Tout le monde pensait que 38 ch ne suffiraient jamais face à deux 700 radicales, mais ce duel révèle ce que la supermoto moderne a vraiment changé
Sur le papier, c’est le genre de comparo qui fait grincer des dents dans les paddocks.
D’un côté, deux supermotos modernes, radicales, pensées pour claquer des chronos dans leur habitat naturel, les kartings et les pistes mixtes. De l’autre, une Suzuki DR-Z4SM au look plus discret, presque « old school », et surtout beaucoup moins puissante. Alors, test injuste ou vraie leçon pour le motard malin ?
Le décor : la supermoto, ce sport où tout se joue sur la précision
Dans l’imaginaire collectif, la supermoto, c’est la synthèse parfaite entre la moto de cross et la sportive, avec ce mélange de glisse, de freinage tardif et de relances au couple. Une discipline où l’efficacité ne se résume pas à la fiche technique, mais où le châssis, la facilité et la capacité à enchaîner les tours sans se faire peur comptent énormément.
Et c’est justement ce qui rend ce face-à-face intrigant. Parce qu’ici, on ne compare pas seulement des cylindrées ou une étiquette « premium » contre une étiquette « accessible ». On compare deux interprétations très différentes de la supermoto.

Deux 700 à l’attaque : Ducati Hypermotard 698 Mono RVE et Husqvarna 701 Supermoto
La Ducati Hypermotard 698 Mono RVE et la Husqvarna 701 Supermoto sont présentées comme des déclinaisons « radicales » et « pointues » d’un concept simple : aller chercher le meilleur temps possible sur des terrains typiques supermoto, comme les pistes de karting ou les circuits on et offroad.
Leur philosophie est claire : tout ce qui ne sert pas la performance est mis de côté. En dehors des éléments indispensables pour l’homologation route (l’éclairage, les rétroviseurs, les clignotants), il n’y a pas de place pour le superflu. Autrement dit, ce sont des machines pensées d’abord comme des outils de pilotage, ensuite comme des motos du quotidien.
Pour le passionné, c’est exactement ce qu’on attend d’une supermoto « moderne ». Pour un primo-accédant, ou un motard qui veut une moto simple et efficace sans se ruiner en pneus et en consommables, cette radicalité peut aussi devenir un avertissement : ces motos sont faites pour attaquer, pas forcément pour faire de la ville et des petites routes tranquilles.
La petite outsider : Suzuki DR-Z4SM, 38 ch et une autre idée du plaisir
Face à ces deux machines affûtées, la Suzuki DR-Z4SM joue une partition totalement différente. La source insiste sur son gabarit « très svelte », son côté « terre à terre » et même un style « légèrement poussiéreux », comme si elle assumait une recette plus simple, plus traditionnelle.
Le chiffre qui pose immédiatement le débat : la Suzuki ne revendique que 38 ch, soit moins de la moitié de la puissance des deux autres supermotos du comparatif. C’est énorme comme écart, et c’est précisément ce qui rend la question centrale légitime : une 400 peut-elle vraiment exister face à deux « 700 » conçues pour la performance pure ?
Pour le motard malin, ce genre de puissance modeste peut aussi être une force. Moins de chevaux, c’est souvent une moto plus facile à exploiter, plus tolérante, et potentiellement moins intimidante quand on débute ou qu’on reprend après une pause. Et en supermoto, où l’on cherche à être propre, précis et régulier, la facilité peut parfois faire gagner plus de temps qu’un moteur explosif qu’on n’ose pas ouvrir.

Test injuste… ou comparo utile pour choisir selon son profil ?
La question est posée frontalement : est-ce un test « injuste » ? Sur un strict duel de puissance, oui, l’écart est massif. Mais l’intérêt d’un comparatif ne se limite pas à désigner un vainqueur absolu. Il sert aussi à éclairer les usages et les profils.
