Les motos hybrides en 2025 : entre avancée technique et équation insoluble
Vous pensiez que l’hybridation serait réservée aux SUV de centre-ville ? Raté. En 2025, elle s’invite sous vos cuirs, au creux des cadres, entre le pot d’échappement et la batterie. Et ce n’est pas une lubie d’ingénieur déconnecté de la route : Kawasaki et Yamaha s’y collent sérieusement, avec des approches radicalement différentes. Si vous espériez un débat binaire entre thermique et électrique, il va falloir revoir vos certitudes.
Kawasaki : deux roues, deux cœurs, et trois modes pour dompter le chaos
Kawasaki ouvre le bal, avec deux modèles sortis du même moule technologique mais aux caractères bien distincts : la Ninja 7 Hybrid et la Z 7 Hybrid.
Leur ADN est partagé : un bicylindre de 451 cc accouplé à un moteur électrique de 9 kW, le tout orchestré par une batterie 48V nichée sous la selle. Cette combinaison livre 69 chevaux et 60,4 Nm de couple, mais ce n’est qu’un début. Le vrai tour de force, c’est le système à trois modes de conduite.
Mode thermique seul, pour bouffer de l’asphalte sans modération.
Mode électrique, pour jouer les gentlemen dans les ZFE sans réveiller les écolos.
Mode hybride, où les deux motorisations travaillent ensemble comme une meute de loups, pour vous catapulter comme une 1000 cc en ligne droite.
Ajoutez à cela une boîte semi-auto à embrayage piloté, contrôlable via des boutons au guidon, et une fonction marche arrière en mode électrique. Ce n’est plus une moto, c’est une démonstration de force.
Mais cette démonstration a un prix : 13 159 € en concession, soit la coquette somme d’une MT-09 kittée jusqu’aux jantes. Il faudra donc vraiment croire à l’hybridation pour signer le bon de commande. Heureusement, la consommation annoncée est digne d’un 250 cc, ce qui devrait rassurer votre banquier sur le long terme.
Yamaha joue une autre partition, plus douce mais tout aussi ambitieuse
Pendant que Kawasaki installe des réacteurs dans ses roadsters, Yamaha fait dans l’hybridation douce.
Sur le marché indien, la FZ-S Hybrid utilise un monocylindre 149 cc couplé à un petit moteur électrique via le système SMG (Smart Motor Generator). Résultat : 12,4 chevaux, 136 kg, 2,2 L/100 km, et un prix à faire rougir un vélo de course : environ 1 500 €.
Ce n’est pas une fusée, ni même un vrai deux-cœurs comme les Kawasaki. Ici, le moteur électrique vous aide à démarrer, vous pousse un peu dans les tours, et coupe le thermique à l’arrêt. Simple, léger, et efficace. Yamaha l’a déjà décliné sur ses scooters asiatiques (RayZR, Fascino), preuve que le système est éprouvé. Mais pour l’Europe, toujours rien à l’horizon. Pas même une promesse.
SPHEV : l’ovni technologique de Yamaha
Et puis il y a l’autre projet, bien plus ambitieux, baptisé SPHEV.
Yamaha planche sur une architecture à trois moteurs : un thermique, un électrique relié à la roue, et un autre qui sert à générer de l’électricité pour la batterie. Oui, cela ressemble à un cauchemar logistique, mais l’idée est limpide : proposer une solution réellement polyvalente pour les moyennes cylindrées, en attendant le tout-électrique.
Aucun modèle de série n’est encore sorti, mais le concept est prêt, testé, et prêt à dégainer dès que le marché sera mûr. Ce ne sera pas pour demain, mais quand Yamaha décide de produire, il le fait.
Et les autres ? Silence radio ou concepts de laboratoire
En dehors du Japon, l’hybridation moto reste un terrain d’expérimentation.
Furion, start-up française, développe la Fusion Mk1, un prototype hybride qui n’a pour l’instant jamais vu la lumière d’un showroom. Le projet avance, mais à vitesse de scooter en côte.
Du côté britannique, White Motorcycle Concepts propose un design hallucinant avec un tunnel aérodynamique traversant la moto, imaginé avec le studio Pininfarina. Ce n’est pas une lubie esthétique : le tunnel fait partie intégrante du châssis, améliorant rigidité et flux d’air. Intéressant sur le papier. Sur route ? Mystère.
Le poids, la chaleur, le prix : les trois fantômes du segment hybride
Vous roulez déjà en moto, vous le savez : chaque kilo compte. Chaque degré aussi. Et chaque euro encore plus.
Sur une moto, on n’a pas la place ni le luxe d’ajouter un moteur, une batterie et les câbles qui vont avec sans conséquences. Les hybrides pèsent lourd, même quand elles restent agiles. Leur complexité mécanique est un cauchemar pour l’entretien. Et leur prix reste dissuasif, même avec une techno avant-gardiste.
Kawasaki a tenté le coup. Yamaha peaufine ses armes. Les autres attendent, hésitent, observent.
L’hybridation deux-roues en 2025 est un pari à moitié tenu. Les bases sont là. La technologie fonctionne. Mais il manque encore le modèle coup de poing, celui qui fait dire aux motards : “Je la veux.”
En attendant, vous avez le choix entre deux japonaises au tempérament très différent. L’une veut tout faire, avec panache. L’autre veut faire simple, bien, et pas cher. À vous de décider si l’avenir est dans la cohabitation… ou dans l’attente.

Par contre moto 100% électrique jamais