Personne n’attendait une 125 électrique militaire : GR1T mise sur une base unique déclinée en Street, Scrambler et concept dual-use
Dans la catégorie des équivalents 125 électriques, un nom commence à se faire entendre au-delà du cercle des initiés.
GR1T Motorcycles, jeune pousse basée entre Berlin et Milan, accélère le passage de ses prototypes vers la série avec une idée directrice simple: une plateforme modulaire, déclinée en plusieurs motos et même en concept « dual-use ». Face à une référence grand public comme la Super Soco TC Max, GR1T joue une carte différente, moins néo-rétro, plus utilitaire et technique, avec des chiffres qui parlent aux motards pragmatiques comme aux primo-accédants. Les deux modèles au coeur du projet, G1S Street et G1X Scrambler, visent clairement le segment 125: puissance continue annoncée à 11 kW, mais avec une puissance de pointe de 26,6 kW, un couple maximal de 85 Nm, et surtout un poids de 127 kg avec deux batteries. L’autonomie revendiquée grimpe jusqu’à 150 km, pour une vitesse maximale autour de 130 km/h. Une promesse de polyvalence qui se veut crédible, à condition que GR1T concrétise enfin l’étape décisive: la production en série.
De l’EICMA 2025 au concept Raider début 2026, GR1T change de rythme
GR1T Motorcycles a présenté ses deux prototypes G1S Street et G1X Scrambler à l’EICMA 2025. Puis, au début de l’année 2026, la marque a dévoilé un concept baptisé « Raider ». Selon l’entreprise, 14 mois de développement et d’essais ont été investis dans cette seconde boucle de prototypage des G1S et G1X, signe que le projet ne se limite pas à une maquette de salon.
En janvier 2026, GR1T indiquait être en route « du prototypage avancé vers la fabrication en série ». La date précise de mise en production n’est toutefois pas connue à ce stade. En attendant, la stratégie apparaît plus lisible: une architecture de base (la plateforme G1) et des déclinaisons par usage, du quotidien urbain jusqu’à l’environnement « exigeant » visé par le Raider.
Une 125 électrique à deux batteries amovibles, pensée comme un outil
Le coeur technique revendiqué par GR1T repose sur deux batteries amovibles (chimie NMC annoncée dans les informations de contexte) et un moteur brushless à flux radial. Sur le papier, l’ensemble vise un compromis intéressant pour le motard « malin »: garder une moto relativement légère pour une électrique, tout en affichant des performances supérieures au seul chiffre d’homologation 125.
Les données communiquées autour des prototypes mettent en avant: 127 kg avec deux batteries, une puissance continue de 11 kW, une puissance de pointe de 26,6 kW, un couple maximal de 85 Nm, une vitesse maximale annoncée autour de 130 km/h et une autonomie pouvant atteindre 150 km. GR1T mentionne aussi une autonomie de 120 km en cycle mixte ville/route. Côté recharge, la marque avance 3,2 h pour passer de 0 à 100% et 2,5 h pour 0 à 80%.
Sur ce segment, l’approche rappelle l’intérêt des 125 thermiques « à tout faire »: on cherche une machine simple, exploitable, pas trop lourde, adaptée aux trajets du quotidien. La différence, ici, est l’angle modulaire, avec une base commune censée limiter les coûts et faciliter les adaptations.

G1S Street: priorité à la ville, mais aussi aux flottes et à la livraison
La G1S Street assume une orientation urbaine. GR1T cite des pneus Pirelli Angel City en 17 pouces et une charge utile de 190 kg. Le message est clair: la moto ne vise pas uniquement le particulier, elle se destine aussi à des usages professionnels, flottes et livraison compris. Dans un marché où l’électrique attire souvent les entreprises pour des raisons d’usage et de maintenance, cette donnée de charge utile, si elle est tenue en série, devient un argument concret.
Cette logique « outil » se retrouve dans la promesse d’une plateforme modulaire: une base commune, des configurations possibles, et une moto qui peut changer de rôle selon l’équipement. Un positionnement qui s’éloigne d’un simple produit lifestyle.
G1X Scrambler: une 125 électrique pour relier route et chemins faciles
La G1X Scrambler, elle, veut faire le pont entre la route et un usage tout-terrain léger. GR1T annonce une hauteur de selle de 830 mm, ainsi que des équipements orientés protection et polyvalence: arceau de protection, protège-mains et bulle. Les roues restent en 17 pouces, mais avec une monte plus adaptée, les Karoo Street de Metzeler (marque soeur de Pirelli).
Cette déclinaison « scrambler » vise typiquement les motards qui veulent une 125 facile au quotidien, mais capable d’encaisser des revêtements dégradés, des pistes roulantes ou des accès de campagne. Avec 127 kg annoncés (avec deux batteries) et un couple maximal de 85 Nm, l’idée est de proposer une moto réactive à basse vitesse, un domaine où l’électrique peut marquer des points en agrément.

Le concept Raider: une plateforme dual-use, militaire et civile
Début 2026, GR1T a ajouté une pièce au puzzle avec le concept Raider, présenté explicitement comme une plateforme « dual-use »: destinée aux forces armées et aux autorités, mais aussi à des utilisateurs civils évoluant dans des environnements difficiles. Le Raider n’est pas décrit comme un nouveau modèle isolé, mais comme une mise en scène de l’idée GR1T: un véhicule coeur, plusieurs rôles selon l’équipement, la mission et l’usage.
Dans le discours, cela renforce la cohérence de la stratégie modulaire. Une base commune permet d’imaginer des variantes adaptées, sans repartir de zéro. Pour le grand public, l’intérêt est indirect mais réel: si la plateforme est conçue pour des contraintes d’usage élevées, la déclinaison civile peut en bénéficier en robustesse et en logique d’accessoires.
Garantie batterie 6 ans: un signal fort, avec une condition
Autre point mis en avant: GR1T évoque une garantie batterie de 6 ans. La marque indique que les batteries, qui tomberaient à 80% de capacité en utilisation normale, seraient remplacées, à condition de rendre les anciennes batteries. Dans un univers où la batterie reste la principale inconnue à long terme, cette annonce vise clairement à rassurer, surtout pour un achat de primo-accédant ou une flotte.
GR1T précise par ailleurs que les précommandes sont déjà ouvertes. En revanche, les tarifs ne sont pas exploitables ici, car la source mentionne une section « prix » sans fournir les montants dans l’extrait disponible.
Ce que le motard « malin » doit regarder avant de se laisser tenter
Sur le papier, la proposition GR1T coche plusieurs cases recherchées en 125 électrique: un poids annoncé de 127 kg avec deux batteries, jusqu’à 150 km d’autonomie (120 km en mixte ville/route), une vitesse maximale autour de 130 km/h, et une motorisation donnée pour 11 kW en continu avec 26,6 kW en pointe. Des chiffres qui visent autant l’usage urbain quotidien que des trajets périurbains, tout en laissant entrevoir un supplément de répondant.
Reste l’essentiel, et c’est souvent là que se joue la différence entre promesse et réalité: le passage en fabrication série, la disponibilité, et la capacité à livrer une qualité constante. GR1T affirme être en transition vers la production, sans calendrier public précis. Pour les passionnés comme pour les conducteurs au budget calculé, l’intérêt est donc à suivre de près: si la start-up concrétise sa plateforme G1, elle pourrait proposer une alternative plus « utilitaire et modulaire » aux 125 électriques déjà connues, avec une vraie déclinaison Street, une Scrambler et un concept Raider qui donne le ton.
Sources :
- Motorrad
- www.buckcitybiker.co.uk
- www.navigator-consulting.com
