Jorge Martin pulvérise tous les records MotoGP en claquant 368,6 km/h à Mugello, une performance qui bouleverse complètement la hiérarchie du paddock
Jorge Martin vient de frapper un grand coup à Mugello, en établissant la vitesse de pointe la plus élevée jamais enregistrée en MotoGP: 368,6 km/h.
La marque a été relevée sur la ligne droite départ-arrivée, pendant la séance FP2, au guidon de l’Aprilia officielle. Sur un circuit déjà connu pour ses chiffres extrêmes, le cap est symbolique, parce qu’il valide une combinaison technique complète, moteur, aérodynamique et électronique. Le timing compte aussi. Ce record intervient lors d’un week-end où Martin retrouve l’avant, avec son premier départ en première ligne depuis le Grand Prix de Malaisie 2024. Dans le même mouvement, il efface des références récentes, établies à Mugello par Brad Binder en 2023 et égalées par Pol Espargaro en 2024. Le plateau, lui, continue d’empiler les vitesses au-delà de 360 km/h, preuve d’une régularité devenue presque banale, et c’est là que ça mérite un peu de recul.
Jorge Martin atteint 368,6 km/h en FP2 à Mugello
La donnée brute, c’est 368,6 km/h relevés à Mugello, sur la ligne droite principale, pendant FP2. Martin signe cette pointe sur la RS-GP26 d’usine, dans une séance où les équipes cherchent autant la performance pure que des repères de réglage avant les qualifications. Mugello est un terrain de chasse idéal pour ce type de chiffre, parce que la longue accélération met en évidence chaque détail, du grip à la traînée aérodynamique.
Ce record dépasse le précédent sommet officiel, établi à 366,1 km/h par Brad Binder à Mugello en 2023, puis égalé par Pol Espargaro en 2024. Dans les tableaux de vitesses, la hiérarchie est serrée, on parle de quelques km/h, mais la symbolique est forte: franchir un nouveau palier, même minime, demande souvent des mois de développement. Et sur ce circuit, la vitesse n’est pas un bonus marketing, c’est un indicateur de l’efficacité globale.
Dans le même temps, Ai Ogura, sur Trackhouse Aprilia, a lui aussi atteint 366,1 km/h, soit l’ancienne référence. Ça raconte un truc très concret: la performance de pointe ne dépend pas seulement d’un tour « parfait », elle devient reproductible, et parfois transférable d’une structure usine à une équipe satellite. Tu peux t’extasier sur le chiffre, mais la vraie info, c’est la constance, plusieurs motos touchent des vitesses qui, il y a quelques saisons, relevaient de l’exception.
WE’VE GOT A NEW TOP SPEED RECORD: 368.6 km/h 🔥🔥🔥 @88jorgemartin#ItalianGP 🇮🇹 pic.twitter.com/A59wMh26LF
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) May 30, 2026
Aprilia attribue le record au moteur, à l’aéro et à l’électronique
Chez Aprilia, le discours est clair: le record est le produit d’un ensemble. Le directeur technique Fabiano Sterlacchini a mis en avant la synergie entre moteur et aérodynamique, avec un point clé souvent sous-estimé, la sortie du dernier virage et le travail de l’électronique. C’est logique, parce que la vitesse maximale au bout de la ligne droite se « gagne » bien avant, dans la façon dont la moto remet du couple au sol sans s’écraser ni patiner.
Mugello amplifie ces écarts. La ligne droite fait 1,14 km, une longueur suffisante pour que la moindre différence de traînée ou de motricité se transforme en km/h à l’arrivée. On comprend mieux pourquoi ce circuit concentre les records et pourquoi les équipes y viennent avec des packages spécifiques, carénages, réglages de hauteur, cartographies. Mais c’est aussi là que je nuance: viser la pointe peut coûter ailleurs, car une moto optimisée pour la Vmax peut devenir plus délicate en enchaînements rapides.
Le week-end n’a pas été sans alerte pour Martin. Pendant la séance, il a tiré trop long au freinage au virage 1 et a fini dans le gravier, sans chute. Ça rappelle que ces vitesses se payent au moindre excès, surtout quand les repères bougent, pneus, température de piste, aspiration. Dans le paddock, on le sait, une pointe à 368,6 km/h, c’est spectaculaire, mais ce n’est pas un trophée si la moto n’offre pas la même confiance sur le freinage et la gestion des pneus sur la durée.

Le passage aux 850 cm3 en 2027 pourrait figer les vitesses
Ce record arrive à un moment charnière. Le MotoGP doit passer à des moteurs de 850 cm3 en 2027, et l’idée qui circule déjà dans le paddock, c’est que les records de vitesse de pointe pourraient devenir plus difficiles à battre. Pas parce que les ingénieurs vont arrêter de travailler, mais parce qu’un changement de cylindrée rebat les cartes, puissance, régimes, gestion de l’énergie, et impose souvent une phase de stabilisation, le temps que les solutions mûrissent.
Dans l’immédiat, les chiffres montrent surtout une densité incroyable. Les vitesses au-dessus de 360 km/h sont devenues fréquentes, et plusieurs entrées du classement se tiennent dans un mouchoir, avec 364,8 km/h relevés à Mugello sur différentes sessions et différents pilotes ces dernières saisons. Cette proximité dit quelque chose de la maturité technique des prototypes actuels, et aussi de l’importance des détails, aspiration, trajectoire, vent, qualité de la relance.
Martin, lui, ajoute une couche sportive au symbole technique. Réussir un tel record et revenir en première ligne pour la première fois depuis Sepang 2024, c’est un signal sur sa capacité à se remettre dans le match. Mais il ne faut pas surinterpréter: la vitesse de pointe ne fait pas un résultat à elle seule, surtout sur un Grand Prix où la gestion du rythme, des pneus et des dépassements compte. Le record restera dans les livres, et la suite se jouera sur la capacité d’Aprilia et de Martin à transformer ce potentiel en performance sur toute la distance.
