Harley-Davidson aurait pu racheter KTM : l’incroyable histoire vraie derrière le deal raté qui a changé le destin des deux marques pour toujours
KTM, marque emblématique de la moto européenne, traverse une période de bouleversements majeurs en 2025.
Après des années de croissance fulgurante et de succès sportifs, l’entreprise fait face à une transformation profonde de sa gouvernance et de sa stratégie.
Entre restructuration, arrivée de nouveaux investisseurs et recentrage sur son cœur de métier, l’avenir de KTM suscite de nombreuses interrogations.
Les passionnés comme les observateurs du secteur s’interrogent sur l’impact de ces changements sur l’identité, la compétitivité et la place de KTM sur la scène internationale.
Les origines de la crise et la transformation de KTM
En 1992, Stefan Pierer sauve KTM de la faillite, relançant la marque autrichienne grâce à une restructuration ambitieuse.
Après avoir échappé de peu à une revente à Harley-Davidson, Pierer opte pour une stratégie d’expansion rapide : introduction en bourse, acquisitions de Husaberg, Husqvarna, GASGAS et MV Agusta, et succès retentissants en compétition.
Cette croissance fulgurante, soutenue par d’importants investissements et une diversification vers le secteur du vélo, propulse KTM au sommet européen.
Mais dès 2023, les premiers signes de fragilité apparaissent : marges en baisse, dettes croissantes et stocks d’invendus.
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L’accumulation de risques liés à la diversification et à la surproduction précipite finalement la crise financière de 2024, remettant en cause le modèle de développement du groupe.
Le plan de sauvetage et la restructuration financière
Face à une dette dépassant 3,3 milliards de dollars australiens fin 2024, KTM a été contrainte d’ouvrir une procédure d’insolvabilité.
Sous la supervision du tribunal de Ried im Innkreis, les créanciers ont validé un plan de restructuration prévoyant le paiement de 30 % des créances et l’injection de nouveaux capitaux, notamment par Bajaj et CFMOTO.
Ce plan, assorti d’une reprise progressive de la production dès mars 2025, s’est accompagné d’un changement de gouvernance : Stefan Pierer a cédé la direction à Gottfried Neumeister, tandis que Bajaj a pris le contrôle majoritaire.
Pour garantir la viabilité à court terme, KTM a recentré ses activités, réduit ses effectifs et cédé des actifs non stratégiques, tout en maintenant ses engagements en compétition.
La prise de contrôle par Bajaj et la nouvelle gouvernance
Avant l’intervention de Bajaj, l’actionnariat de KTM reposait sur un équilibre entre Pierer Industrie AG et Bajaj Auto International Holdings BV, chacune détenant près de la moitié de Pierer Bajaj AG, maison-mère de KTM.

En mai 2025, Bajaj a racheté l’intégralité des parts de Pierer, devenant actionnaire majoritaire après validation des autorités autrichiennes et européennes.
Ce changement s’est traduit par le départ de Stefan Pierer et la nomination de nouveaux administrateurs issus de Bajaj, dont Pradeep Shrivastava.
KTM, désormais intégrée au sein du groupe Bajaj, conserve son siège et ses centres de R&D en Autriche, préservant ainsi son identité locale.
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La marque occupe désormais un rôle clé dans la stratégie internationale de Bajaj, axée sur la synergie industrielle et l’innovation.
Les axes stratégiques de relance et les défis à venir
Sous l’impulsion de Bajaj, KTM opère un recentrage radical sur son cœur de métier : la moto.
La cession des filiales non stratégiques, comme Felt Bicycles et MV Agusta, s’accompagne d’une réduction drastique des coûts et des effectifs, avec l’objectif de diminuer les frais généraux de plus de 50 %.
Bajaj identifie la surproduction, la diversification hasardeuse et une gouvernance défaillante comme causes majeures de la crise.
Le maintien des activités sportives, pilier de l’image de marque, reste une priorité, bien que rationalisé.
Pour redevenir un leader mondial, KTM devra restaurer sa rentabilité, optimiser sa structure et relever le défi d’une concurrence internationale exacerbée, tout en préservant son ADN d’innovation et de performance.
