La Yamaha VMAX écrase la Ducati Diavel sur le papier, la route raconte une tout autre histoire
Deux icones du muscle bike, deux caractères opposés.
D’un côté la Yamaha VMAX 1679 cm3, annoncée comme la brute absolue de la catégorie, capable d’un coup d’accélérateur qui rappelle les hypersportives les plus vigoureuses. De l’autre la Ducati Diavel 1262 cm3, motorisation Testastretta, plus compacte et plus légère, conçue pour offrir des sensations musclées sans sacrifier l’agilité. Ce duel oppose la poussée linéaire et la présence scénique de la japonaise à la précision et à la polyvalence de l’italienne.
Des chiffres qui racontent déjà l’affrontement
Sur le papier, l’écart saute aux yeux: la VMAX embarque un V4 de 1 679 cm3 et délivre environ 200 ch, la Diavel s’appuie sur un bicylindre en L Testastretta de 1 262 cm3 pour 159 ch. Les poids annoncés renforcent la dichotomie: la VMAX pèse environ 310 kg, la Diavel environ 245 kg. Ces trois chiffres, cylindrée, puissance et masse, cristallisent les différences de philosophie: couple et massivité d’un côté, compacité et maniabilité de l’autre.
Architecture moteur et transmission: deux écoles
La Diavel conserve l’âme Ducati avec un Testastretta doté d’une distribution à quatre soupapes par cylindre et d’un système desmodromique, refroidissement liquide et gestion Ride-by-Wire. La Ducati propose aussi une frizione antisaltellamento, utile pour les rétrogradages appuyés, et des cartes moteur modulables, dont une mappature « Urban » adoucie. Sur la VMAX, le V4 de grosse cylindrée privilégie la poussée et la linéarité, reprenant des solutions de sportives (cornetti à longueur variable) pour un rendement massif à tous régimes. La Yamaha mise sur la simplicité mécanique pour transmettre sa force: arbre de transmission en sortie de boîte, adéquat pour dompter de forts couples et limiter l’entretien.

Cadre, trains roulants et freinage: duel de composants
La Diavel affiche un châssis en treillis d’acier complété par des plaques d’aluminium, une géométrie marquée (angle de colonne de 28° et avancée conséquente) et un train arrière monobraccio. Elle reçoit une fourche Marzocchi entièrement réglable, des étriers radiaux monobloc sur disques de 320 mm et, fait remarquable, un pneu arrière 240/45-17 développé en bimatière par Pirelli. L’ensemble vise la stabilité et la précision en courbe.
La VMAX, elle, repose sur un cadre en aluminium « à diamant » et met l’accent sur la robustesse: fourche aux éléments de 52 mm traités, mono arrière entièrement réglable, étriers radiaux à six pistons empruntés à la R1 et disques de 320 mm. La roue arrière reçoit un 200/50-18″ destiné à encaisser la cavalerie. Le tout confirme une vocation: canaliser une énergie considérable vers la roue arrière, tout en offrant un freinage puissant pour des masses élevées.
Électronique et aides à la conduite: maîtrise vs instinct
La Diavel se distingue par une électronique sophistiquée: gestion des modes moteur, contrôle de traction performant et ABS, autant d’outils qui rendent la forte puissance plus exploitable sur sol changeant et lors d’attaques appuyées. Cette assistance permet de contenir les surprises lors des reprises et des sorties de courbe.
La VMAX, selon les informations disponibles, laisse davantage la gestion au pilote. L’absence d’une palette aussi complète d’aides électroniques renforce l’exigence: il faut du « poignet » pour exploiter ses capacités, notamment sur sol glissant ou dans les freinages vifs. Pour beaucoup, c’est précisément ce côté « pur » qui définit le caractère de la japonaise.

Comportement routier: qui règne sur le droit, qui règne sur la courbe
Sur les tronçons rapides et les grands rectangles d’autoroute, la VMAX s’impose: position de conduite type cruiser, dosseret pour verrouiller le pilote, et surtout une accélération qui transforme chaque ligne droite en spectacle. L’ergonomie et le couple permettent de maintenir un rythme élevé sans contraintes. En revanche, cette masse et cette géométrie pénalisent l’agilité; la VMAX n’est pas à son avantage dans le sinueux serré.
La Diavel révèle son atout sur routes sinueuses. Plus légère, plus vive à l’entrée de courbe, elle surprend par sa capacité à « descendre en angle » avec précision, digne d’une naked racée. Dans les sections mixtes, la Ducati se montre plus polyvalente: la mappature Urban adoucit les réactions et le contrôle de traction rassure lors des relances, rendant la moto plaisante même en usage quotidien exigeant.
Confort et usage au quotidien: différences notables
En ville, la Diavel surprend par sa maniabilité malgré des dimensions imposantes: le poids se fait sentir surtout à l’arrêt et lors des manœuvres lentes, mais le moteur se montre docile quand il est bridé par une cartographie apaisée. En revanche, à haute vitesse, le grand guidon et l’absence de protection aérodynamique fatiguent rapidement le pilote et le passager.
La VMAX, malgré sa taille, se révèle plus reposante sur autoroute grâce à une position plus typée cruiser et un appui dorsal qui retient le pilote. L’absence de protection reste un reproche, compensable par le recours à l’accessoirisation officielle (bulle, sacoches). Dans le trafic urbain, la longueur et le poids compliquent les déplacements et les démarrages en cône.

Image, sensations et usage: deux façons d’exprimer la puissance
La VMAX joue la carte du spectaculaire: présence visuelle, tir instantané et sensations de poussée qui marquent la mémoire. Elle s’adresse au pilote cherchant le frisson de l’accélération pure, prêt à composer avec une mise en main plus sévère. La Diavel préfère la séduction discrète mais efficace: finitions soignées, comportement routier affûté et une électronique qui transforme la puissance en outil de pilotage utilisable dans des contextes variés.
Ce que chaque moto apporte au motard malin
La VMAX représente la figure du muscle bike dans sa version la plus brute, un engin pour qui veut dominer les lignes droites et afficher une présence sans équivoque. La Diavel donne une autre lecture du muscle bike: puissance réelle, mais convertie en agilité et en précision, adaptée aux routes sinueuses et à un usage plus polyvalent. Les deux incarnent des philosophies contraires, chacune revendiquant une forme de plaisir motocycliste.
Au final, la confrontation entre la Yamaha VMAX 1679 cm3 (≈200 ch, ≈310 kg) et la Ducati Diavel 1262 cm3 (159 ch, ≈245 kg) illustre le grand écart du segment: d’un côté la force brute et la théâtralité, de l’autre la maîtrise et l’efficacité. Deux visages du muscle bike qui continuent d’allumer la passion, sur la route comme à l’arrêt.
Sources :
- InSella
- motofomo.com
