Márquez court avec un bras et demi, son chirurgien confirme la formule
Le chirurgien de Marc Márquez, le docteur Samuel Antuña, a livré un diagnostic franc sur l’état du bras droit du pilote dans un entretien accordé à un quotidien espagnol, alors que Márquez avait souhaité que l’on n’en parle pas.
Le chirurgien souligne une perte importante de force au niveau du biceps et affirme que le bras ne redeviendra jamais totalement normal. Ces conclusions interviennent alors que le pilote se bat pour un dixième titre mondial, le huitième en MotoGP, et doit affronter une série de circuits qui mettront son bras droit à l’épreuve.
Un diagnostic sans concession du chirurgien
Le docteur Samuel Antuña, qui a opéré Marc Márquez, dresse un constat dur. « Son plus gros problème, c’est qu’il a perdu la force du biceps. Il n’aura plus jamais un bras normal. », déclare-t-il sans ambiguïté. Le chirurgien rappelle que le bras droit du pilote a déjà subi sept interventions, et que la question médicale demeure centrale dans l’évaluation de ses performances actuelles. Cette mise au point contraste avec la volonté exprimée par le pilote de ne pas évoquer publiquement son bras. En juillet, il avait pourtant lui-même raconté ce que ces opérations lui ont coûté jusque dans son sommeil.
L’accident d’Indonésie en 2025 a ramené la situation au point de départ
Pour le docteur Antuña, la chute subie en Indonésie en 2025 avec Marco Bezzecchi marque le tournant: « En 2025 il allait bien, il pouvait courir. Il n’avait pas de douleur, il ne se plaignait pas. La force qu’il pouvait produire avec le bras droit n’était pas la même qu’avec le gauche, mais ça allait. La chute d’Indonésie a tout changé. » Le chirurgien situe donc là le point de bascule: la chute a ramené le pilote au point de départ, après une saison 2025 où le bras tenait.

Un os mal repositionné et le nerf radial affecté corrigés mi-mai
Après la chute indonésienne, les examens ont révélé qu’un os était mal repositionné et venait à toucher le nerf radial, provoquant une perte de contrôle. Cette anomalie a nécessité une intervention qui a été réalisée à la mi-mai. Le délai de récupération annoncé était court et le pilote a retrouvé la victoire rapidement, mais dès le mois de septembre le problème semblait persister, selon les observations du chirurgien.
Ce que signifie la perte de force du biceps pour un pilote de MotoGP
Sur le plan fonctionnel, la perte de force du biceps a des conséquences concrètes pour la pratique en MotoGP. Le biceps contribue à la flexion du coude et à la stabilisation du bras lors des appuis et des changements d’orientation du guidon. Une diminution marquée de cette force limite la capacité à maintenir une pression régulière sur le guidon, à contrôler les transferts de charge et à réagir rapidement face aux sollicitations extrêmes en appui. Le docteur Antuña résume la limitation en termes simples: « Ce bras est très limité en force, surtout du biceps. »
Le chirurgien valide la formule du bras et demi
Le chirurgien abonde dans le sens d’une expression employée autour du paddock en constatant qu’il est d’accord avec l’idée selon laquelle le pilote court « avec un bras et demi ». L’image dit à la fois la limite et la capacité du pilote à composer avec elle: « Le bras a une marge de progression, mais il ne redeviendra jamais celui d’avant. », ajoute-t-il. Ces propos rappellent que la rééducation peut apporter des gains, mais ne supprime pas la lésion de fond.
Quatre circuits qui tournent à droite, coup sur coup
La série de quatre circuits tournant majoritairement à droite qui arrive, Misano, le Red Bull Ring, Motegi et Mandalika, sera un test significatif pour le bras droit du pilote. Sur une succession de virages à droite, le pilote subit des efforts répétés sur le membre qui assure le contrepied et la stabilisation pendant les appuis, ainsi qu’une sollicitation accrue des muscles et des nerfs du bras droit pour le maintien du guidon et le contrôle du frein avant et de l’accélérateur lors des phases de sortie. Ces efforts cumulés peuvent révéler ou exacerber une faiblesse préexistante, d’où l’attention particulière portée à ces quatre manches.
Une Ducati en retrait, et un bras qui lâche à Assen
Au diagnostic médical s’ajoute un contexte sportif défavorable, la Ducati se trouvant cette saison en retrait par rapport à l’Aprilia. Les résultats sur certains circuits ont déjà été interprétés à l’aune de la limitation physique: le pilote a lui-même désigné son bras comme responsable de mauvaises performances à Assen et Silverstone, tandis qu’il s’est senti mieux sur MotorLand, Balaton Park et le Sachsenring, circuits traditionnellement plus favorables à son style.
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Une marge de progression, et une porte fermée
Le propos du docteur Antuña apporte une lecture médicale directe au dossier physique du pilote. Il affirme qu’une légère marge d’amélioration existe, mais il ferme la porte à un retour complet à l’état antérieur. Ces informations offrent un éclairage sur les coulisses médicales qui influencent la performance sur la piste, et posent la question de la gestion à court terme d’un pilote de haut niveau confronté à une lésion chronique. Les prochains Grands Prix diront comment le pilote compose avec cette limite, lui qui continue de gagner malgré tout.
Sources :
- Motorpasion Moto, entretien du docteur Samuel Antuna
- InSella, le chirurgien sur l’etat du bras
