Pirelli en MotoGP 2027 prévient Marc Márquez qu’il n’obtiendra pas de pneu taillé sur mesure pour son style de pilotage
La saison 2027 s’annonce comme un grand tournant pour la MotoGP, avec une refonte annoncée autour de nouveaux moteurs, d’une nouvelle aérodynamique et, surtout, d’un changement de manufacturier pneumatique.
Comme le rapporte Motorpasion Moto, Pirelli doit remplacer Michelin, un basculement présenté comme l’un des plus importants de ces dernières années dans le paddock. Dans ce contexte, Marc Márquez avait déjà expliqué récemment que le sujet des pneus figurait parmi ses principales préoccupations. Une nouvelle déclaration venue de chez Pirelli ajoute désormais un élément de tension et de clarification: la marque italienne ne compte pas développer une gomme « à la carte » pour un pilote en particulier, y compris pour le multiple champion espagnol.
Pirelli fixe une ligne rouge: pas de « pneu Márquez »
Selon Motorpasion Moto, Giorgio Barbier, responsable du projet MotoGP chez Pirelli, a détaillé la position de l’équipementier dans une interview accordée à Motorsport. Le message est direct: « La volonté de Pirelli n’est pas de faire un “pneu Márquez”, ce n’est pas notre façon de travailler ni d’agir, ce n’est pas notre style », a-t-il déclaré, toujours d’après Motorpasion Moto.
Barbier insiste sur une philosophie d’équilibre, en s’appuyant sur l’expérience de Pirelli dans un autre championnat majeur: « En 23 ans en Superbike, nous avons toujours maintenu certains équilibres et c’est notre première volonté, ainsi que celle de Dorna. Nous ne voulons pas faire des choses différentes », rapporte Motorpasion Moto.
La précision n’est pas anodine. À l’approche de l’arrivée de Pirelli, une question commence à circuler dans le paddock: les retours de certains pilotes, et notamment ceux qui participent aux premiers essais, peuvent-ils orienter le développement dans une direction favorable à un style de pilotage particulier ?

Les premiers tests alimentent les questions dans le paddock
Motorpasion Moto indique qu’un premier test a eu lieu à Brno, avec des pilotes titulaires utilisant les nouveaux pneus. Ce simple fait a suffi à lancer une série d’interrogations: les pilotes présents lors de ces premiers roulages disposeront-ils d’un avantage dans la compréhension des futures gommes? Leurs commentaires pèseront-ils davantage dans la phase de mise au point?
C’est précisément sur ce point que Pirelli cherche à cadrer le débat. D’un côté, la marque promet de ne pas suivre les demandes « expresses » d’un pilote en particulier. De l’autre, elle admet que la qualité du retour d’information restera un paramètre clé, comme dans tout développement technique en compétition.
Des retours écoutés, mais pas de développement orienté pour un seul pilote
Toujours selon Motorpasion Moto, Giorgio Barbier explique que les pilotes capables de fournir des informations plus riches et plus exploitables attireront naturellement l’attention des ingénieurs: « Les pilotes capables de nous donner plus d’informations, plus de commentaires, recevront une certaine attention. Nous serons très attentifs à ce qu’ils nous diront, pour éventuellement faire évoluer les pneus. Par conséquent, la capacité du pilote à comprendre et à nous communiquer des informations est importante, que ce soit Márquez ou n’importe quel autre. »
Autrement dit, Pirelli ne ferme pas la porte aux retours des stars du plateau, mais refuse que le produit final devienne une gomme “sur mesure” construite autour d’une seule référence. Une nuance importante, car la MotoGP moderne se joue sur des détails: la fenêtre de fonctionnement des pneus, leur montée en température ou encore le niveau de confiance à l’attaque peuvent transformer une hiérarchie.
