Honda devient la première entreprise au monde à obtenir cette note de sécurité
Honda est devenue la première entreprise au monde à recevoir la note maximale de cinq étoiles dans l’Indice de Sécurité Routière établi par la Fédération Internationale de l’Automobile, distinction remise à l’autodrome de Monza, lors du Grand Prix d’Italie de Formule 1 en septembre 2026.
Ce jalon symbolique illustre la montée en puissance d’une stratégie de sécurité qui vise explicitement les deux-roues autant que les automobiles.
Ce que mesure l’Indice de Sécurité Routière de la FIA
L’Indice ne se contente pas d’évaluer la technologie embarquée dans les véhicules. Il analyse la façon dont une entreprise planifie, exécute, contrôle et améliore ses politiques de sécurité, ainsi que sa capacité à mesurer des résultats réels et à en tirer des conséquences. La FIA a retenu la méthode de Honda, un cycle de planification, d’exécution, de contrôle puis de correction, le déploiement mondial de ses technologies de sécurité et la publication proactive de ses données d’accidentologie comme éléments déterminants pour l’attribution des cinq étoiles.
La cylindrée et la puissance sont plafonnées sur un 125, la vitesse ne l’est pas
Trois étoiles au premier passage, cinq au second
Lors de la première évaluation, Honda disposait d’une notation à trois étoiles. Depuis, le mode d’évaluation a évolué et le périmètre audité également. Contrairement à la première fois où seules les opérations japonaises avaient été examinées, l’examen qui a conduit à la note maximale a porté sur 17 pays représentant plus de 90 pour cent des ventes mondiales de motos et d’automobiles de la marque. Cette extension du périmètre a permis d’apprécier la cohérence et la mise en œuvre globale des politiques de sécurité à l’échelle internationale.
Deux dates, deux promesses chiffrées
Honda inscrit ces avancées dans son programme « Safety for Everyone ». Deux objectifs chiffrés structurent la trajectoire annoncée: réduire de 50 pour cent, d’ici 2030, le nombre de morts dans des accidents impliquant une moto ou une automobile Honda, rapporté à 10 000 unités vendues, par rapport à une base de référence de 2020; atteindre zéro victime mortelle dans le monde dans des accidents impliquant une moto ou une automobile Honda à l’horizon 2050. La portée de ces objectifs inclut explicitement les motos, un point essentiel compte tenu du poids des deux-roues dans le portefeuille du constructeur.
Un contexte qui rappelle l’urgence
Ces ambitions interviennent dans un contexte routier lourd: plus d’un million de personnes meurent chaque année dans des accidents de la route dans le monde. Les progrès technologiques et les systèmes d’assistance, y compris ceux que Honda développe pour faire lire la route à une intelligence artificielle comme le ferait un humain, n’ont pas permis jusqu’ici d’inverser assez vite cette tendance. L’Indice de la FIA cherche à pousser les entreprises à formaliser et à rendre compte de politiques de sécurité opérationnelles, au-delà des seuls éléments techniques embarqués.
Pourquoi la formule 2030 mérite d’être lue de près
Le jalon de 2030 est mesurable, mais sa formulation exige une lecture attentive. L’objectif porte sur la réduction du nombre de morts par 10 000 unités vendues, et non sur une baisse absolue du nombre de victimes. Cela signifie qu’une amélioration du ratio peut coexister avec une hausse du nombre total de véhicules vendus. Autrement dit, une entreprise qui augmente fortement ses ventes peut améliorer son indicateur par unité sans nécessairement réduire le nombre total de morts. La trajectoire vers zéro en 2050 devra donc être appréciée au fil des années, sur la base des données publiées et de l’évolution conjointe des ventes et des résultats de sécurité.
Ce que la distinction change pour les motos
Le fait que la reconnaissance vise également les deux-roues est notable. Honda est un fabricant pour lequel les motos représentent une part significative des volumes et des usages. Intégrer explicitement les motos dans les objectifs de réduction des victimes implique de traiter des risques que les motards connaissent bien, à commencer par ceux de la route de campagne, où 45 % d’entre eux disent avoir frôlé l’accident sans qu’une voiture soit en cause, à la diversité des marchés couverts et aux conditions de circulation variables selon les pays. La portée géographique de l’audit, couvrant 17 pays et plus de 90 pour cent des ventes, donne une assise aux engagements, mais aussi une complexité supplémentaire pour atteindre des résultats uniformes.
Ce qui sera réellement vérifiable
Un objectif à vingt-quatre ans d’échéance ne se contrôle pas, il se suit. Le seul jalon opposable est celui de 2030, et il se lira dans les données d’accidentologie que Honda publie de son propre chef, année après année, marché par marché. C’est d’ailleurs cette publication volontaire que la FIA a récompensée, autant que les objectifs eux-mêmes.
Pour un motard, l’information utile n’est donc pas l’étoile. C’est qu’un constructeur qui vend surtout des deux-roues accepte d’être mesuré sur le nombre de personnes qui meurent sur ses machines, et de rendre ce chiffre public. Peu de marques le font.
Sources :
