8 cylindres, made in China : la moto qui ose s’attaquer frontalement à la Gold Wing japonaise et à la K 1600 allemande
Jusqu’ici, le tourisme moto de luxe avait ses codes, ses références, et surtout ses limites mécaniques.
Deux à six cylindres, des tonnes de confort, une image premium solidement installée. Et puis une nouvelle venue bouscule la hiérarchie, venue de là où on ne l’attendait pas forcément dans ce segment: la Souo S 2000 GL. Son argument n’est pas subtil, il est spectaculaire: un boxer 8 cylindres de 2000 cm3, associé à une boîte DCT à 8 rapports. Une première, et un signal clair envoyé aux reines établies comme la Honda Gold Wing Tour et la BMW K 1600.
Souo S 2000 GL: la “grande sensation” chinoise, façon plus de tout
La Souo S 2000 GL se présente comme une machine de grand tourisme luxueuse et assumée, avec une architecture moteur inédite pour une moto de série: 8 cylindres à plat (boxer), 2 litres de cylindrée, et une transmission DCT à 8 rapports. Dans l’approche, le message est résumé par la formule: “plus de tout”. Plus de cylindres, plus de cylindrée, plus de présence, plus de masse aussi.
Car cette démesure a un chiffre qui parle immédiatement aux motards: 466 kg à maîtriser. Un poids qui place la Souo dans la catégorie des très gros calibres, ceux qui se vivent davantage comme des vaisseaux routiers que comme des motos à emmener à l’attaque en lacets serrés. Dans un premier essai réalisé par MOTORRAD, un point ressort pourtant: le moteur et le châssis de la Souo ont déjà su convaincre. Autrement dit, ce n’est pas seulement un coup d’éclat technique, c’est une proposition qui cherche la crédibilité dynamique.

Chine vs Occident: la copie assumée, mais avec une surenchère technique
Impossible d’ignorer la filiation esthétique et conceptuelle: la Souo S 2000 GL ressemble à la Honda Gold Wing. Ce n’est pas un hasard, la Gold Wing Tour actuelle a servi de modèle, de référence et de mètre étalon lors du développement de la Souo. Mais là où l’histoire devient intéressante pour les passionnés, c’est que le projet n’est pas présenté comme une simple imitation. Le chef développeur allemand Uwe Moser (cité comme chef développeur) aurait “encore ajouté pas mal de choses” à la recette. Comprendre: reprendre une base d’idée occidentale, puis pousser le curseur plus loin, quitte à aller jusqu’à l’absurde mécanique avec un 8 cylindres.
Ce duel Chine vs Occident ne se joue donc pas uniquement sur le style ou l’équipement. Il touche à un terrain plus symbolique: la capacité à produire une machine de prestige, lourde, complexe, et destinée à rivaliser avec des noms qui dominent l’imaginaire touring depuis des décennies.
Face à la Honda Gold Wing Tour: la légende comme cible directe
Si la Souo vise un trône, la Honda Gold Wing Tour en est l’un des piliers. La source rappelle ce qui fait la force de la japonaise: plus de 50 ans de tradition touring et une fiabilité devenue légendaire. Côté technique, la Gold Wing actuelle combine un boxer 6 cylindres de 1800 cm3 à une boîte DCT à 7 rapports. Elle se distingue aussi par un élément unique en production de série dans ce segment: c’est le seul modèle mentionné comme équipé d’un airbag.
Sur le papier, l’attaque de la Souo est frontale. Plus de cylindres (8 contre 6), plus de cylindrée (2000 cm3 contre 1800 cm3), et une boîte DCT annoncée à 8 rapports contre 7. Mais la Gold Wing conserve des arguments d’autorité: l’héritage, la réputation de longévité, et ce statut particulier de pionnière sur l’airbag. Deux philosophies se dessinent: l’icône patiemment perfectionnée contre la nouvelle venue qui veut frapper un grand coup.

