Les motards en groupe perdent l’accès à plus de 70 cols du Tyrol du Sud au-dessus de 1.600 m, une interdiction qui rebat les cartes des sorties en altitude
Le Tyrol du Sud, région italienne ultra fréquentée par les motards pour ses cols alpins, vient de durcir nettement le ton.
D’après Motorradonline (Allemagne), un arrêté daté du 19 juin 2026 interdit désormais les « événements de sport motorisé organisés » dans les zones protégées et sur les routes de cols situées à plus de 1.600 mètres d’altitude. La mesure s’applique immédiatement, avec une exception: les événements déjà autorisés avant l’entrée en vigueur.
Un arrêté qui vise les cols au-dessus de 1.600 mètres, et pas seulement les rallyes
Sur le papier, l’interdiction ne se limite pas aux épreuves chronométrées ou aux rallyes d’anciennes. Motorradonline explique que le texte sud-tyrolien vise bien plus large: il englobe toutes les manifestations présentant « un cadre organisationnel identifiable ». Cela inclut, selon la même source, les sorties de clubs et les tours guidés.
Le point central, et le plus sensible pour les motards, tient à la manière dont est définie une « sortie organisée ». La formulation est décrite comme volontairement vague, et donc potentiellement très extensive. Motorradonline souligne qu’un simple point de rendez-vous fixé à l’avance peut suffire à faire entrer une balade dans la catégorie des sorties interdites. Autrement dit, ce qui ressemblait hier à une sortie conviviale peut être requalifié en événement soumis à interdiction.
Plus de 70 routes alpines concernées, avec une possibilité d’extension
La mesure ne se limite pas à quelques axes emblématiques. Selon Motorradonline, elle couvre plus de 70 routes alpines, et le dispositif peut être étendu. Pour les motards français, l’enjeu est concret: le Tyrol du Sud fait partie des destinations classiques des road trips dans les Alpes, notamment pour enchaîner les cols et les routes d’altitude.
Le choix du seuil de 1.600 mètres d’altitude est déterminant, car il correspond précisément à l’univers des routes de montagne recherchées pour leurs panoramas et leurs enchaînements. Dans les faits, l’arrêté vise donc le cœur du terrain de jeu touristique, celui où se concentrent les itinéraires « carte postale » et les sorties encadrées.

Tous les véhicules sont visés, quel que soit le mode de propulsion
Autre élément clé rapporté par Motorradonline: l’interdiction concerne tous les véhicules, indépendamment de leur motorisation. La mesure ne cible donc pas uniquement les motos thermiques, ni un type particulier d’usage. Elle s’applique à l’ensemble des véhicules impliqués dans des événements de sport motorisé organisés, dès lors que les critères du texte sont remplis.
Ce point est important car il place la règle sur le terrain de l’organisation et de l’occupation de la voirie, plus que sur celui des émissions ou du bruit. Sur le plan pratique, cela signifie qu’un groupe encadré, un rassemblement ou une sortie structurée peut être concerné, même si les véhicules sont récents ou utilisent une autre énergie.
Application immédiate: seules les autorisations déjà délivrées échappent à la règle
La temporalité est, elle aussi, un signal fort. Motorradonline indique que les nouvelles règles s’appliquent immédiatement. Seule exception: les événements déjà approuvés. Pour les organisateurs, clubs et encadrants, cela implique une adaptation sans délai, avec un risque évident d’annulations ou de refonte des formats.
Pour les visiteurs, la conséquence peut être moins visible au quotidien, mais elle touche un pan entier de la pratique: les sorties planifiées en groupe, les rendez-vous publics, les tours guidés et certains rassemblements. Et comme la définition est large, le doute peut s’installer sur ce qui est toléré ou non, en particulier lorsqu’un itinéraire, un point de départ et un encadrement sont annoncés.
Pourquoi cette mesure change la donne pour les motards
Le Tyrol du Sud est connu pour ses routes de montagne et son attractivité touristique. Dans ce contexte, l’interdiction des sorties organisées sur les cols au-dessus de 1.600 mètres, sur plus de 70 routes, marque une inflexion nette: la région ne s’attaque pas à la circulation individuelle, mais à la dimension collective, structurée et répétitive que peuvent représenter certains événements.
Le problème, tel que le présente Motorradonline, réside dans l’ampleur potentielle du texte. En qualifiant d’« organisé » tout ce qui présente un cadre reconnaissable, l’arrêté peut toucher des formats très variés, depuis la randonnée guidée jusqu’à la sortie club annoncée à l’avance. Et si « un point de rendez-vous fixé » suffit à caractériser l’organisation, de nombreuses balades pourraient se retrouver, en théorie, dans le champ de l’interdiction.
Ce que les motards français doivent retenir avant un road trip dans les Dolomites
Pour les motards venant de France, l’information est à surveiller de près au moment de planifier un voyage. La règle, telle que rapportée par Motorradonline, ne porte pas sur une date future ou une expérimentation: elle est déjà en vigueur. Dès lors, les groupes encadrés, les sorties de clubs et les tours guidés qui empruntent des routes de cols au-dessus de 1.600 mètres en Tyrol du Sud peuvent être concernés.
En pratique, cette évolution invite à distinguer clairement la circulation touristique « classique » d’un côté, et les formats structurés de l’autre. Elle rappelle aussi que, dans certaines régions alpines très fréquentées, la pression réglementaire peut s’accroître rapidement, avec des textes conçus pour être larges et adaptables, notamment lorsqu’ils peuvent être étendus à d’autres routes.
Sources : Motorradonline (article en allemand sur l’arrêté du 19 juin 2026 au Tyrol du Sud).
Sources :
- Motorrad
- www.bikehotels.it
- www.suedtirol.info
