Ce préparateur australien défie Honda avec un space funk rétro qui rivalise avec la légendaire VFR750F 1994 sans jamais tenter de la surpasser
Une Honda VFR750F de 1994, un atelier australien, et une envie de casser les codes des sport-tourisme carénées des années 90.
Le résultat porte la signature de Purpose Built Moto (PBM), qui s’est attaqué dès 2020 à un terrain qu’il maîtrisait moins, les sportives carénées. La base est connue pour son moteur V4 à cascade d’engrenages et sa réputation de machine solide, polyvalente, très appréciée des amateurs. La transformation, elle, vise un imaginaire space funk rétro, très marqué années 80, avec une silhouette méconnaissable au premier regard. PBM a tout dépouillé pour repartir d’une page quasi blanche, puis a reconstruit une moto plus légère et plus tranchante. Sur le papier, les chiffres sont flatteurs, 86 ch à la roue et environ 175 kg en ordre de marche. Dans les faits, la préparation se distingue surtout par son style et ses solutions techniques, sans parvenir à faire oublier l’équilibre global de l’originale.
Purpose Built Moto se lance sur la Honda VFR750F 1994
Le point de départ, c’est une Honda VFR750F de 1994, un modèle classé sport-tourisme, souvent cité pour son compromis entre confort, endurance et efficacité. Cette génération appartient à la lignée qui a installé la VFR comme une référence, notamment grâce au V4 et à la cascade d’engrenages, un choix technique qui a longtemps fait partie de son identité sonore et mécanique. PBM, de son côté, n’était pas identifié comme un spécialiste des sportives carénées des années 90.
Le pari de Purpose Built Moto en 2020 consiste à sortir la VFR de son image de machine raisonnable pour en faire un objet plus radical visuellement. L’atelier a commencé par retirer l’ensemble des fibres et carénages, une étape qui change immédiatement la perception de la moto. Quand on enlève ces éléments, la VFR révèle une architecture robuste et très marquée par son époque, avec un cadre aluminium et un bras oscillant monobras qui restent des signatures fortes.
PBM n’a pas cherché à effacer totalement l’ADN de la moto. Le châssis double poutre en aluminium est conservé, tout comme le monobras Pro-Arm, les suspensions et le freinage d’origine. Ce choix donne une base cohérente, et il évite de transformer le projet en simple exercice de style posé sur une partie-cycle exotique. En clair, la préparation reste ancrée dans la réalité d’une VFR, même si la silhouette finale brouille les pistes.
La nuance, c’est que ce type de projet met vite en évidence l’écart entre spectaculaire et meilleur. La VFR d’origine a été pensée comme un ensemble homogène, avec une ergonomie, une protection et une répartition des masses adaptées à son usage. En la réinterprétant, PBM gagne en singularité, mais il se confronte au fait qu’une moto d’usine, surtout une VFR, est souvent plus aboutie dans ses compromis que n’importe quelle transformation orientée design.

Le moteur V4 et le passage au banc à 86 ch
Au cur de la préparation, on retrouve le moteur V4, décrit comme volumineux, et qui reste l’argument mécanique principal de la VFR. PBM n’a pas annoncé une refonte totale du bloc, mais une mise au point sérieuse a été réalisée, avec un passage au banc de puissance. Le chiffre communiqué, 86 CV à la roue, est présenté comme largement suffisant pour s’amuser sur route et même envisager du roulage sur circuit.
Ce chiffre mérite d’être lu pour ce qu’il est, une mesure à la roue, pas une puissance brochure. Dans l’univers des motos de cette époque, cela situe la machine dans une zone cohérente pour une 750 destinée à rouler vite sans tomber dans l’excès. L’intérêt, ici, est moins la performance brute que la façon dont elle s’exprime, et la sensation particulière d’un V4, surtout quand la moto a été allégée et rendue plus vive.
PBM annonce aussi une perte de masse importante, avec un poids en ordre de marche d’environ 175 kg. Mis en perspective, c’est un gain qui change la lecture de la moto, notamment à l’inscription et dans les changements d’angle. Cette cure d’amaigrissement vient surtout du dépouillement des éléments de carrosserie d’origine et de la reconstruction de l’arrière. Le résultat est décrit comme un jouet très agile par rapport au modèle d’origine.
Mais il y a une critique à formuler, même si elle reste mesurée. La VFR, dans sa définition d’origine, ne se résume pas à un rapport poids/puissance. Son intérêt tient aussi à sa stabilité, à sa capacité à enchaîner les kilomètres et à rester facile dans des conditions variées. En rendant la moto plus légère et plus radicale, PBM met en avant une autre facette, plus nerveuse, plus démonstrative, mais pas forcément plus polyvalente ni plus cohérente pour le même cahier des charges.

