Ducati a peut-être tué tout le suspense du WorldSBK : à Assen, la Panigale V4 R a dominé sans partage pendant que Honda et Yamaha regardent ailleurs
Assen, théâtre emblématique du WorldSBK, a récemment été le témoin d’un week-end qui a fait couler beaucoup d’encre dans le paddock comme chez les passionnés.
Entre performances éclatantes, débats sur l’équité sportive et interrogations sur l’avenir du championnat, la manche néerlandaise a mis en lumière des dynamiques qui pourraient bien redéfinir l’équilibre des forces pour la saison 2026.
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Retour sur un événement qui soulève de nombreuses questions et cristallise les tensions autour de la compétition moto la plus disputée du moment.
Domination sans partage de Ducati à Assen
Le week-end d’Assen a confirmé l’hégémonie absolue de Ducati en WorldSBK, avec une présence écrasante aux avant-postes lors des trois courses.
Nicolo Bulega, impérial, a mené la charge en s’imposant à chaque manche, tandis que les Ducati monopolisaient systématiquement le podium.
L’écart avec les autres marques s’est creusé : le meilleur pilote non-Ducati n’a pu faire mieux qu’une lointaine septième place, à plus de 17 secondes du vainqueur.
Cette domination sans partage, illustrée par six Ducati en tête dimanche, a transformé les courses en formalité, sans suspense ni réelle opposition.
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Face à cette supériorité technique, BMW, Yamaha et Honda semblent relégués à un rôle d’observateurs impuissants.
Les difficultés des autres constructeurs et l’inefficacité des mesures d’équilibrage
Face à la suprématie de Ducati, les autres constructeurs peinent à rivaliser malgré les mesures d’équilibrage imposées par le règlement.
BMW, Yamaha, Honda, Bimota et Kawasaki subissent des restrictions de carburant, des limitations de régime moteur ou l’ajout de lest, censés réduire l’écart de performance.
Pourtant, ces ajustements n’ont eu qu’un impact marginal : les Ducati restent intouchables, quel que soit le circuit ou le style de pilotage.
Pilotes et observateurs dénoncent l’inefficacité de ces dispositifs, pointant du doigt un championnat devenu prévisible et peu attractif.
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Certains, comme Alex Lowes, estiment que l’écart technologique est tel qu’aucune mesure actuelle ne permet de rétablir une véritable concurrence, alimentant la frustration dans le paddock.
Perte de l’esprit originel du WorldSBK et remise en question du règlement
La domination de la Ducati Panigale V4 R soulève de vives critiques quant à la philosophie du WorldSBK, historiquement conçu pour valoriser des motos de série accessibles au grand public.

De plus en plus perçue comme une MotoGP déguisée, la V4 R s’éloigne de l’esprit « production » du championnat, au point que Honda et Yamaha refusent d’entrer dans cette surenchère technologique.
Ces constructeurs privilégient la cohérence avec leurs modèles de route, dénonçant une dérive qui fausse la compétition.
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Les fans, eux, regrettent la disparition de l’imprévisibilité et de la diversité, tandis que le règlement, jugé inadapté, alimente la défiance et menace l’attrait d’un championnat autrefois référence en matière de proximité avec la série.
Inquiétudes pour l’avenir du championnat et appels au changement
La monotonie des courses et l’absence de suspense minent l’intérêt du public, avec une fréquentation en baisse et des audiences télévisées en recul.
Plusieurs voix, dont celle de Toprak Razgatlioglu, avaient pourtant alerté sur les risques d’une domination sans partage, mais ces avertissements sont restés lettre morte.
La crédibilité du WorldSBK est désormais en jeu, certains observateurs évoquant un championnat à deux vitesses, où la victoire semble jouée d’avance.
Pour préserver l’attractivité de la discipline, des appels se multiplient en faveur d’une réforme profonde : révision du règlement technique, plafonnement des coûts, ou encore incitations à l’innovation pour encourager une réelle compétitivité entre les marques et redonner du sens à la lutte sur la piste.
