Le dernier pays qui empêchait encore les femmes d’obtenir le permis moto recule enfin : ce que cela veut dire pour la liberté de circuler, de travailler et de vivre
Un vent de changement souffle sur l’Iran, bouleversant des décennies de pratiques et de restrictions.
Un nouveau pas vient d’être franchi pour les droits des femmes, suscitant de nombreux débats et espoirs dans la société.
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Cette évolution, attendue depuis longtemps, officialise une réalité déjà présente dans les rues et marque un tournant symbolique pour des milliers d’Iraniennes.
Entre avancée concrète et limites persistantes, ce changement soulève de nombreuses questions sur la place des femmes dans l’espace public et sur l’avenir des libertés individuelles dans le pays.
Situation juridique et sociale des femmes motardes en Iran avant la réforme
Avant la récente réforme, les femmes iraniennes se trouvaient dans une impasse juridique concernant la conduite de motos.
Aucun texte de loi n’interdisait explicitement l’accès au permis moto pour les femmes, mais le Code de la route ne mentionnait que les hommes, créant un vide légal.
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En pratique, les autorités refusaient systématiquement de délivrer des permis aux femmes, les exposant à des risques majeurs : absence d’assurance, sanctions en cas d’accident, et impossibilité de recours légal.
Cette situation, héritée de la Révolution islamique de 1979 et renforcée par des normes sociales strictes, a longtemps marginalisé les motardes, malgré leur présence croissante sur les routes, notamment dans un contexte de contestation sociale accrue ces dernières années.
Les raisons et le contexte du changement de législation
La levée de l’interdiction résulte d’une conjonction de facteurs sociaux et politiques.
L’essor du nombre de femmes à moto, accentué par les mobilisations après la mort de Mahsa Amini en 2022, a mis en lumière l’inadéquation des restrictions existantes.

Les protestations massives, portées par le mouvement « Femme, Vie, Liberté », ont accru la pression sur les autorités, déjà confrontées à des revendications économiques et à des critiques internationales.
Officiellement, le gouvernement justifie la réforme par des arguments de sécurité routière, de réduction de la congestion urbaine et d’équité économique.
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Cette décision vise aussi à répondre à une réalité sociale incontournable, tout en maintenant un encadrement strict conforme aux normes en vigueur.
Une reconnaissance légale entre autonomie pratique et limites sociales
L’officialisation du permis moto pour les femmes en Iran constitue une avancée pragmatique qui légitimise une pratique déjà répandue, offrant une sécurité juridique et une autonomie de déplacement essentielles pour l’accès à l’emploi et à l’éducation.
Concrètement, la police routière organise désormais des formations et des examens non mixtes, encadrés exclusivement par des instructrices, tout en maintenant des contraintes strictes comme le port obligatoire du hijab et l’exclusion de certaines activités cyclistes.
Bien que symboliquement forte, cette réforme ne bouleverse pas l’ordre social établi ni les restrictions systémiques ; elle s’inscrit plutôt dans une progression lente et encadrée des droits féminins, adaptant la loi à une réalité de terrain sans transformer radicalement la condition des femmes dans le pays.
