Viñales ne pardonne rien à KTM et accuse ouvertement le constructeur de mettre sa carrière MotoGP en péril, la crise éclate au grand jour
Maverick Viñales ne décolère pas. À Assen, l’Espagnol a publiquement mis KTM face à ses responsabilités, estimant que son avenir en MotoGP est en train de lui échapper… sans qu’on lui donne la moindre explication claire.
Le pilote parle de promesses non tenues, d’un test crucial auquel il n’a pas été convié, et d’une situation contractuelle qui l’empêche de se retourner à temps. Résultat, Viñales lâche une phrase lourde de sens: si l’an prochain il n’est plus en MotoGP, ce sera, selon lui, à cause de KTM.
Un test 850 cm3 qui met le feu aux poudres
Le point de rupture, Viñales le situe autour des essais des futures MotoGP de 850 cm3. Selon ses propos, KTM ne l’a pas appelé pour participer à ce test, et surtout, n’a fourni aucune explication. Pour un pilote qui cherche à sécuriser sa place dans le projet, être tenu à l’écart d’une étape aussi symbolique et technique est vécu comme un signal très négatif.
Viñales explique qu’il voulait être présent, et qu’il se voyait comme l’un des rares pilotes encore “en place” pouvant justement prendre le guidon de cette nouvelle moto. Or, non seulement il n’a pas roulé, mais il n’a pas non plus été informé de ce que cela signifiait pour son futur. Il résume la situation avec une formule qui en dit long: on ne lui dit rien, mais il peut l’“intuire”.

« Si l’an prochain je ne suis pas dans le mondial, ce sera la faute de KTM »
À Assen, Viñales ne s’est pas caché. Il affirme que le plan initial de KTM était de l’installer dans l’équipe officielle la saison prochaine. Sauf que, dans les faits, la marque a choisi une autre direction. Viñales assure que KTM a finalement décidé de recruter Álex Márquez et Fabio Di Giannantonio à sa place. Pour l’Espagnol, c’est le symbole d’un discours qui ne colle plus aux actes.
Dans ce contexte, il prononce cette phrase sans détour: « Si l’an prochain je ne suis pas dans le mondial, ce sera par la faute de KTM ». Le message est double. D’un côté, il se dit victime d’une gestion interne qui l’a laissé sans visibilité. De l’autre, il met la pression publiquement sur son employeur, en exposant ce qu’il considère comme un manquement.
Tech3, option de repli… et concurrence qui s’intensifie
Le dossier ne se limite pas à l’équipe officielle. Viñales explique que KTM réfléchirait même à le laisser en dehors du team satellite, en raison d’une opportunité qui serait apparue: Luca Marini. La place qui pouvait servir de solution de repli devient donc elle aussi incertaine.
Le plan de KTM, tel que rapporté par Viñales, serait d’aligner un pilote expérimenté et un jeune chez Tech3 la saison prochaine. Viñales n’est pas encore officiellement écarté, mais il n’est plus seul sur la ligne de départ. L’Espagnol se retrouve en concurrence, alors même qu’il dit ne recevoir aucune clarification sur son propre statut.
Une clause qui bloque Viñales jusqu’en juillet
Le problème, pour Viñales, n’est pas seulement sportif. Il est aussi contractuel. Il explique qu’il existe une clause unilatérale du côté de KTM, qui l’empêche de rejoindre une autre équipe avant juillet. Autrement dit, même s’il voulait sécuriser ailleurs un guidon en MotoGP, il ne pourrait pas agir immédiatement.
Et c’est là que son ressentiment grimpe d’un cran. Viñales raconte qu’en lui promettant une place dans l’équipe officielle, KTM l’aurait amené à relâcher sa vigilance sur le marché des transferts. Selon lui, quand il a compris qu’il avait été “trompé” et qu’il a voulu chercher une autre option, il n’y avait déjà plus de places disponibles en MotoGP.
Dans un paddock où tout se joue très tôt, cette impression d’avoir été maintenu dans l’attente peut coûter très cher. Viñales le dit clairement: il aurait pu “se débrouiller en hiver”, mais pas maintenant.
« On me demande des résultats alors que je suis blessé »
Au-delà du management et des contrats, Viñales met aussi en avant un élément humain et sportif: sa blessure. Il affirme que l’équipe lui demande des résultats immédiatement, alors qu’il n’est pas en état de donner son maximum. Il se projette toutefois à court terme, en estimant qu’il pourra retrouver son meilleur niveau dans environ deux mois.
Ce passage est révélateur de la spirale dans laquelle il se sent enfermé. D’un côté, il doit performer pour rester une option crédible. De l’autre, il explique ne pas être en pleine possession de ses moyens, tout en voyant son avenir se jouer maintenant, sans calendrier qui lui laisse le temps de revenir à 100%.
Binder, Marini… et une place qui se rétrécit
Dans le jeu des chaises musicales évoqué autour de KTM, Viñales précise qu’au départ, la décision semblait devoir se faire entre Brad Binder et lui. Mais la situation aurait évolué: Binder serait désormais écarté de l’équation et chercherait une opportunité en Superbike. À l’inverse, la concurrence se déplacerait vers Luca Marini, présenté comme un autre candidat à une place de titulaire en MotoGP.
Conséquence directe, Viñales ne se bat plus seulement contre l’incertitude, il se bat aussi contre le temps et contre des profils alternatifs. Et comme il le rappelle, son contrat et ses clauses limitent sa capacité à provoquer lui-même une solution ailleurs.
Pas de Superbike: Viñales pose une ligne rouge
Sur un point, Viñales se montre catégorique: il ne courra pas en Superbike. Il le dit sans détour, si KTM ne le renouvelle pas, sa carrière de pilote moto s’arrêtera. C’est une déclaration forte, qui donne la mesure de l’impasse qu’il ressent et du niveau de tension atteint.
Cette position ferme enlève aussi une variable du débat. Il ne s’agit pas, pour lui, de “rebondir” dans une autre discipline. Il s’agit de rester en MotoGP, ou de quitter la compétition.
Un message public, une situation encore non clarifiée
Malgré la dureté des mots, Viñales précise qu’on ne lui a pas confirmé officiellement qu’il était hors du projet. Mais l’enchaînement des signaux, à commencer par l’absence au test 850 cm3 et le silence sur son futur, l’amène à penser que la décision est déjà prise en coulisses.
En choisissant de s’exprimer ainsi, Viñales transforme un malaise interne en affaire publique. C’est aussi une manière de forcer le dialogue, ou au minimum d’obtenir une réponse. À ce stade, son discours est celui d’un pilote qui se sent mis de côté, et qui refuse d’endosser la responsabilité d’un scénario qu’il attribue directement à KTM.
Reste une question, qui plane sur ses déclarations: KTM va-t-il clarifier rapidement la situation, ou laisser l’un de ses pilotes les plus expérimentés dans l’incertitude jusqu’au point de non-retour ?
Sources
- www.motorsportweek.com
- www.motorsport.com
