Trail A2 sous les 6 500 euros, les références du segment dans l’embarras, la CFMOTO 450MT s’attaque frontalement aux motos qui dominent depuis des années
Dans la catégorie des petits trails A2, une moto devient vite une référence quand elle coche trois cases: une position de conduite de vraie voyageuse, des roues capables d’aller chercher le chemin, et un tarif qui ne fait pas exploser le budget équipement.
La CFMOTO 450MT arrive précisément sur cette ligne de crête, avec un discours simple: offrir une “vraie” silhouette d’aventure, un bicylindre moderne et des ambitions hors bitume, sans dépasser la barre des 6.500 euros. Face à elle, une rivale connue des permis A2 et des motards malins, la KTM 390 Adventure X, joue une partition très différente. Moins “rallye” dans l’intention, plus généraliste dans l’exécution, elle sert ici d’étalon de mesure. Et c’est là que l’essai devient intéressant: deux trails accessibles, deux philosophies presque opposées, et une question très concrète pour qui cherche une première moto de voyage, ou un trail polyvalent sans se ruiner: laquelle en donne le plus pour l’argent?
Une mini aventure au prix serré, avec une vraie fiche technique trail
La CFMOTO 450MT s’affiche à 6.500 euros ou moins dans le périmètre de l’essai. Sur le papier, elle assume une orientation plus “offroad” que sa concurrente directe du jour. Les roues de 21 pouces à l’avant et 18 pouces à l’arrière installent tout de suite le décor: ce format, typique des trails d’aventure, privilégie la stabilité sur terrain dégradé et la capacité à “lire” les obstacles.
En face, la KTM 390 Adventure X se place encore plus agressivement côté portefeuille, avec un prix annoncé à environ 5.700 euros en Allemagne et environ 6.400 euros en Autriche. Longtemps restée dans l’ombre d’une version plus radicale dans la gamme, cette X revendique un rôle d’outil du quotidien. La comparaison met donc aux prises une CFMOTO qui veut faire “petite grosse” et une KTM qui revendique l’efficacité sans fioritures.

Deux moteurs A2, deux tempéraments: le bicylindre surprend
Le duel des motorisations réserve un scénario moins évident qu’il n’y paraît. La KTM s’appuie sur un monocylindre de 399 cm3 donné pour 44 ch et 39 Nm. La CFMOTO, elle, choisit un bicylindre en ligne de 449 cm3 annoncé à 42 ch et 42 Nm. À la lecture, le monocylindre pourrait laisser imaginer un caractère rempli à bas régime, tandis que le bicylindre semblerait plus linéaire. Sur la route, l’essai décrit l’inverse.
La KTM demande du régime. Sous 5.500 tr/min, la réponse est jugée plutôt sage: même poignée en grand, la montée en vitesse se fait sans empressement. En revanche, une fois dans la partie haute du compte-tours, le monocylindre se réveille, devient plus sportif et donne cette sensation de “vraie” performance typique des meilleures A2. Résultat: pour rouler fort en enchaînements, il faut rester dans le haut du régime, là où la moto devient vive et plaisante. En sortie de virage lent, ou en usage tout-terrain à faible vitesse, cela impose de rester attentif pour garder le moteur dans sa zone d’efficacité.
La CFMOTO 450MT, elle, donne l’impression d’offrir son couple plus tôt. Le ressenti décrit un moteur qui pousse rapidement, qui incite à monter les rapports sans s’acharner à tirer chaque vitesse. Dans cet esprit, le bicylindre semble plus “facile” pour une conduite coulée, et plus reposant quand il s’agit de relancer sans jouer de l’embrayage. Mais l’essai pointe un défaut à ne pas balayer: des réactions à la remise des gaz (à-coups) qui peuvent perturber la trajectoire, surtout en virages serrés quand on freine jusqu’au point de corde puis qu’on réaccélère. Ce n’est pas présenté comme rédhibitoire, plutôt comme un réglage à peaufiner.
Ville: maniabilité A2, présence sonore et aspects pratiques
Dans un trafic dense, l’avantage des trails A2 légers saute aux yeux: gabarits contenus, guidons larges, et facilité à se faufiler. L’essai mené à Barcelone insiste sur une accessibilité commune aux deux motos: elles restent assez étroites, offrent un bon accès au sol et des commandes d’embrayage jugées agréables. La CFMOTO affiche une hauteur de selle de 820 mm, la KTM 825 mm, ce qui les place dans une zone raisonnable pour une grande partie des gabarits.
La KTM marque des points avec un équipement cité comme utile au quotidien: le shifter. Son fonctionnement est décrit comme net et pratique, y compris à bas régime, ce qui colle bien aux contraintes du stop-and-go. La CFMOTO reste plus classique sur ce point, sans être pénalisée par une boîte jugée suffisamment propre.
La CFMOTO prend sa revanche sur un critère très concret pour les trajets et les départs improvisés: le réservoir. Avec 17,5 litres contre 14 litres pour la KTM, elle promet plus d’autonomie à rythme égal. L’essai note toutefois une sensation de centre de gravité plus haut sur la 450MT, avec un avant ressenti comme plus “présent”, ce qui peut la rendre un peu plus délicate si la moto doit être fortement inclinée à l’arrêt.
Autre point qui parle aux motards au quotidien: le son. La CFMOTO est décrite comme étonnamment expressive pour une moto de série, avec un grondement marqué qui lui donne de la présence. Dans la circulation, cela peut même aider à être repéré plus tôt. La KTM, à l’inverse, reste plus discrète, avec les avantages et inconvénients que cela implique en environnement urbain.

