205 ch, 171 kg, zéro fourche, la Vyrus Alyen prouve qu’une direction à câbles logée dans le moyeu peut fonctionner sur une vraie moto
Il existe des motos pensées pour cocher les cases d’un segment, et d’autres conçues pour n’entrer dans aucune case.
La Vyrus Alyen appartient clairement à cette seconde famille: une superbike artisanale italienne au look d’ovni, annoncée autour de 205 ch, et surtout dépourvue de direction « classique ». Pas de fourche conventionnelle, pas de colonne de direction visible, mais un système de pilotage de l’angle de la roue avant commandé « à distance » via des câbles.
Neuf ans de développement, 57 prototypes, 20 exemplaires
Derrière l’Alyen, on retrouve la petite structure de Coriano fondée par Ascanio Rodorigo. Selon la source, le projet a nécessité neuf ans de travail et pas moins de 57 prototypes avant d’aboutir à la version définitive. La production, elle, est annoncée ultra limitée: 20 motos au total. Un chiffre qui ne doit rien au hasard, puisqu’il correspond au nombre de moteurs fournis par Ducati.
Un premier exemplaire a déjà été livré à un client à Dubaï, signe que l’Alyen n’est plus un simple exercice de style ou un concept destiné aux salons. L’enjeu est clair: Vyrus entend pousser encore plus loin sa spécialité historique, l’architecture à direction sur moyeu, avec une interprétation radicale qui vise autant la performance que l’exclusivité.

Le paradoxe: un cœur « pas tout neuf », mais une fiche technique explosive
Autre élément marquant, l’Alyen joue la carte du paradoxe. Son moteur n’est pas une nouveauté de dernière génération: il s’agit du bicylindre Ducati Superquadro de 1.285 cm3, emprunté à la 1299 Panigale. La source le présente comme « l’ultimo grande V-twin desmodromico da superbike » de Borgo Panigale, autrement dit le dernier grand V-twin Desmodromique issu de la lignée superbike Ducati.
La puissance annoncée est d’environ 205 ch à 10.500 tr/min. Un chiffre déjà impressionnant, mais qui prend une autre dimension lorsqu’il est rapporté au poids communiqué: 171 kg en ordre de marche, avec une précision importante donnée dans la source, ce poids est indiqué « sans les 11 litres d’essence ». Dit autrement, l’Alyen revendique 171 kg prête à rouler, mais sans le plein de 11 L. De quoi promettre, selon les termes de la source, des performances « da far tremare i polsi ».
Le vrai spectacle: une direction « en télécommande » via le HWSS
Si le moteur attire l’attention, le cœur du sujet se situe à l’avant. Vyrus s’est construit une réputation autour de la direction sur moyeu, une architecture qui sépare les efforts de direction, de freinage et de suspension. Sur l’Alyen, le constructeur pousse le concept plus loin encore avec un dispositif baptisé HWSS (Hydraulic Wired Steering System).
Concrètement, le guidon n’est pas relié mécaniquement à la roue avant par des biellettes ou des tirants comme sur une moto traditionnelle. La commande de direction passe par deux câbles en acier d’origine aéronautique, tendus entre les extrémités du guidon et les côtés de la roue. Vu de profil, cela crée un « vide » sous le guidon, un effet visuel presque irréel: la direction semble fonctionner comme une télécommande.
La source insiste aussi sur l’idée de sécurité fonctionnelle: le système est pensé pour continuer à diriger même en cas de défaillance, puisqu’en cas de rupture d’un câble, l’autre est censé assurer la continuité de la commande.

Châssis magnésium, carbone partout, roues Rotobox
Autour de cet avant-train, tout le reste est conçu comme un objet d’exception. La source décrit un cadre « à double oméga » et des bras oscillants avant et arrière en alliage de magnésium. L’ensemble reçoit des traitements anticorrosion annoncés comme protecteurs contre les UV, l’eau et le sel. Une précision qui souligne la sophistication du matériau, même si l’article original glisse qu’il est difficile d’imaginer cette moto rouler sous la neige.
La carrosserie est annoncée autoportante en carbone. Le carbone se retrouve aussi sur les roues, signées Rotobox (Slovénie). L’Alyen est ainsi décrite comme un objet fabriqué « plus comme une sculpture fonctionnelle que comme une moto quelconque », une formule qui résume bien l’intention: pousser l’ingénierie artisanale au rang d’œuvre roulante.
Un prix non officiel, mais des estimations au-delà des six chiffres
Sur la question du prix, Vyrus reste discret. La source indique qu’il n’existe pas de tarif officiel communiqué, mais que les estimations parlent d’un montant « bien au-delà des six chiffres ». Une manière de dire que l’Alyen se positionne dans une sphère de collectionneurs, cohérente avec une production limitée à 20 unités et neuf ans de développement.
Dans ce contexte, le prix devient presque secondaire face à l’objet lui-même: une moto construite en micro-série, avec un avant-train hors normes, des matériaux exotiques et un moteur Ducati de très haut niveau, le tout destiné à une poignée de clients.

Pourquoi l’Alyen fait autant parler: l’enjeu d’une autre idée de la moto
L’Alyen ne se résume pas à un chiffre de puissance. Son intérêt tient au fait qu’elle attaque un point central de la moto sportive moderne: la manière de diriger et de gérer les contraintes à l’avant. En séparant, selon la philosophie Vyrus, les efforts de direction, de freinage et de suspension, l’architecture sur moyeu cherche à proposer une alternative à la fourche télescopique, dominante depuis des décennies.
Avec le HWSS, Vyrus ajoute une couche supplémentaire de singularité: une direction commandée par câbles, visuellement déroutante, pensée pour fonctionner même en cas de rupture d’un élément. Dans un paysage où la plupart des superbikes se ressemblent techniquement, l’Alyen revendique une différence structurelle, presque idéologique.
Reste que cette différence a un prix, au sens propre comme au figuré: complexité, exclusivité, et une diffusion volontairement confidentielle. Mais c’est précisément ce qui fait de la Vyrus Alyen une machine à part, et l’une des propositions les plus extrêmes du moment, avec ses 205 ch annoncés, ses 171 kg (sans 11 L d’essence) et une direction qui semble venue d’un autre monde.
Sources :
- InSella
- www.motorcyclenews.com
- robbreport.com
