205 ch, une base KTM LC8 et une carrosserie qui s’illumine vraiment : ce que la DA#22 de Diamond Atelier a montré à Goodwood
À Goodwood, au milieu des machines de course, des supercars et des objets roulants non identifiés, un prototype a attiré l’œil pour une raison presque irréelle: sa carrosserie est conçue pour s’illuminer.
Diamond Atelier, atelier de préparation basé à Munich, y a présenté la DA#22, une “hyperbike” annoncée comme roulante et homologuée pour la route. Le projet ne se contente pas d’un effet de style, il revendique aussi une base mécanique connue des passionnés, le bicylindre en V KTM LC8, et une première étape de développement à plus de 205 ch.
Goodwood, scène idéale pour un manifeste de custom
Selon les informations publiées par Motorradonline, Diamond Atelier a choisi le Goodwood Festival of Speed pour dévoiler son projet DA#22. Le cadre compte, car Goodwood n’est pas qu’un événement automobile: c’est aussi une vitrine culturelle où l’ingénierie, l’artisanat et la mise en scène se répondent. Dans cet environnement, le DA#22 se présente comme un objet de frontière, à la fois moto et pièce de collection, mais avec une promesse importante pour un prototype de ce niveau: Diamond Atelier le décrit comme “fahrbereit” (prêt à rouler) et “straßenzugelassen” (homologué route).
La KTM LC8, choisie comme fondation, pas comme drapeau
La DA#22 prend pour base technique la plateforme KTM LC8 et son V-twin. Diamond Atelier insiste toutefois sur un point de philosophie: le LC8 n’aurait pas été retenu comme “identité” du projet, mais comme socle mécanique pour un concept global plus radical. L’idée est culturelle autant que technique: partir d’un cœur connu, puis le faire disparaître derrière une vision de design et de fabrication, jusqu’à créer un objet qui ne se résume pas à son moteur d’origine.
Dans cette première phase de développement, l’atelier annonce une puissance supérieure à 205 ch. Aucun autre chiffre n’est avancé dans la source concernant le couple, le poids ou les performances, et Diamond Atelier ne communique pas non plus de calendrier chiffré. Mais l’intention est claire: le projet ne vise pas seulement l’esthétique, il revendique une catégorie, celle de l’hyperbike, avec un niveau de puissance qui sert de marqueur.

Une peinture qui émet sa propre lumière, et pas un gadget rapporté
Le point de bascule, celui qui transforme la DA#22 en sujet de conversation, se situe à la surface. Diamond Atelier met en avant un système de peinture électroluminescente activé par la tension électrique. L’application est attribuée à Alex Bloch (Stilbruch Lack). Et surtout, l’atelier prend soin de tracer une frontière nette avec les solutions plus courantes: il ne s’agit ni d’une peinture phosphorescente (qui emmagasine puis restitue la lumière), ni d’un film décoratif, ni d’un ajout de LED posé après coup. Ici, la lumière est censée provenir du système de peinture lui-même.
Concrètement, certaines zones de la carrosserie et du carénage sont destinées à devenir des surfaces lumineuses lorsqu’elles sont alimentées électriquement. La DA#22 joue donc sur une idée rarement assumée à ce niveau: la peau de la moto n’est plus seulement une finition, elle devient un dispositif. Dans l’imaginaire custom, cela revient à déplacer le spectaculaire du volume vers la matière, et du métal vers la lumière.
Une recette rouge annoncée comme unique, au sens littéral
Motorradonline rapporte un détail révélateur de la dimension “pièce unique”: pour le prototype DA#22, une recette électroluminescente rouge a été développée et présentée comme irrépétable. Diamond Atelier affirme qu’il n’a existé qu’un seul litre de ce mélange exact, et que la totalité a été utilisée sur cette moto. La formulation ne serait ni remélangée ni reproduite.
Cette approche dit beaucoup du positionnement culturel du projet. Dans l’univers des préparations, l’unicité est souvent une promesse marketing; ici, elle est décrite comme une contrainte matérielle assumée, presque comme une édition d’artiste dont la matrice aurait été détruite après tirage.