Face à la BMW K 1600: le luxe européen, plus “léger” dans la catégorie
Autre cible naturelle de la Souo S 2000 GL: la BMW K 1600, et plus précisément la K 1600 GTL. BMW, c’est l’Allemagne, la rigueur, et un 6 cylindres en ligne réputé, d’abord dans l’automobile, puis sur deux roues depuis 2011. La version GTL est décrite avec un top-case rembourré de série, signe évident de son orientation grand tourisme haut de gamme.
Fait notable dans cette comparaison de mastodontes: la source souligne que la BMW reste relativement “légère” dans cette classe de luxe. Elle est aussi créditée d’un châssis stable et d’un freinage jugé approprié. Et pour ceux qui regardent encore la vitesse de pointe sur une GT, un détail est donné: en version GT sans top-case, la K 1600 peut atteindre 250 km/h. Une manière de rappeler que l’allemande, malgré son gabarit, garde une dimension de performance routière.
Dans ce contexte, la Souo joue une autre carte. Elle ne cherche pas à être la plus rapide mentionnée ici, mais à être la plus spectaculaire mécaniquement, avec un 8 cylindres boxer et une fiche technique qui impose le respect par sa singularité.
Le club des “gros calibres” ne se limite pas à l’Europe et au Japon
Pour situer la Souo dans son univers, MOTORRAD la met en regard d’autres machines de grand tourisme luxueux, puissantes et lourdes, signées Harley-Davidson et Indian. L’idée est claire: on parle ici d’un monde où le confort et la présence comptent autant que la performance brute, avec des équipements typiques comme poignées chauffantes, selle chauffante et système audio, et parfois même une marche arrière.

Harley-Davidson Road Glide: le V2 américain, version moderne
La Harley-Davidson Road Glide reste fidèle au schéma attendu: un gros V2 “made in USA”. La source détaille sa cylindrée, 1.923 cm3, ainsi que des éléments techniques comme la distribution variable (VVT) et des culasses refroidies par liquide. La puissance annoncée est de 109 ch. Côté identité, la Road Glide est associée à sa fameuse tête de fourche “Shark Nose” fixée au cadre, pensée pour offrir une protection au vent massive et un confort de cruising maximal dans le style Harley.
Indian Pursuit Limited 112: l’alternative premium, bardée d’assistances
En face, Indian propose la Pursuit Limited 112, décrite comme une alternative à Harley-Davidson, avec une conception comparativement moderne. La source cite un équipement marquant: un avertisseur d’angle mort. Le moteur est un V2 refroidi par eau, très coupleux, d’une cylindrée de 1.834 cm3 (112 cubic inch convertis). Et l’ensemble est présenté comme capable de convaincre aussi sur des routes européennes à virages, grâce à un châssis efficace.
Pourquoi la Souo S 2000 GL intrigue autant les passionnés
Ce qui rend la Souo S 2000 GL fascinante, c’est qu’elle touche à plusieurs cordes sensibles à la fois. D’abord, la corde “ingénierie”: un boxer 8 cylindres de 2000 cm3 sur une moto de tourisme, c’est une rareté absolue, et une première annoncée. Ensuite, la corde “géopolitique industrielle”: voir une machine chinoise arriver dans le salon feutré du grand tourisme de luxe, face à Honda et BMW, c’est un changement de décor.
Enfin, il y a la corde très motarde du “vrai usage”. Avec 466 kg, la Souo impose le respect à l’arrêt, au demi-tour, dans les manœuvres. Pourtant, le premier retour d’essai évoque un moteur convaincant et un châssis à la hauteur, ce qui suggère que l’objet ne se limite pas à une vitrine technologique. Reste que, dans cette catégorie, l’achat ne se fait jamais uniquement à la fiche technique: l’image de marque, la confiance, l’expérience accumulée par les références historiques jouent un rôle énorme.
Mais une chose est sûre: en choisissant de s’attaquer au sommet avec une surenchère mécanique, la Souo S 2000 GL ne demande pas la permission. Elle s’invite directement à la table des très grands, et force tout le monde à regarder ce que la Chine est désormais capable de proposer quand elle décide de jouer dans la cour du luxe.
Source : Souo