Voyager: consommation contenue, confort réel mais pas parfait
Sur route et autoroute, les deux trails se montrent convaincants dans l’essai, notamment côté sobriété. À allure normale, les deux restent sous 4 l/100 km. La KTM tend vers 3 à 3,5 l/100 km, tandis que la CFMOTO peut dépasser plus facilement les 4 l/100 km lorsque le rythme augmente. Dans une logique de “motard malin”, ce point compte: moins consommer, c’est voyager plus loin à budget carburant constant, et profiter d’une moto qui reste économique au quotidien.
Côté suspensions, la CFMOTO est annoncée comme entièrement réglable dans l’essai, alors que la KTM ne l’est pas. Pour autant, la 390 Adventure X surprend par une mise au point jugée équilibrée: elle absorbe correctement plaques d’égout, raccords et revêtements dégradés sans se désunir quand l’angle augmente. La CFMOTO apparaît un peu plus souple, ce qui joue en sa faveur sur le confort, notamment via une selle ressentie comme plus accueillante. La selle de la KTM est décrite comme se tassant plus vite, même si la plus longue portion de roulage mentionnée dans l’essai ne dépassait pas environ une heure.
Protection au vent et ergonomie: attention aux très grands gabarits
La 450MT se distingue par une face avant plus haute, un pare-brise réglable et le plus grand réservoir, trois éléments qui la rendent, selon l’essai, plus adaptée aux longues journées. L’ergonomie assise est jugée bonne sur les deux motos, avec une réserve spécifique pour la CFMOTO: à 1,85 m, les genoux passent juste devant une arête, et au-delà de 1,90 m cela pourrait devenir gênant.
La protection aérodynamique, en revanche, n’est pas le point fort de ce match. À 1,85 m, le flux d’air arrive environ au niveau du nez, avec des turbulences bruyantes au casque. Les pilotes autour de 1,75 m devraient être moins exposés, tandis que les plus grands risquent d’envisager une bulle différente.

Esprit aventure: la 450MT veut jouer dans la cour des “vrais” trails
Ce qui ressort de l’essai, c’est la cohérence de la proposition CFMOTO: roues de 21 et 18 pouces, allure de voyageuse, et moteur bicylindre qui privilégie la disponibilité plutôt que la course à l’allonge. Ajoutons un tarif placé sous 6.500 euros, et l’on comprend pourquoi elle attire les primo-accédants A2 qui rêvent d’une moto “à la Ténéré” dans l’esprit, c’est-à-dire une machine qui donne envie de quitter l’asphalte, sans forcément viser la performance pure.
En face, la KTM 390 Adventure X joue une autre carte: celle d’une polyvalence efficace, avec un moteur qui récompense une conduite plus engagée dans les tours et un shifter qui facilite la vie en ville. Elle apparaît comme une option rationnelle et vive, tandis que la CFMOTO séduit par son côté plus “grande” de silhouette, son réservoir de 17,5 litres et son confort perçu un cran au-dessus.
Au final, la CFMOTO 450MT ne se contente pas d’être une alternative low-cost. L’essai la décrit comme une proposition avec du caractère, une vraie présence, et une orientation aventure assumée. Son principal axe de progrès identifié reste la douceur de la réponse à la remise des gaz en courbe. Pour le reste, elle coche beaucoup de cases attendues par un motard A2 qui veut une moto unique, capable d’aller au boulot, de partir en week-end et de s’autoriser un détour par les chemins.
Sources
