Cette moto unique propulsée par un V8 Ferrari vient de se vendre plus de 440 000 €, et son prix la fait entrer dans un monde où les deux-roues vont rarement
Une moto unique, motorisée par un V8 de Ferrari, vient de franchir un cap rarement vu sur le marché des deux-roues.
La HF355, création du préparateur californien Max Hazan, s’est vendue pour plus de 500 000 $. Pour une machine artisanale, sans production en série ni réseau officiel, le chiffre place l’objet dans une zone habituellement réservée à des voitures de collection et à quelques motos historiques de compétition. La recette est spectaculaire sur le papier, et plus encore dans les détails. La HF355 embarque un V8 3,5 litres issu d’une Ferrari F355, annoncé à environ 400 ch, pour un poids à sec revendiqué de 265 kg. Hazan a mis environ 18 mois à la finaliser, en multipliant les itérations, jusqu’à obtenir une machine qui tient autant de la sculpture que de l’engin mécanique, avec des choix techniques inspirés du sport auto.
Max Hazan termine la HF355 après 18 mois d’itérations
La HF355 n’est pas née d’un simple assemblage de pièces haut de gamme, c’est un projet d’ingénierie mené au long cours. Max Hazan, basé à Los Angeles, décrit cette moto comme son défi le plus important, mobilisant l’esthétique, la mise au point et la fabrication. Sur environ 18 mois, la machine a évolué en continu, avec des essais et des retours d’atelier, jusqu’à atteindre une forme « définitive » pensée comme un objet unique.
Le niveau de fabrication revendiqué est total, beaucoup d’éléments étant conçus et réalisés à la main, avec des machines-outils traditionnelles. Un point illustre bien la difficulté, les arbres cannelés sur mesure reliant le vilebrequin Ferrari à la boîte ont dû être redessinés plusieurs fois après des casses lors des tests. Ce n’est pas le genre de détail qui se voit sur une photo, mais c’est exactement ce qui sépare une pièce d’exposition d’une moto capable d’encaisser des contraintes réelles.
Le travail sur la carrosserie participe aussi à la singularité. Le carénage est constitué de 16 pièces en fibre de carbone, façonnées à la main à partir de blocs de mousse, puis produites par infusion de résine, une méthode courante dans l’aéronautique. Hazan s’est fait épauler par un spécialiste des composites lié à l’écosystème SpaceX, notamment pour le contrôle des ratios de résine et l’intégrité structurelle. Chaque panneau a été archivé pour permettre une réparation ou une reproduction fidèle en cas de dommage.

Le V8 Ferrari F355 de 3,5 litres impose une architecture sans cadre classique
Le cur du projet, c’est le V8 atmosphérique de 3,5 litres provenant d’une Ferrari F355. La puissance est annoncée autour de 400 ch au vilebrequin, avec un régime proche de 10 000 tr/min selon les informations communiquées autour du projet. Sur une moto, ce niveau de puissance change tout, pas seulement en accélération, mais dans la gestion thermique, l’emballage mécanique, la transmission et la rigidité globale.
Hazan a donc construit une architecture atypique. Pas de cadre traditionnel accueillant un moteur « posé » dedans, le V8 devient un élément porteur. Une structure avant treillis en chromoly encadre l’ensemble, tandis que la transmission et la suspension arrière se fixent à l’arrière et sur les côtés du moteur, utilisé comme pièce structurelle. La boîte est une séquentielle à 6 rapports, dimensionnée pour encaisser le couple et l’allonge du V8, ce qui rapproche l’approche de solutions vues en compétition automobile.
Les chiffres donnent une idée de l’ambition, et de la démesure. La HF355 annonce 187 mph, soit environ 300 km/h, pour 585 lb à sec, soit environ 265 kg. Le poids est élevé pour une moto, proche de certaines machines américaines lourdes, ce qui invite à nuancer le fantasme du missile ultraléger. Mais le rapport poids/puissance reste comparable à celui de certaines hypercars. Hazan affirme aussi que la moto reste « gérable » à basse vitesse, tout en décrivant une sonorité « comme une Indy car aux stands » quand on ouvre en grand, un argument qui compte beaucoup dans ce segment émotionnel.

La vente à plus de 500 000 $ place la HF355 dans le marché de l’art mécanique
Le prix de vente, supérieur à 500 000 $, repositionne la HF355 dans une catégorie à part. On n’est plus dans la customisation haut de gamme classique, mais dans l’objet de collection « one-off », vendu pour sa rareté et le récit technique qui l’accompagne. La moto est présentée comme une pièce unique, un one-of-one, ce qui crée une logique de marché proche de l’art contemporain, où la valeur découle autant de la singularité que des performances.
Le niveau d’équipement renforce cette lecture. La suspension mentionne des éléments Öhlins, avec une fourche FGR et un amortisseur TTX. Le freinage est confié à des étriers Brembo GP4X, et les roues à des Marchesini. Côté électronique, Hazan a abandonné les systèmes Ferrari d’origine pour une injection et un allumage sur mesure, pilotés par un calculateur AMP EFI MS3Pro. Cette cohérence, du moteur jusqu’au contrôle moteur, pèse dans la crédibilité de l’ensemble.
Il faut quand même garder une réserve, parce que ce prix ne dit pas tout. Une moto aussi complexe pose des questions pratiques, maintenance, accès aux pièces, calibration, et même réparabilité en cas de chute. L’archivage des panneaux carbone répond partiellement au problème esthétique, mais pas à toute la chaîne mécanique. Le résultat reste un manifeste technique, plus qu’un produit rationalisé. Et c’est peut-être ce que l’acheteur a payé, une uvre roulante où la part de risque et d’extrême fait partie intégrante de la valeur.
Sources
- This Ferrari-Engined Beast of a Bike Sold for More Than $500,000
- Ferrari V8 superbike sells for over $500,000
- He uses a Ferrari V8 engine to build a 400 hp motorcycle… and just sold it for 500 000$ – ItalPassion
- Max Hazan’s 400bhp Ferrari-engined motorcycle sells for $500,000 | Visordown
- This Insane Ferrari V8-Powered Motorcycle Just Sold for Half a Million Dollars