Brno, une chute de Márquez et un signal de plus sur la sensibilité du sujet
Le sujet a pris encore plus de relief avec un épisode survenu lors de ce test. Motorpasion Moto rapporte que Marc Márquez a chuté à Brno, et que l’Espagnol a attribué cette chute au pneu de Pirelli, en expliquant que c’était « quelque chose qui ne [lui] était jamais arrivé » auparavant. L’incident, même s’il s’inscrit dans un contexte d’essai et d’apprentissage, illustre à quel point la transition pneumatique peut redistribuer les cartes, y compris pour les pilotes les plus expérimentés.
Dans le paddock, chaque phrase compte. Les déclarations de Márquez et la réponse publique de Pirelli alimentent la même réalité: en 2027, l’adaptation ne sera pas seulement une affaire de machines, elle sera aussi une affaire de sensations et de compréhension fine d’un nouveau package pneumatique.
Vers des pneus « plus simples » et plus universels que ceux de Michelin
Motorpasion Moto rapporte également l’orientation technique que Pirelli compte privilégier. L’équipementier italien viserait une gomme « plus simple et universelle » que celle de Michelin, avec une plage de température de fonctionnement plus large. Autre idée avancée: réduire le nombre de pneus différents spécifiquement adaptés à chaque circuit.
Dans une discipline où la gestion des gommes et la capacité à exploiter la bonne fenêtre de température sont devenues centrales, cette promesse d’un comportement plus “universel” est un marqueur fort. Elle suggère une volonté de limiter les extrêmes, d’offrir un produit plus constant d’un tracé à l’autre, et de réduire la dépendance à des constructions très spécialisées.
Les points forts revendiqués par Pirelli
Selon les propos rapportés par Motorpasion Moto, Giorgio Barbier résume les atouts que Pirelli met en avant: « Nos points forts sont l’adhérence, la montée en température rapide et la confiance qu’il transmet immédiatement au pilote. »
Ces trois éléments, adhérence, chauffe, confiance, sont précisément ceux qui conditionnent la possibilité d’attaquer tôt dans un relais, de sécuriser les phases critiques (freinage sur l’angle, remise des gaz) et de stabiliser le comportement global de la moto. Mais ils représentent aussi une promesse difficile à tenir sur l’ensemble des circuits, des températures et des styles de pilotage présents en MotoGP.
Un changement déjà confirmé pour 2027
Le contexte général, lui, est acté: Pirelli deviendra le fournisseur officiel de pneus en MotoGP à partir de 2027. Les éléments de vérification disponibles indiquent que l’accord est prévu sur plusieurs saisons, après la fin du contrat actuel de Michelin. Dans l’immédiat, l’attention se porte sur la phase d’essais et de développement, où chaque roulage nourrit déjà les discussions en coulisses.
Pour les équipes et les pilotes, l’équation est double. Il faudra comprendre un nouveau pneu, mais aussi l’intégrer à des motos qui, elles aussi, évolueront. Pour les observateurs, la déclaration de Pirelli sert de balise: l’équipementier ne veut pas être perçu comme un acteur qui “fabrique” un avantage pour une tête d’affiche. Il revendique au contraire une approche standardisée, pensée pour l’ensemble du plateau.
Une arrivée sous haute surveillance
Comme le souligne Motorpasion Moto, l’arrivée de Pirelli soulève déjà « beaucoup de doutes » et de débats. C’est logique: en MotoGP, le pneu est une pièce maîtresse, parfois même l’élément qui dicte la manière dont une moto peut être pilotée. Le fait que Marc Márquez, pilote au style très identifié, se retrouve au centre de la discussion n’a rien d’anecdotique. Sa capacité à influencer un projet, par son niveau d’exigence et la précision de ses retours, est reconnue depuis longtemps dans le paddock.
Mais Pirelli veut verrouiller le narratif avant que la rumeur ne prenne le dessus: oui, les ingénieurs écouteront les meilleurs retours, non, il n’y aura pas de pneu conçu pour “aider” un seul pilote. La suite se jouera sur la piste, au fil des tests, et surtout lorsque les gommes Pirelli commenceront réellement à s’imposer comme la nouvelle référence du championnat.
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