Ce que ce pilote va imposer à son corps pendant trois semaines dépasse l’entendement
Sam Sunderland, double vainqueur du rallye Dakar, se lance dans une nouvelle quête de vitesse et d’endurance: tenter de devenir le motard le plus rapide à faire le tour du monde à moto.
Le temps à battre est ancien et redoutable, 19 jours, 8 heures et 25 minutes, et Sunderland s’apprête à défier ce record sur une machine de série, une Triumph Tiger 1200 Rally Explorer aux couleurs de son sponsor.
Un record vieux de plus de vingt ans toujours intact
Le record que vise Sunderland date d’il y a plus de vingt ans et reste, pour beaucoup, une référence de l’aventure motorisée à haute vitesse. Le défi n’est pas seulement de rouler vite, il consiste à enchaîner des milliers de kilomètres quotidiens, traverser des climats opposés et gérer une logistique complexe tout en conservant la concentration nécessaire pour prendre des décisions sous fatigue extrême.
29 000 km et près de 1 600 km par jour: les chiffres qui pèsent
Le parcours annoncé représente plus de 29 000 km à couvrir, répartis sur cinq continents. Pour battre le record, Sunderland devra maintenir une moyenne d’environ 1 600 km par jour. Cette cadence impose une discipline de fer: itinéraire huilé, ravitaillement rapide, entretien minimal mais fiable de la moto, et une gestion très stricte du repos et des impératifs administratifs liés aux frontières et aux formalités.

Une Triumph Tiger 1200 Rally Explorer comme machine de route
Le choix d’une Triumph Tiger 1200 Rally Explorer appelle l’attention. Ce trail de série, préparé pour l’occasion et habillé aux couleurs du sponsor, est présenté comme l’outil avec lequel Sunderland compte couvrir ces étapes extrêmes. Au-delà des spécifications techniques, symboliquement, il s’agit d’un pari: tenter un record mondial avec une moto dérivée de la production, donc plus proche de la route que des prototypes extrêmes des rallyes raids.
Itinéraire: cinq continents et des étapes emblématiques
Le départ est fixé à Londres, le 5 septembre 2026. Le trajet passe par Istanbul, puis traverse l’Asie du Sud-Est, avec des étapes entre Bangkok et Kuala Lumpur, avant de gagner l’Australie pour un segment de Perth à Sydney. La quête se poursuivra par la traversée de la Nouvelle-Zélande, un des rares moments où l’altérité des paysages mettra à l’épreuve l’adaptation à de nouvelles conditions routières. L’étape la plus longue attend Sunderland sur le segment nord-américain, avant une dernière traversée du Maroc, de Casablanca au retour à Londres.

Antipodes et logistique: les contraintes du règlement
Le projet implique de toucher deux antipodes, une contrainte classique des tentatives homologuées de tour du monde à moto, qui oblige à couvrir réellement deux points opposés de la planète. Au-delà de la distance, la logistique des passages de frontières, la coordination des transports entre continents et la gestion des fuseaux horaires ajoutent une couche supplémentaire de difficultés à une entreprise déjà exigeante sur le plan physique et mental.
Un retour après une blessure grave, un report et une détermination
Le défi n’est pas arrivé sans heurt: la tentative initiale devait avoir lieu en 2025, mais une fracture de la colonne vertébrale a forcé un report. Depuis, le pilote a travaillé sa remise en forme et s’est remis à rouler. Les déclarations publiées soulignent que l’objectif immédiat a d’abord été de revenir sur la moto et d’atteindre la ligne de départ en pleine condition physique. L’approche reste pragmatique: il ne s’agit pas seulement de boucler le parcours, mais d’aller chercher un nouveau repère dans l’histoire des records.
Les défis quotidiens d’une tentative hors norme
Au quotidien, la tentative conjugue plusieurs difficultés: la gestion de la privation de sommeil, la prise de décision en situation d’épuisement, l’adaptation aux changements météorologiques et routiers, et la maintenance minimale de la machine dans des délais serrés. Affronter des sections désertiques, des autoroutes, des routes secondaires et des centres urbains congestionnés exige des compétences variées et une équipe en coulisses efficace, même si la machine reste la même tout au long du périple.
Une aventure ancrée dans la tradition des grandes traversées
Au-delà du chronomètre, la tentative s’inscrit dans une longue tradition d’exploits motorisés qui ont marqué l’imaginaire collectif: traversées transcontinentales, courses d’endurance, et exploits de navigation. Rivaliser avec une performance vieille de vingt ans, sur une moto de série et en traversant autant de terres et de cultures, relance le récit de l’aventure moderne à moto, où la vitesse se conjugue avec la gestion de l’inconnu.
Ce que représente ce départ pour la discipline
Le départ annoncé à Londres le 5 septembre 2026 permettra d’observer comment un athlète de haut niveau, habitué aux contraintes du rallye raid, aborde un défi très différent. La tentative ravive la fascination pour les records d’endurance à moto et pose la question des limites: jusqu’où peut-on pousser la vitesse d’une circumnavigation sans sacrifier la sécurité et la viabilité du projet? Quoi qu’il en soit, l’entreprise promet de dessiner un nouvel épisode dans l’histoire des grandes traversées à deux roues.
Personne ne croyait Soichiro Honda quand il a promis de gagner la course la plus dure du monde
La route et le chronomètre décideront du sort de cet objectif ambitieux. Pour l’heure, la date de départ, la machine choisie et l’itinéraire donnent déjà la dimension du pari: plus de 29 000 km, cinq continents, et une cadence quotidienne qui frôle les 1 600 km, autant d’éléments qui font de cette tentative un événement attendu par les passionnés d’aventure et d’histoire motocycliste.
Sources :
- Visordown
- www.3mpg.ch