Du design maison, puis l’aluminium façonné panneau par panneau
Diamond Atelier attribue le design à son propre développement interne. Pour transformer les formes numériques en pièces réelles, l’équipe a collaboré avec Marvin Diehl (KRT Framework). D’après la source, il a façonné l’habillage en aluminium à la main, panneau par panneau. Cette précision n’est pas anodine: elle replace la DA#22 dans une tradition artisanale, celle où la carrosserie n’est pas seulement “fabriquée”, mais sculptée, ajustée, corrigée, jusqu’à obtenir une continuité de lignes et une tension de surface.
Ce choix de l’aluminium formé à la main donne aussi un statut particulier au prototype: il n’est pas seulement un démonstrateur technique, il est un original. Et Diamond Atelier annonce déjà une évolution culturelle et industrielle pour la suite: si une série voit le jour, l’atelier prévoit de passer du métal façonné à une construction de carénage en carbone intégral.
Une série “ultra-limitée” pensée pour les collectionneurs
Le DA#22 n’est pas présenté comme un one-off destiné à rester isolé. Diamond Atelier le décrit comme la base d’une série “ultra-limitée” de hyperbikes, explicitement orientée vers les collectionneurs. En revanche, la source précise qu’aucun volume de production, aucun prix et aucun planning n’ont été communiqués à ce stade.
Cette absence de chiffres n’empêche pas de lire la stratégie: le prototype agit comme un manifeste. Il fixe un langage de formes, une signature lumineuse, et un niveau de fabrication qui vise le statut d’objet rare. La future bascule vers le carbone, annoncée pour la série, s’inscrit aussi dans cette logique: conserver l’allure et l’idée, tout en rendant l’enveloppe plus adaptée à une production, même microscopique.
Des partenaires techniques choisis comme des signatures
Motorradonline détaille plusieurs contributions qui renforcent l’identité “hyperbike” du DA#22. Pour la partie cycle, Diamond Atelier a travaillé avec Wilbers. Il est question d’une fourche Type 46 RR spécialement construite, dérivée de la technologie World Superbike, associée à un amortisseur développé spécifiquement pour cette moto. Aucun réglage, débattement ou autre donnée chiffrée n’est fourni, mais l’intention est de situer le prototype dans un registre de compétition, au moins par filiation technologique.
Le projet a aussi été soutenu par Aconity3D pour la fabrication additive, avec des pièces en titane imprimées en 3D. La source cite notamment un système d’échappement en titane et un té supérieur de fourche également imprimé en titane. Au centre de ce té supérieur, un diamant réel est mentionné, serti dans une monture en argent sterling. Là encore, le message culturel est clair: la DA#22 ne cherche pas la discrétion, elle revendique l’objet précieux au cœur d’un organe mécanique.
Commandes usinées, carter d’embrayage vitrine, et même un pneu au motif diamant
D’autres fournisseurs sont cités. DKB Special Parts a réalisé des commandes et boutons au guidon, usinés CNC et décrits comme inspirés de la Formule 1. La même entreprise signe aussi un carter d’embrayage ouvert et éclairé, avec une fenêtre en verre et un logo gravé, ainsi que d’autres pièces usinées. Gilles Tooling apporte des éléments de poste de pilotage et un système de commandes reculées (rearsets).
Enfin, un détail insolite vient compléter la narration: 4Jet a développé pour le prototype un profil de pneu avant avec un motif diamant. La DA#22 pousse donc l’idée de cohérence esthétique jusque dans une zone habituellement dictée par la fonction pure. Même si la source ne précise pas l’objectif technique de ce dessin, sa portée symbolique est évidente: le thème du diamant devient un fil rouge, de la lumière à la matière, du bijou au pneu.
Une hyperbike comme objet culturel: la performance en toile de fond, la lumière au premier plan
Au final, la DA#22 se raconte comme une pièce de culture custom contemporaine: une base KTM LC8 revendiquée pour sa mécanique, une puissance annoncée à plus de 205 ch pour poser le décor, et une innovation de surface qui change la lecture même de la moto, avec cette peinture électroluminescente activée électriquement. Goodwood sert de théâtre, Munich d’atelier, et le prototype de preuve matérielle.
Le reste, volontairement, demeure ouvert: Diamond Atelier évoque une série ultra-limitée, sans chiffres ni prix. Comme souvent dans ce segment, c’est le prototype qui fait foi: une carrosserie aluminium façonnée à la main, un langage de pièces spéciales, et une signature lumineuse annoncée comme impossible à reproduire à l’identique. De quoi transformer une simple présentation en récit, et un custom en objet de collection potentiellement historique.
Sources :
- Motorrad
- www.motorcycles.news

