moto3 intrigue autant qu’elle surprend, notamment grâce à un exploit inattendu qui a marqué les esprits.
#OnThisDay in 2016 in Brno, @johnmcp17 became the first Scottish rider to win a GP since 1962 (Bob McIntyre, Spa) pic.twitter.com/TWa7PFTtWR
— MotoGP Fan Zone (@bgmotogp) August 21, 2017
Retour sur une épopée méconnue, où passion, défis industriels et rebondissements sportifs se sont entremêlés.
Les ambitions de Peugeot et Mahindra pour accéder au MotoGP
En s’alliant à Mahindra, Peugeot visait à s’ouvrir les portes du prestigieux MotoGP, misant sur la complémentarité de leurs expertises pour s’imposer sur la scène mondiale.
Cette collaboration, initiée après la prise de contrôle majoritaire de la division moto de Peugeot par Mahindra en 2014, répondait à une double ambition : renforcer la présence internationale des deux marques et profiter des synergies techniques.
Toutefois, des interrogations subsistaient en interne quant à la viabilité du projet, dans un secteur dominé par des géants historiques.
Mahindra, en pilotant la stratégie moto de Peugeot, espérait capitaliser sur l’image de la marque française, tandis que Peugeot voyait dans ce partenariat une opportunité de renouer avec la compétition de haut niveau.
Stratégie d’entrée en Moto3 : contexte, équipe et choix des pilotes
Profitant de l’évolution du règlement Moto3 en 2016, qui limitait le régime moteur à 13 500 tr/min, Peugeot a fait son retour en Grand Prix via un partenariat technique avec Mahindra.
L’équipe allemande Prüstel GP, alors engagée sous le nom Peugeot MC Saxoprint, alignait deux MGP3O, des machines dérivées du châssis Mahindra, confiées à John McPhee et Alexis Masbou.
Ce dernier fut remplacé en cours de saison par Albert Arenas, tandis qu’Hafiq Azmi fit une apparition ponctuelle.
La MGP3O, dotée d’un monocylindre 250 cm³ quatre-temps, misait sur sa maniabilité et l’expertise du centre technique Mahindra en Italie.
Malgré l’implication de Mahindra, les résultats restèrent mitigés, hormis la victoire historique de McPhee à Brno.

La victoire de McPhee à Brno : un coup d’éclat pour Peugeot et Mahindra
Le triomphe de John McPhee sous la pluie battante de Brno, lors du Grand Prix de République tchèque 2016, a marqué un tournant inattendu pour Peugeot et Mahindra en Moto3.

Profitant des chutes spectaculaires de Brad Binder, alors leader du championnat, et de Khairul Idham Pawi, spécialiste des conditions humides, McPhee a su maîtriser la course pour offrir à Peugeot sa première (et unique) victoire en mondial.
Ce succès, retentissant pour une marque peu attendue à ce niveau, a brièvement propulsé Peugeot sous les projecteurs, renforçant la crédibilité du projet Mahindra-Peugeot et offrant une visibilité inédite à la MGP3O sur la scène internationale.
Bilan sportif et fin de l’aventure Peugeot-Mahindra en Moto3
Malgré l’éclaircie de Brno, le bilan sportif de Peugeot en Moto3 sur 2016 et 2017 reste décevant.
Hormis la victoire de McPhee, les pilotes peinent à s’illustrer : Masbou et Pulkkinen ne marquent aucun point, Arenas et Kornfeil engrangent des résultats modestes.
La MGP3O, en retrait face aux références du plateau, souffre d’un manque de compétitivité chronique.
Confronté à l’absence de progrès significatifs et à la domination des constructeurs établis, Mahindra décide de se retirer fin 2017, entraînant la disparition de Peugeot du championnat.
Cette aventure, aussi brève qu’intense, n’aura finalement offert qu’un succès d’estime, sans permettre à Peugeot de s’ancrer durablement dans l’élite du Moto3.






