Cette Yamaha Ténéré 700 a défié l’une des courses les plus impossibles au monde : personne n’attendait une telle performance face aux motos d’enduro
La Yamaha Ténéré 700 continue de brouiller les frontières entre trail d’aventure et machine d’enduro extrême. Au Red Bull Erzbergrodeo 2026, Pol Tarrés a signé une performance qui fait date pour les grosses cylindrées en emmenant sa Ténéré 700 jusqu’au checkpoint 19 lors du Hare Scramble du dimanche. Yamaha annonce un nouveau record pour une moto bicylindre sur l’épreuve, avec en prime une 77e place au général sur 500 pilotes, face à une majorité de motos bien plus légères et pensées pour le hard enduro.
Une référence inédite pour une bicylindre sur l’Erzberg
Pour cette 30e édition de l’Erzbergrodeo, Tarrés a porté la Ténéré 700 à un niveau rarement vu sur un terrain aussi hostile. En atteignant le checkpoint 19, il établit selon Yamaha la meilleure marque jamais réalisée par une machine à deux cylindres sur l’Iron Giant, l’immense carrière autrichienne qui sert de décor à l’une des courses tout-terrain les plus dures au monde.
Le chiffre marque d’autant plus que le résultat ne se limite pas à un symbole. Terminer 77e sur 500 dans ce contexte, c’est se placer devant une quantité importante de spécialistes équipés de motos d’enduro traditionnelles, plus légères, plus étroites et généralement plus faciles à contrôler dans les chaos de pierres.

Erzbergrodeo, quatre heures pour survivre à l’Iron Giant
Pour qui ne connaît pas le Red Bull Erzbergrodeo, il s’agit d’une épreuve devenue une référence mondiale du hard enduro. Des centaines de pilotes s’attaquent à un parcours tracé dans une carrière de minerai de fer en Autriche, surnommée l’Iron Giant. Le Hare Scramble, disputé le dimanche, est le coeur du week-end.
Le principe est aussi simple que brutal. Pendant quatre heures, les concurrents tentent de rallier un maximum de points de passage, avec 27 checkpoints au total. Entre les montées en schiste instable, les champs de blocs, les ravines raides et les sections rocheuses, la course est conçue pour mettre à nu la moindre faiblesse, qu’elle soit physique, mentale ou mécanique. Dans la plupart des cas, la ligne d’arrivée reste un mirage.
Rocket Ride et Prologue, un week-end déjà solide pour Yamaha
Avant même le Hare Scramble, Yamaha avait déjà montré que ses Ténéré 700 n’étaient pas venues faire de la figuration. Jeudi, lors du Remus Rocket Ride (la montée chronométrée qui ouvre les hostilités), Kevin Gallas a réussi à atteindre la finale et a terminé cinquième au général. Un résultat d’autant plus notable qu’il était la seule grosse cylindrée encore présente à ce stade de l’épreuve. Pol Tarrés, lui, a échoué de peu à se qualifier pour la finale après une cinquième place en demi-finale.
La dynamique s’est confirmée lors des sessions de Prologue du vendredi et du samedi, qui déterminent la position sur la grille de départ du Hare Scramble. Dans la catégorie bicylindre, Tarrés et Gallas ont pris respectivement les deuxième et troisième places, s’assurant ainsi des positions favorables pour le départ de l’épreuve principale.

Gallas s’arrête tôt, Tarrés pousse jusqu’au checkpoint 19
Dimanche, les trajectoires des deux pilotes Yamaha se sont séparées. Alors que Tarrés s’engageait dans une tentative record, Kevin Gallas a choisi de mettre fin à sa course très tôt, après le checkpoint 1. L’Allemand avait déjà rempli ses objectifs sur le Rocket Ride et le Prologue et a préféré ne pas prendre de risques inutiles, notamment pour éviter une blessure qui compromettrait la suite de sa saison. Il a ensuite épaulé Tarrés depuis le bord de la piste.
Dans sa déclaration après course, Tarrés insiste d’ailleurs sur l’importance de cette aide. Il explique que le départ est un facteur clé à l’Erzbergrodeo, et qu’il a cherché à gérer son effort pour ne pas se mettre dans le rouge trop tôt. Puis, arrivé au checkpoint 16, il a compris qu’il se rapprochait du record « big bike » et a décidé d’aller chercher plus loin, jusqu’au checkpoint 19.
« On ne sait jamais ce qui peut arriver dans cette course, parce qu’on ne sait pas s’il va pleuvoir ou non, mais cette année on a eu de la chance, on a eu de bonnes conditions et on a décidé de pousser autant que possible avec une stratégie solide. Kevin a décidé de s’arrêter au checkpoint 1 pour me soutenir et être à mes côtés. Il me montrait de meilleures trajectoires et il m’a beaucoup aidé.
J’ai très bien commencé, et l’un des points les plus importants à l’Erzberg, c’est le départ. J’ai essayé de gérer la course correctement, sans trop attaquer trop tôt, pour garder de l’énergie pour la fin. Je suis arrivé au checkpoint 16 et j’ai réalisé que j’étais très proche du record big bike, alors une fois là, je me suis dit, ok, maintenant il faut aller chercher plus. Je ne sais pas comment je me suis battu jusqu’au bout, mais on est arrivés au checkpoint 19. C’est impossible de décrire à quel point je suis fier de ça et de tout le travail de l’équipe Trece Racing Society. La moto a aussi été incroyable. On l’a poussée à la limite tout le temps, et ce qu’elle a été capable de faire pendant la course était impressionnant. »
Une Ténéré 700 sans souci mécanique, et la suite déjà en ligne de mire
Autre élément marquant, au-delà du classement et du checkpoint atteint, Yamaha souligne que la Ténéré 700 a bouclé ces quatre heures sans problème mécanique, malgré un niveau de contraintes pensé précisément pour révéler la moindre fragilité. Sur l’Erzberg, la casse n’est pas un accident, c’est une variable attendue. Le fait de sortir de là sans incident technique ajoute une couche de crédibilité à la performance.
La suite du programme est déjà connue. Tarrés et Gallas doivent désormais s’aligner le mois prochain au Red Bull Romaniacs en Roumanie, où ils concourront dans la catégorie Adventure.
Enfin, à noter également la performance de Cody Webb, ambassadeur Yamaha USA, qui a placé sa WR250F à la 13e place du Hare Scramble.
Sources