Le châssis Pro-Arm conservé et la roue arrière 8 branches
Sur la partie-cycle, PBM a choisi de conserver l’essentiel de ce qui fait la valeur technique de la VFR. Le châssis double poutre en aluminium reste en place, et le monobras Pro-Arm aussi, un élément qui, à lui seul, donne une présence visuelle et une identité forte à l’arrière. Les suspensions et le système de freinage d’origine sont également maintenus, ce qui ancre la préparation dans un cadre réaliste de fiabilité et de compatibilité.
La modification la plus visible concerne la roue arrière. PBM remplace la jante 5 branches par une jante 8 branches provenant d’un modèle VFR de la génération précédente, daté de 1991. Ce détail n’est pas seulement esthétique. Dans une préparation où l’on cherche à créer une cohérence rétro futuriste, la géométrie des branches, la perception de la masse et l’équilibre visuel entre l’avant et l’arrière comptent autant que le reste.
À l’avant, la jante en alliage est conservée, tout comme les suspensions et les freins. On peut y voir une forme de discipline, PBM ne transforme pas tout pour transformer, il sélectionne. Ce genre de choix limite les risques de dérive budgétaire et les complications d’homologation ou de mise au point, même si ces aspects ne sont pas détaillés. Cela permet aussi de garder un comportement connu et une base qui a fait ses preuves.
Ce parti pris a un revers. Quand on conserve beaucoup d’éléments d’origine, on garde aussi des contraintes d’époque. La VFR a été conçue avec une logique de sport-tourisme, pas comme une machine ultra minimaliste. La préparation peut gagner en impact visuel et en agilité, mais elle ne réécrit pas totalement l’architecture. C’est probablement une des raisons pour lesquelles le projet impressionne, sans forcément dépasser l’originale dans l’équilibre global entre style, usage et efficacité.

Tarozzi, Nissin et commandes MotoGP au poste de pilotage
Le poste de pilotage a été revu pour coller à une ergonomie plus sportive. PBM installe des demi-guidons Tarozzi, ce qui rapproche le pilote de l’avant et charge davantage la roue avant, dans l’esprit d’une machine plus orientée attaque. Dans la même zone, on retrouve des éléments de freinage Nissin remis à neuf, un travail de restauration qui vise à repartir sur des composants propres, fiables, et visuellement valorisants.
La restauration des pièces Nissin passe par un traitement par sablage, laissant l’aluminium apparent avec une texture propre et brossée. Dans une préparation, ce type de finition compte, parce qu’il raconte le soin apporté aux détails. Ce n’est pas juste remettre en état, c’est aussi assumer un look mécanique, brut, cohérent avec l’idée d’un objet futuriste fabriqué à la main. La cohérence visuelle se joue souvent sur ces surfaces.
PBM ajoute aussi des commandes simplifiées, avec des commodos à trois boutons au style MotoGP développés par l’atelier. L’objectif est clair, épurer, moderniser l’interface, et renforcer l’impression de prototype. C’est un choix qui parle aux passionnés de piste, habitués à des commandes plus directes. Dans la vraie vie, cela peut aussi demander un temps d’adaptation, surtout pour un usage routier quotidien.
Sur l’instrumentation, le projet revendique une approche minimaliste, tout en conservant une base originale selon la description. C’est là que la préparation marche sur une ligne fine. D’un côté, elle cherche l’impact visuel et l’efficacité de lecture. De l’autre, la VFR d’origine était pensée pour l’endurance et l’information à bord. En simplifiant, on gagne en pureté, mais on peut perdre une part de praticité, et c’est typiquement le genre de détail qui fait dire que l’objet est unique, pas forcément supérieur.
Airtech, Daytona et double optique Full LED pour le look space funk
La transformation esthétique se concentre beaucoup sur l’arrière et l’avant. PBM fabrique un subframe arrière en aluminium sur mesure, destiné à supporter un colin en fibre de verre signé Airtech. Cette pièce redessine la ligne de la moto, en la rendant plus courte et plus tendue. Le choix de la fibre permet de sculpter des volumes spécifiques, et de sortir des formes d’origine sans devoir composer avec les contraintes des carénages Honda.
À l’avant, PBM développe une araignée en acier inoxydable, démontable avec seulement deux vis. Ce détail est très parlant, car il montre une recherche de praticité dans un projet très visuel. Cette structure supporte la bulle et organise l’avant autour d’une instrumentation numérique et de l’éclairage. Sur une préparation, pouvoir démonter rapidement une partie du carénage facilite l’entretien, les réglages, et les interventions après une sortie dynamique.
L’instrumentation mentionnée est une Daytona à double sphère, disposée verticalement, et elle s’accompagne de deux phares ronds Full LED. Là, la moto bascule clairement dans une esthétique rétro futuriste, avec des codes très marqués, deux optiques circulaires, une signature lumineuse moderne, et une lecture plus cockpit. La LED apporte aussi un gain fonctionnel, en visibilité et en consommation, même si les chiffres ne sont pas détaillés.
Le résultat est décrit comme impossible à ignorer. C’est vrai au sens où l’objet tranche avec le trafic actuel, y compris avec d’autres customs. Mais l’évaluation ne dépasse pas l’originale se comprend aussi ici. La VFR de 1994 avait une cohérence aérodynamique et une identité de sport-tourisme carénée. Cette version space funk impose un style, parfois au détriment de la discrétion et de l’usage long cours. On peut adorer l’audace, tout en reconnaissant que l’originale reste plus équilibrée pour sa mission de départ.
Sources
- Una preparación con aires de moto space funk retro ochentera con …
- Una preparación con aires de moto space funk retro ochentera con motor V4 que no supera al original
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