Honda rappelle des motos pour une pièce que personne ne surveille
Une vis de blocage du guidon, aussi désignée comme vis de verrouillage de la direction, est à l’origine d’un rappel Honda désormais relayé en Europe.
Le défaut identifié tient à un serrage insuffisant en usine et à l’absence ou l’insuffisance de frein-filet sur la vis. Avec le temps et les vibrations, la vis peut se desserrer, se détacher et venir se coincer entre le cadre et la colonne de direction, gênant le braquage. Le risque annoncé est une perte de contrôle pouvant entraîner une chute, la pièce détachée pouvant en outre mettre en danger d’autres usagers.
Le défaut technique expliqué simplement
Le problème concerne une seule pièce, la vis qui maintient le dispositif de blocage du guidon. Sur certains véhicules, cette vis n’aurait pas été serrée au couple requis et n’aurait pas reçu suffisamment de produit frein-filet lors de l’assemblage. En condition d’usage normale, notamment sous l’effet des vibrations du moteur et des sollicitations routières, la vis peut se desserrer puis se détacher. Une fois libre, la pièce détachée peut se loger entre le cadre et la colonne de direction, entravant le mouvement du guidon et augmentant ainsi le risque de perte de maîtrise de la moto.
Rappel relayé par la FEMA pour des modèles et périodes de production précises
La Fédération des motards européens, la FEMA, a relayé l’alerte dans son suivi des rappels (semaine 24 de 2026). Les modèles cités sont les Honda CL250A, CL250A3, CL500A, CMX500A et CMX500A2, produits entre le 1er décembre 2022 et le 31 mars 2025. La CMX500 est commercialisée sous le nom Rebel 500, la CL500 figure comme la scrambler de la gamme. Aucun chiffre d’exemplaires concernés en Europe n’a été publié.
Le volet nord-américain: deux campagnes aux Etats-Unis
Sur le marché des Etats-Unis, Honda avait engagé une première campagne en mars 2026 concernant 19 406 motos des millésimes 2023 à 2025, modèles CMX300, CMX500 et CL500, enregistrée sous la référence 26V146. Quelques mois plus tard, le constructeur a déposé une nouvelle campagne auprès de l’agence fédérale américaine de sécurité routière, la NHTSA, le 30 juillet 2026, sous la référence 26V500. Cette seconde campagne porte sur 43 913 machines, soit près de 44 000 unités, plus du double du premier rappel. Les numéros de série concernés sont consultables auprès de l’agence depuis le 4 août 2026.
Le rappel au Canada et la réparation proposée
Le Canada a lui aussi publié un rappel visant les CMX300, CMX500 et CL500 des millésimes 2023 à 2025. La réparation annoncée consiste à remplacer la vis de blocage du guidon et à appliquer un frein-filet adapté, opération réalisée sans frais pour le propriétaire. Selon les informations rendues publiques, le remède définitif n’était pas attendu avant l’hiver 2026.
Enjeu pour le motard: vigilance et vérification
Ce rappel illustre combien une pièce de faible apparence, rarement contrôlée par le pilote, peut générer un risque majeur. Pour les propriétaires de CL et de CMX concernés, la procédure prudente consiste à vérifier le millésime et la date de production de la machine, puis à se rapprocher du concessionnaire ou de l’importateur afin de savoir si le numéro de série (VIN) figure parmi ceux rappelés. Il n’existe aucune disposition publique indiquant qu’une immobilisation, une interdiction de circulation ou une perte de garantie surviennent automatiquement du fait d’un rappel.
Pourquoi l’alerte n’est pas restée américaine
Les machines concernées sortent de chaînes qui alimentent plusieurs marchés, ce qui explique que des références européennes figurent elles aussi dans les listes. En Europe, l’information circule par le système d’alerte rapide destiné aux produits de consommation, dont la fédération motarde relaie le contenu auprès des usagers. L’objectif reste le même partout : permettre au propriétaire de contrôler son numéro de série, puis faire réaliser l’intervention sans frais dans le réseau officiel.
Ce que le propriétaire doit faire en pratique
Privilégier la prudence: vérifier la conformité du millésime et de la période de production, contrôler le VIN auprès du concessionnaire ou de l’importateur, et programmer la visite en atelier si la machine apparaît dans les listes de rappel. Les concessionnaires procèderont au remplacement de la vis et à l’application du frein-filet sans facturation. Il est déconseillé de tenter un bricolage improvisé de la vis de blocage, le montage correct et l’application du frein-filet relevant d’un protocole constructeur.
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Ce que ce dossier dit de la vigilance ordinaire
Un défaut logé dans une vis de guidon en dit long sur la finesse des contrôles de production, et sur l’intérêt qu’a le motard à suivre les campagnes publiées. Même quand aucune statistique d’accident, de blessure ou de plainte n’est publiée, la démarche d’information et de réparation gratuite est conçue pour limiter le risque et protéger les usagers. Rester attentif à ces communications, et agir en concertation avec le réseau officiel, demeure la meilleure réponse pour réduire l’exposition au danger.
Sources :
Image à la une : une Honda Rebel 500, commercialisée sous la référence CMX500. Photo : Chris Woodrich, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (recadrée, plaque floutée).
