Suzuki veut séduire les gros rouleurs avec sa GSX-S1000GX+, une routière sportive qui évite les excès du trail
La Suzuki GSX-S1000GX+ s’installe sur un créneau devenu ultra disputé, celui des crossover touring, ces motos qui promettent la vitesse d’une sportive et le confort d’une routière haute sur pattes.
Débarquée en 2024 et reconduite en 2026, elle reprend l’ADN de la GSX-S1000GT/GT+ tout en empruntant l’ergonomie d’une V-Strom 1050, avec un objectif clair, rouler loin sans renoncer au rythme. Ce qui frappe, c’est son positionnement de leader discret. Pas de slogan tapageur, mais une fiche technique qui met l’accent sur la suspension longue course pilotée, la stabilité adaptative et des détails concrets de voyage, valises, bulle réglable, centre-béquille. Dans les faits, Suzuki cherche à convaincre les gros rouleurs qui veulent une moto moderne, connectée, mais pas prise de tête au quotidien.
Suzuki mise sur SAES et SRAS pour lisser la route
Le cur du projet, c’est la suspension à grand débattement associée à l’SAES, la suspension électronique avancée de Suzuki, et au SRAS, un système de stabilisation adaptative pensé pour les variations de revêtement. L’idée n’est pas de transformer la GX+ en trail, mais de gagner en aisance sur les rues défoncées, les autoroutes en béton et les petites routes bosselées, sans perdre le côté sport.
Sur le plan ergonomique, Suzuki a travaillé un point souvent sous-estimé, l’angle des genoux. La marque annonce une augmentation de 15 mm de la distance entre le point de hanche et le point de pied, grâce au duo suspension plus haute et selle. Sur une journée de route, ce détail compte, surtout quand on alterne ville, voies rapides et enchaînements de virages.
Marc, essayeur indépendant habitué des maxi-trails, résume le pari avec une formule simple, ça filtre comme une routière, mais ça garde une posture qui donne confiance à basse vitesse. Il nuance quand même, si vous cherchez une vraie capacité hors bitume, ce n’est pas le sujet, la GX+ reste une machine de route. Ce choix assumé colle à la promesse, du touring rapide, confortable, et gérable.

Un châssis GSX-R et des freins Brembo pour le rythme
La GSX-S1000GX+ ne se contente pas d’une position droite, elle s’appuie sur une base très routière-sportive. Le cadre est un double poutre en aluminium dérivé des GSX-R, avec un bras oscillant en aluminium et un sous-cadre treillis acier. Côté débattements, on est à 150 mm à l’avant comme à l’arrière, plus que la GSX-S1000GT, mais moins qu’une V-Strom 1050, ce qui situe bien le compromis.
Le freinage donne aussi le ton, deux étriers Brembo monobloc radiaux 4 pistons mordent des disques de 310 mm à l’avant, et un ensemble Nissin serre un disque de 240 mm à l’arrière. L’ABS en courbe est annoncé de série, un point devenu presque obligatoire sur ce segment, où les clients attendent une marge de sécurité quand la route se referme ou que l’adhérence baisse.
Petit détail révélateur, les roues TRP à six branches en aluminium reçoivent des pneus Dunlop Roadsport 2 en 120/70ZR17 devant et 190/50ZR17 derrière. Ça parle aux utilisateurs, pas de dimensions exotiques, pas de jantes typées trail. En clair, Suzuki vise ceux qui veulent de la précision et une mise en température rapide sur route humide, mais il faudra accepter une philosophie très asphaltée.

Valises 25,7 L et bulle réglable, la GX+ vise les gros rouleurs
Sur l’équipement, Suzuki coche des cases concrètes. La GX+ reçoit des protège-mains, une bulle à trois positions, un guidon monté sur silentblocs, et une béquille centrale. Le porte-bagages est donné pour 6 kg de charge, et les valises latérales affichent 25,7 litres chacune, avec une limite de 5 kg par côté. C’est du pratique, pas du gadget, surtout pour partir deux ou faire du quotidien.
La selle passager a aussi été retravaillée par rapport à la GSX-S1000GT, plus large d’environ 2,5 cm et plus épaisse d’environ 1 cm. Pour les duos, ce genre de chiffre se ressent vite, moins de points de pression et une position plus naturelle. Suzuki propose aussi des accessoires orientés voyage, poignées chauffantes, selles premium, sacoches de réservoir, protections et leviers usinés.
Face à une BMW S 1000 XR, une Yamaha Tracer 9 GT+ ou une Kawasaki Versys 1000 SE LT+, la GX+ joue la carte de l’équilibre, performances de sport-touring, confort de grande route, et une couche de technologies de châssis pour élargir la plage d’usage. La critique qu’on entend le plus chez les rouleurs, c’est qu’une moto aussi orientée route devra vraiment prouver, à l’usage, que sa sophistication électronique reste simple à vivre et fiable au long cours.

