La Triumph Trident 800 (115 ch, 198 kg) coiffe la Ducati Monster+ (111 ch, 186 kg) dans les Alpes grâce à 4,4 L/100 contre 5
Dans la famille des mid-naked, la Ducati Monster fait figure de star installée, un peu comme une référence du segment pour qui cherche une moto simple, valorisante et sportive sans basculer dans l’excès.
Mais en 2026, une rivale arrive avec une recette très britannique: la Triumph Trident 800. Direction les Dolomites, en enchaînement de cols, pour un duel qui se joue sur des critères très concrets: moteur, freinage, précision de conduite, stabilité sur revêtement imparfait, consommation, et même la réalité du quotidien (passager, bagages).
Deux philosophies, deux chiffres qui parlent: 186 kg contre 198 kg, ~5 L/100 contre 4,4 L/100
Sur la fiche technique, la Ducati Monster+ s’appuie sur un bicylindre en V de 890 cm3 donné pour 111 ch. L’ensemble se distingue surtout par un poids annoncé à 186 kg avec le réservoir de 14 litres plein, un argument fort en montagne où chaque kilo compte au moment de plonger dans une épingle.
En face, la Triumph Trident 800 joue la carte du trois-cylindres en ligne, une architecture emblématique de la marque, avec 115 ch. Elle affiche 198 kg tous pleins faits. L’écart de poids est net, mais le test alpin montre que la réalité dynamique ne se résume pas à la balance. Autre donnée déterminante pour les motards pragmatiques, notamment les primo-accédants qui surveillent le budget carburant: la Triumph revendique 4,4 L/100 km sur ce parcours, quand la Ducati se situe proche de la barre des 5 L/100 km.
Moteurs: le V2 « rock » de la Monster+ face au triple « velours » de la Trident 800
Sur route de col, le moteur dicte le rythme. La Triumph Trident 800 se signale par un comportement très souple: le trois-cylindres répond avec une onctuosité marquée et une poussée jugée convaincante à bas, moyen et haut régime. Dans les enchaînements serrés, cette disponibilité réduit l’importance du choix du rapport, et limite le besoin de recourir à l’embrayage, sauf dans les épingles les plus lentes ou lorsque le régime tombe vraiment très bas.
La Ducati Monster+ propose un caractère plus brut, plus démonstratif. Son V2 privilégie la sensation et le tempérament, avec une mécanique qui « veut jouer » en permanence. Dans le trafic d’épingles, cela impose davantage de rigueur: sans le bon rapport, la transmission réagit, la chaîne se tend, et le fonctionnement paraît moins rond. Le test relève qu’un usage fin du frein arrière, pour garder une légère tension de chaîne, aide à retrouver de la fluidité. Résultat: la Ducati charme par son caractère, mais la Triumph s’impose comme la plus naturellement efficace et douce dans l’exercice typique des cols serrés.

Châssis et comportement: la Ducati fait briller la légèreté, la Triumph gagne en sérénité
Avec 186 kg tous pleins faits, la Monster+ a un atout évident: elle plonge en courbe avec un entrain qui ravit les amateurs d’angle. Son agilité donne l’impression d’un « briquet » dans le sinueux, et son entrée en virage très vive transforme chaque lacet en terrain de jeu. Sur un revêtement propre, elle se montre précise et très plaisante.
Mais le relief alpin ne se résume pas à un billard. Dès que l’asphalte se dégrade, avec des raccords, des bandes de bitume ou de petites irrégularités, la Ducati renvoie davantage d’informations et d’impulsions dans la partie-cycle. Le test note une légère agitation qui demande au pilote de corriger, donc de travailler plus sur le guidon pour conserver la trajectoire parfaite.
La Triumph Trident 800, malgré ses 198 kg tous pleins faits, se montre plus imperturbable sur ces mêmes zones. Là où la Monster réagit, la Trident « roule dessus » avec plus de calme. Au final, sur les critères d’aisance, de précision et de stabilité dans un roulage rapide de col à col, la Triumph prend l’avantage, ce qui peut compter pour un motard qui monte en gamme, ou pour un usage quotidien où les routes imparfaites sont la norme.
Freinage et ABS: avantage Ducati, mais deux approches
Dans ce duel, la Ducati Monster+ marque des points au freinage. L’équipement Brembo et la présence de différents modes pour l’ABS en courbe contribuent à des distances d’arrêt jugées courtes, y compris en descente prononcée. Le test souligne aussi une bonne dosabilité, un critère clé quand les virages s’enchaînent et que la pente oblige à freiner tard, parfois avec du poids sur l’arrière.
La Ducati n’échappe pas aux lois de la physique: le transfert de masse vers l’avant se fait sentir, et l’ABS doit travailler pour éviter que le pneu arrière ne se déleste trop. Côté Triumph, l’ABS assisté par centrale inertielle (IMU) apparaît un peu moins fin dans le même scénario: la roue arrière a tendance à danser légèrement sur l’asphalte, et la performance globale se situe juste en dessous de celle de la Monster+.

Vie à bord: pas des mulets, plutôt des sportives de col
Les deux mid-naked partagent une limite importante pour qui pense voyage: l’absence de protection au vent, logique sur ce type de motos, et surtout une approche peu tournée vers le duo et la bagagerie. Le test insiste sur un point: même si la charge utile est annoncée comme généreuse, le confort et l’accueil de la place passager ne permettent pas de parler de vraies machines à partir loin à deux avec des valises. L’idée qui ressort est claire: pour ce programme, mieux vaut laisser passager et bagages à la maison, et se contenter d’un strict minimum.
La Ducati Monster+ est décrite comme n’ayant « pas de cœur » pour le transport, ce qui résume bien sa philosophie. Elle se rattrape par une présentation soignée en version « + », avec des détails d’équipement comme une couverture de selle passager et une petite tête de fourche de cockpit, qui renforcent son côté objet désir.
Consommation: la Trident 800 place la barre à 4,4 L/100 km
Sur l’épreuve alpine, les deux motos se montrent raisonnables à la pompe, mais pas au même niveau. La Ducati Monster+ tourne proche des 5 L/100 km, tandis que la Triumph Trident 800 descend à 4,4 L/100 km. Dans une catégorie où l’on cherche souvent une moto « unique », capable d’aller travailler la semaine et d’attaquer les cols le week-end, cet écart peut peser dans la décision, surtout pour les profils rationnels ou les nouveaux venus qui comptent leurs dépenses.
Verdict: la Triumph Trident 800 coiffe la Monster+ au poteau
La Ducati Monster+ conserve des arguments de passion: un V2 de 890 cm3 au caractère affirmé, 111 ch, un poids de 186 kg tous pleins faits avec 14 litres, une agilité réjouissante et un freinage très solide. En contrepartie, elle demande plus d’attention dans les épingles pour rester parfaitement fluide, et elle se montre plus sensible aux défauts de la route.
La Triumph Trident 800, avec son trois-cylindres de 115 ch, propose une réponse plus lisse, une précision et une stabilité supérieures sur revêtement imparfait, et une consommation mesurée à 4,4 L/100 km malgré 198 kg tous pleins faits. Son point faible relatif concerne un ABS jugé moins fin que celui de la Ducati dans les freinages appuyés en descente. Mais sur l’ensemble du parcours, la synthèse entre raison et plaisir lui permet de s’imposer de justesse, au terme du test alpin, face à une Monster+ pourtant redoutable sur le papier et terriblement attachante sur les beaux rubans d’asphalte.
Sources :
- Motorrad
- www.1000ps.com
