Le boîtier GPS devait disparaître face au smartphone, les motards ne l’ont pas lâché
Plus de 1 250 motardes et motards de la zone germanophone (Allemagne, Autriche, Suisse) ont été interrogés en 2025 sur leur manière de préparer une sortie à moto.
L’étude, conduite par Jelmer Spuijbroek, alors étudiant en master à l’université d’Amsterdam, livre un panorama chiffré des usages numériques et des frustrations qui jalonnent la préparation des itinéraires. Plusieurs questions autorisaient des réponses multiples, les pourcentages peuvent donc dépasser 100 ; ils traduisent des parts de citation, et non une répartition exclusive des pratiques.
Méthodologie et indépendance: un intérêt déclaré pour le sujet
La réserve méthodologique figure d’emblée parmi les faits saillants: l’enquête a permis des réponses multiples, ce qui explique la somme des taux supérieure à 100 pour cent sur certains items. Par ailleurs, l’auteur de l’étude a un intérêt direct dans le domaine étudié, puisqu’il développe par ailleurs une application destinée aux motards et prévoit un lancement en 2027. Cette information est fournie pour permettre au lecteur d’apprécier le contexte d’investigation.
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Un paysage de la planification largement numérique, mais hybride
La planification des balades apparaît majoritairement numérique. 72 pour cent des répondants déclarent utiliser des applications d’itinéraire dédiées. Néanmoins, le numérique se pratique sur plusieurs supports: 47 pour cent préparent aussi leurs sorties sur ordinateur, et 39 pour cent continuent d’utiliser un appareil de navigation dédié. Le téléphone reste très présent, avec 45 pour cent d’utilisateurs Android et 18 pour cent d’utilisateurs iPhone parmi les répondants.
Ce mélange de supports traduit un fonctionnement hybride: préparation sur ordinateur, ajustement et transfert vers une application, puis navigation en route sur le smartphone ou sur un appareil dédié. L’ordinateur sert souvent à organiser finement l’itinéraire, tandis que les téléphones offrent un large choix d’applications et une inspiration rapide.
Le GPS moto n’est pas mort: des raisons très pratiques
Un résultat contre-intuitif ressort nettement de l’enquête: le boîtier GPS spécifique à la moto conserve une part d’usage non négligeable. Près de quatre répondants sur dix utilisent encore un GPS moto dédié. Les motifs invoqués sont concrets et techniques: meilleure protection contre la pluie, maniement facilité avec des gants, fixation robuste sur la machine, lisibilité supérieure et une interface centrée sur la navigation sans distractions. Pour ces utilisateurs, ces avantages matériels et ergonomiques compensent la souplesse et la richesse des applications sur smartphone.
Le téléphone, pour sa part, l’emporte sur la variété d’applications disponibles et la capacité à découvrir de nouveaux lieux, un critère cité par 53 pour cent des participants. Ainsi, la coexistence des deux mondes s’explique moins par une rivalité binaire que par la complémentarité des atouts: le GPS pour la robustesse et la lisibilité, le smartphone pour l’inspiration et l’accès à des services étendus.
Les irritants concrets de la préparation d’itinéraire
L’enquête met en lumière des irritants simples mais récurrents. Le premier grief des participants est la difficulté à trouver de bons points d’arrêt, cité par 37 pour cent. Les motards veulent des haltes adaptées au rythme et à l’autonomie des machines, des aires avec vue ou service, et des repères fiables pour couper une longue étape en morceaux agréables.
Les fermetures de routes et les interdictions de circulation constituent le deuxième souci, cité par 31 pour cent. Ces obstacles obligent à vérifier localement l’état des axes, en consultant des informations régionales ou des mises à jour communautaires avant le départ. Enfin, la gestion des fichiers GPX reste un tracas pour 12 pour cent des répondants, ce qui rappelle l’importance de la compatibilité des formats, du test préalable des fichiers sur l’appareil de navigation et de la sauvegarde de routes hors ligne.
Ce que les motards attendent d’un outil de planification
Les attentes exprimées convergent vers la simplicité et l’efficacité. Le premier souhait est de pouvoir trouver et préparer rapidement de belles routes sinueuses, cité par 30 pour cent. L’usage hors connexion et une ergonomie simple arrivent en second, avec 24 pour cent, et 18 pour cent des répondants souhaitent une vue unifiée des hébergements, arrêts et points d’intérêt.
Ces priorités tracent un cahier des charges pragmatique: les outils doivent aider à composer une journée de roulage agréable, prendre en compte l’autonomie et le rythme des pauses, et proposer une information consolidée sur les haltes utiles sans complexifier l’interface.
Pourquoi tant de nouvelles applications peinent à percer
La principale leçon de l’étude concerne les raisons d’échec des nouvelles applications. Il ne s’agit pas toujours d’un manque de fonctionnalités. Quarante pour cent des répondants dénoncent un recours excessif à la publicité ou un positionnement trop commercial. Trente-quatre pour cent jugent le prix trop élevé, et 31 pour cent pointent une interface trop compliquée ou peu claire. Parallèlement, 32 pour cent estiment que leur système actuel fonctionne déjà parfaitement.
La combinaison de ces facteurs forme un piège pour les éditeurs: proposer des fonctions nouvelles ne suffit pas si l’expérience paraît intrusive, coûteuse ou confuse. Les motards planifient pour l’expérience et la qualité du parcours, selon 71 pour cent des participants; ils ne tolèrent pas les pop-ups, les murs payants ou les menus labyrinthiques. Une application peut donc manquer sa cible si elle sacrifie la simplicité ou la confiance utilisateur au profit de la monétisation agressive.
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Enseignements pour les outils et perspectives pour les motards
Au-delà des chiffres, l’enquête éclaire des priorités pratiques: l’efficacité, la robustesse et la clarté priment sur la sophistication technique. Le maintien d’une part d’utilisation des GPS dédiés illustre la valeur de la fiabilité matérielle et de l’ergonomie pensée pour la moto. À l’inverse, l’attrait des smartphones pour l’inspiration et la diversité d’offres reste fort.
Ces résultats en zone germanophone offrent une photographie des usages et des attentes qui peut servir de repère aux observateurs et aux développeurs, sans prétendre décrire d’autres populations. Ils montrent surtout que gagner la confiance des motards exige plus qu’une longue liste de fonctions: il faut résoudre des problèmes concrets, respecter l’expérience de roulage et limiter toute friction commerciale ou ergonomique.
Sources : Motorrad
