Kawasaki a osé vendre une moto construite comme une championne du monde : comment la KR 250 s’est transformée en l’un des plus gros fiascos de l’histoire
Symbole d’une époque d’innovation et de passion pour la compétition, la Kawasaki KR 250 fascine encore aujourd’hui les amateurs de motos rares et de performances.
Héritière directe des machines de Grand Prix les plus titrées de la fin du XXe siècle, elle incarne l’audace technique et l’esprit de conquête des constructeurs japonais.
Son histoire, marquée par des choix technologiques uniques et un destin commercial singulier, continue de susciter l’admiration des collectionneurs et des passionnés de deux-roues à travers le monde.
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Plongée dans l’univers d’une légende devenue culte.
Héritage et développement de la Kawasaki KR 250
Née de l’ambition de dominer les circuits mondiaux, la Kawasaki KR 250 s’inscrit dans la lignée des motos de Grand Prix qui ont marqué la fin des années 1970 et le début des années 1980.
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Forte de huit titres mondiaux remportés entre 1978 et 1982 grâce à des pilotes comme Kork Ballington et Anton Mang, la KR 250 symbolise le passage de Kawasaki des modèles dérivés de série à de véritables prototypes de compétition.
Son moteur bicylindre en tandem, une innovation majeure, visait à réduire la largeur du bloc pour optimiser l’aérodynamisme, mais son développement fut semé d’embûches techniques, notamment des problèmes de vibrations et de refroidissement, que les ingénieurs surmontèrent par des solutions inédites pour l’époque.
Architecture moteur et innovations techniques de la KR 250
La KR 250 se distingue par son moteur bicylindre en tandem, où deux cylindres alignés longitudinalement, chacun doté de son propre vilebrequin, sont synchronisés par engrenages.
Cette configuration, rare, permettait de réduire la largeur du moteur, favorisant l’aérodynamisme.
L’admission par disques rotatifs, associée à un système de clapets et à des cylindres inclinés à 33°, optimisait le remplissage et la réactivité à haut régime.
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Sur la version de course, l’ordre d’allumage simultané privilégiait la puissance, tandis que la version routière adoptait un allumage décalé pour plus de souplesse.
Le châssis évolua vers une structure légère et rigide, complétée par une suspension Uni-Trak et un freinage performant, garantissant agilité et sécurité sur route comme sur circuit.
Parcours en compétition et palmarès
Entre 1978 et 1982, la Kawasaki KR 250 a imposé sa suprématie sur les Grands Prix, décrochant huit titres mondiaux en 250 et 350 cm³ grâce à des pilotes d’exception tels que Kork Ballington et Anton Mang.
Sa fiabilité, alliée à l’ingéniosité de son moteur en tandem et à des évolutions comme les cylindres séparés, a permis à Kawasaki de dominer face à une concurrence majoritairement composée de Yamaha de série.
Cette période dorée a marqué l’histoire de la discipline, la KR 250 devenant une référence technique et sportive.
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Son héritage perdure comme symbole de l’audace technologique japonaise et de la capacité de Kawasaki à révolutionner la compétition moto.
Diffusion, postérité et reconnaissance actuelle
Malgré ses qualités techniques et son héritage de championne, la Kawasaki KR 250 a souffert d’un contexte commercial défavorable : le marché mondial se tournait alors vers les grosses cylindrées, reléguant les sportives 250 cm³ à un public restreint.
Sa diffusion hors du Japon est restée confidentielle, accentuant sa rareté sur le marché international.
Aujourd’hui, cette exclusivité alimente sa cote auprès des collectionneurs : les exemplaires d’époque, notamment ceux ayant couru en Grand Prix, atteignent des sommets lors des ventes aux enchères, comme en témoigne la récente adjudication à plus de 90 000 £.
Devenue culte, la KR 250 incarne désormais l’innovation japonaise et suscite un engouement croissant parmi les passionnés d’histoire motocycliste.
Fiche technique de la Kawasaki KR 250
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Type de moteur | Bicylindre en tandem, deux vilebrequins synchronisés par engrenages |
| Cylindrée | 249 cm³ |
| Disposition des cylindres | Alignés longitudinalement, inclinés à 33° |
| Admission | Disques rotatifs avec clapets |
| Allumage | Version course : simultané / Version route : décalé |
| Châssis | Structure légère et rigide, suspension Uni-Trak |
| Freinage | Performant, adapté à la piste et à la route |
| Années de production | Fin des années 1970 – début des années 1980 |
| Titres mondiaux | 8 (250 et 350 cm³) |
| Pilotes emblématiques | Kork Ballington, Anton Mang |