La Ducati Hypermotard 698 Mono RVE et la Husqvarna 701 Supermoto visent clairement le pilote qui veut performer dans le « SuMo habitat », avec une moto qui sacrifie tout ce qui n’améliore pas le chrono. La Suzuki DR-Z4SM, elle, semble parler à ceux qui veulent une supermoto plus simple, plus accessible dans l’approche, et qui acceptent de ne pas jouer dans la même cour en puissance pure.
Dit autrement, ce n’est pas seulement une bataille « 400 contre 700 ». C’est un duel entre deux visions du plaisir : la recherche du temps au tour d’un côté, l’envie de rouler sans pression de l’autre.
La référence qui plane sur le segment : l’esprit des supermotos cultes
Quand on parle de supermoto radicale, beaucoup de passionnés pensent spontanément aux machines qui ont fait la légende du genre, celles qui ont popularisé l’idée d’une moto légère, vive, faite pour freiner tard et ressortir en glisse. C’est exactement cet esprit que revendiquent les deux modèles les plus extrêmes du comparatif, avec une approche « performance d’abord » assumée.
La Suzuki DR-Z4SM, elle, rappelle plutôt l’époque où la supermoto était aussi une porte d’entrée, une moto plaisir, plus simple, plus abordable à l’usage, et moins exigeante pour le pilote. Même si la source ne détaille ni le poids, ni le prix, ni la cylindrée exacte, son positionnement ressort nettement : elle ne cherche pas à rivaliser à armes égales sur la fiche technique, elle cherche à proposer une autre expérience.
Ce que dit vraiment le chiffre des 38 ch
38 ch, c’est un chiffre qui peut faire sourire ceux qui ne jurent que par les grosses accélérations. Mais en supermoto, la puissance n’est qu’un outil. Ce qui compte, c’est la capacité à conserver de la vitesse, à freiner fort, à remettre les gaz tôt, et à rester fluide. Une moto moins puissante peut permettre de rouler plus souvent « à fond », donc de progresser plus vite, avec moins de risques de se faire embarquer par un moteur trop démonstratif.
À l’inverse, les deux supermotos radicales du comparatif s’adressent à ceux qui veulent une réponse moteur et un potentiel de performance élevés, au prix d’une exigence supérieure. Et sur piste, surtout sur karting, cette exigence se paie cash : un excès d’attaque, une remise de gaz trop brutale, et le chrono s’envole.
Pour quel motard, quelle supermoto ?
Ducati Hypermotard 698 Mono RVE et Husqvarna 701 Supermoto
Si votre objectif est clair, rouler sur karting, faire des journées piste, travailler les trajectoires et viser le meilleur temps, ces deux motos apparaissent comme des choix cohérents. La source les décrit comme des outils taillés pour la performance, débarrassés du superflu (hors équipement obligatoire pour la route). C’est l’option « passion dure », avec une vraie logique de chrono.
Suzuki DR-Z4SM
Si vous cherchez une supermoto plus simple, avec une puissance contenue (38 ch), et une approche plus terre à terre, la Suzuki DR-Z4SM incarne l’alternative. Elle ne promet pas d’aller chercher les mêmes chronos que les deux autres, mais elle peut séduire ceux qui veulent apprendre, se faire plaisir à rythme réaliste, ou rouler sans avoir l’impression d’être en permanence sur une machine de course homologuée.
Au final : une 400 a-t-elle une chance ?
La réponse dépend de ce qu’on appelle « une chance ». Si l’on parle de gagner la bataille de la puissance, non, l’écart est trop grand : 38 ch, c’est moins de la moitié de la cavalerie des deux autres. Mais si l’on parle de pertinence, de facilité, de plaisir, et de logique d’achat pour un motard malin, la DR-Z4SM a une carte à jouer, justement parce qu’elle ne cherche pas à imiter la radicalité des deux 700.
Et c’est peut-être là le vrai intérêt de ce comparo : rappeler qu’en supermoto, la meilleure moto n’est pas toujours la plus puissante, mais celle qui correspond à votre terrain de jeu, à votre niveau et à votre envie de rouler souvent.
Sources
