Cette route allemande très prisée des motards français pourrait leur être fermée
La B 500, plus connue sous le nom de Schwarzwaldhochstrasse, est redevenue le centre d’un débat réglementaire après une série d’accidents mortels rapprochés fin août et début septembre 2026.
Trois motards y ont perdu la vie en quelques jours, ce qui a poussé plusieurs communes riveraines à réclamer une interdiction de circulation visant les deux-roues. Le rapprochement de ces drames pèse d’autant plus lourd que la B 500 a compté quatre accidents mortels de moto sur l’ensemble de l’année 2026 : trois des quatre se sont donc produits en moins d’une semaine.
Trois chiffres, trois périmètres à ne pas confondre
Trois séries de chiffres circulent depuis le début de la polémique, et elles ne couvrent pas le même territoire. Confondues, elles paraissent se contredire.
La première ne concerne que la B 500. Sur cette seule route, l’année 2026 a compté quatre accidents mortels de moto, dont les trois survenus en quelques jours à la charnière d’août et de septembre. Presque tout le bilan annuel de la route s’est donc joué en une poignée de journées, et c’est cette concentration qui a déclenché les demandes d’interdiction.
La seconde change d’échelle. Elle porte sur le Nordschwarzwald, la partie nord du massif, dont la route des crêtes n’est qu’un axe parmi beaucoup d’autres. Sur ce territoire, les accidents de moto ont doublé par rapport à 2025, et le nombre de motards tués est passé de trois à quatorze en un an.
Un détail entretient la confusion : le nombre trois apparaît deux fois, une première pour les morts de la B 500 en quelques jours, une seconde pour le total régional de l’année 2025. Les deux n’ont aucun rapport. Et puisque la route des crêtes traverse précisément ce secteur, ses quatre victimes figurent dans les quatorze du massif au lieu de s’y ajouter.
Ces bilans alimentent la pression exercée par des élus locaux et des habitants inquiets pour la sécurité sur cette route touristique très fréquentée par les motards, notamment venant d’Alsace et d’autres régions voisines.
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Des mesures déjà en place mais jugées insuffisantes
Les autorités rappellent que plusieurs dispositifs ont été mis en œuvre depuis des années pour réduire les risques sur la Schwarzwaldhochstrasse. Parmi ces mesures figurent des protections sous les glissières de sécurité, une limitation de vitesse à 50 km/h sur certains tronçons, une intensification ponctuelle des contrôles de police et l’opération dite du kilomètre du silence instaurée en 2024, destinée à alerter les usagers sur la dangerosité du parcours. Malgré ces efforts, des témoins font état de comportements dangereux persistants, citant la présence de poseurs et de pilotes qui frottent le genou en courbe.
Une table ronde lancée le 21 septembre 2026
Face à cette situation, un Rassemblement d’acteurs locaux s’est tenu en mairie de Baden-Baden le 21 septembre 2026. Y ont participé les directions régionales compétentes, des représentants des districts traversés par la route, plusieurs municipalités riveraines entre Achern et Baden-Baden et les forces de l’ordre. La réunion a abouti à la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer un paquet de mesures, qui pourrait servir de pilote sur la B 500 avant d’être étendu à d’autres axes jugés à risque dans la Forêt-Noire.
Des pistes d’action proposées pour la saison 2027
Plusieurs propositions ont été mises sur la table, toutes présentées comme des pistes et non comme des décisions définitives. Parmi les orientations envisagées pour la saison 2027 figurent une répression plus systématique des infractions routières, des contrôles renforcés opérés par des véhicules civils et par drones, des aménagements de chaussée tels que des bandes rugueuses et des marquages spécifiques dans les virages, ainsi que l’examen de mesures de circulation particulières, notamment une éventuelle règle de sens unique sur certains tronçons particulièrement accidentogènes ou conflictuels. Il est également envisagé d’étudier la possibilité de saisir des motos en cas d’infractions graves liées à des comportements de type poseurs ou pilotes qui frottent le genou.
La saisie des véhicules et la surveillance par drone, des options controversées
La possibilité de saisir une moto en cas d’infraction grave a été évoquée comme un moyen de dissuasion, mais elle soulève des questions juridiques et pratiques qui devront être précisées avant toute mise en œuvre. De même, l’usage de drones pour renforcer les contrôles est présenté comme une piste technologique susceptible de multiplier les repérages et d’améliorer l’efficacité des opérations de police, mais cela pourrait nécessiter des cadres réglementaires et des ressources supplémentaires. Toutes ces options restent à l’étude et devraient faire l’objet de décisions concertées, la prochaine réunion du groupe de travail étant programmée pour novembre 2026.

Position du maire de Baden-Baden et enjeu politique
Le maire de Baden-Baden, Thomas Jung, lui-même motard et rouleur de BMW, a exprimé sa préoccupation face aux accidents tout en se montrant réticent à une interdiction générale. Il a soutenu que seule une petite minorité enfreint les règles et que la majorité des motocyclistes réguliers ne doit pas être pénalisée par des mesures globales. Il a demandé la recherche de solutions ciblées et a fait valoir que l’interdiction généralisée ne devrait constituer que l’ultime recours, une option à éviter si des alternatives efficaces peuvent être mises en place.
Calendrier et prudence : rien n’est encore acté
Il convient d’insister sur le fait qu’aucune des mesures évoquées n’est entrée en vigueur à ce stade. Les propositions issues de la table ronde du 21 septembre 2026 sont, pour l’heure, des orientations soumises à examen et soumises à validation lors de la prochaine réunion du groupe de travail, prévue en novembre 2026. La B 500 est proposée comme zone pilote, ce qui implique que des expérimentations pourraient être menées avant toute généralisation à d’autres routes de la Forêt-Noire.
Impacts potentiels pour les motards français qui fréquentent la Forêt-Noire
Pour les motards français qui empruntent régulièrement la Schwarzwaldhochstrasse, il apparaît probable que la saison 2027 soit marquée par une présence policière renforcée et par des dispositifs de contrôle plus diversifiés, y compris l’usage accru de véhicules civils et de drones, si les propositions sont confirmées. La perspective de voies à sens unique sur certains tronçons et la possibilité de procédures aboutissant à la saisie d’une moto en cas d’infraction grave pourraient modifier la façon dont les motards abordent ces itinéraires. Dans ce contexte, la prudence et le respect strict des limitations de vitesse et de la signalisation sont présentés comme les seuls moyens fiables de réduire le risque d’incident, alors que les autorités locales recherchent des solutions pour concilier sécurité routière et accès à cet itinéraire touristique très prisé.
Les débats se poursuivront dans les semaines à venir, avec la nécessité de traduire des orientations en textes applicables et proportionnés, tout en évitant des mesures qui frapperaient l’ensemble des usagers pour les fautes d’une minorité. La B 500 pourrait ainsi servir de laboratoire pour des réponses ciblées, si le groupe de travail parvient à concilier efficacité opérationnelle et cadre juridique.
Sources :
- Motorrad
- Accidents mortels sur la B 500 (SWR / Tagesschau)
