James May possède toutes les voitures qu’il veut, et pourtant il ne se sépare pas de cette moto
La figure télévisuelle britannique connue sous le sobriquet « Captain Slow » cache, dans son histoire de collectionneur, une Honda autrement plus radicale que son surnom ne le laisse entendre.
Un exemplaire de la CBR900RR Fireblade de première génération, moto qui a bouleversé les codes de la sportive, est récemment réapparu sur le marché aux enchères, attirant l’attention des collectionneurs et des amateurs d’histoire motocycliste.
Une Fireblade qui a changé la hiérarchie des sportives
Lorsque Honda a dévoilé la CBR900RR Fireblade, l’objectif principal n’était pas d’établir des records de vitesse purs, mais de proposer les performances d’une grosse cylindrée avec la maniabilité d’une 600. Conçue par l’ingénieur Tadao Baba, la Fireblade a incarné ce parti pris. Son moteur quatre cylindres en ligne de 893 cm3 développait environ 124 ch en version européenne, puissance suffisante pour franchir la barre des 250 km/h, et la moto n’affichait qu’environ 205 kg en ordre de marche. Ce gain de masse, évalué à près de 45 kg d’économie par rapport à plusieurs concurrentes de l’époque, a transformé la relation pilote-machine et redéfini le concept de superbike.
Technique et philosophie: performance et légèreté
La Fireblade a marqué son époque par une approche d’allégement systématique. Plutôt que d’entrer dans une course aux chiffres de puissance, Honda a concentré ses efforts sur la réduction des masses non suspendues et sur une géométrie favorable à l’agilité. Le résultat était une sportive dotée d’un châssis et d’une tenue de route étonnamment vives pour une machine presque proche des 900 cm3, offrant une sensation de pilotage plus compacte et plus précise qu’attendu pour sa cylindrée.
L’exemplaire lié à James May: provenance et état
Le modèle lié à la personnalité britannique présente une histoire documentée. Arrivée d’abord en Espagne en 1993, cette Fireblade a ensuite été immatriculée au Royaume-Uni. Son kilométrage est d’environ 22 000 km et elle conserve un dossier d’entretien complet, bien détaillé. Avant d’être présentée hors de la collection qui l’abritait, la moto a bénéficié d’une remise en état complète: pneumatiques Bridgestone Battlax S21 neufs, réglage et révision des carburateurs, vidange et remplacement des fluides, ainsi qu’une restauration esthétique visant à préserver l’aspect d’origine.
La trajectoire de cet exemplaire inclut un passage notable vers une institution spécialisée dans le patrimoine Honda. Selon les informations disponibles, la moto a été cédée à la collection d’un musée reconnu pour sa concentration sur l’histoire de la marque, puis elle a réapparu lors d’une vente aux enchères. Ce parcours atteste du soin apporté à sa conservation et renforce son intérêt pour les collectionneurs.

Pourquoi cette Fireblade reste si recherchée
Plus qu’une valeur sentimentale liée à une personnalité, la Fireblade de première génération a acquis le statut d’icône technique. Son compromis inédit entre couple moteur, agilité et légèreté a servi de référence pendant des années. La combinaison d’un moteur vigoureux de 893 cm3 et d’un poids contenu a offert une mise en confiance immédiate aux pilotes, rendant la machine à la fois rapide sur les lignes droites et incisive en courbe.
La rareté relative sur le marché des exemplaires en bon état, la documentation mécanique attachée à certains modèles et l’intérêt croissant pour les sportives historiques des années 1990 ont alimenté une forte demande. Les Fireblade soignées, avec un historique transparent et une remise en état conforme, figurent régulièrement parmi les machines les mieux cotées des collecteurs de sportives japonaises.
Le paradoxe culturel: Captain Slow et la sportive affûtée
Le contraste entre l’image publique de la personnalité surnommée « Captain Slow » et la présence d’une Fireblade dans sa collection crée un récit culturel attrayant. L’anecdote souligne que la passion pour les machines peut être multiple: l’attirance pour une mécanique raffinée, pour l’histoire et pour l’impact d’un modèle sur l’évolution technique peut coexister avec une conduite mesurée au quotidien. Ce paradoxe alimente l’imaginaire collectif autour des collectionneurs célèbres et met en lumière la dimension patrimoniale des motos sportives.
Une machine, une époque
La CBR900RR Fireblade illustre un moment précis de la technologie motocycliste où l’optimisation du poids a pris le pas sur l’inflation continue de la puissance. L’exemplaire associé à la figure médiatique britannique permet de raconter cette histoire en rapprochant un objet mécanique d’un récit humain, fait de goûts, de choix et d’attentions particulières. La remise en vente d’un tel modèle rappelle aussi que la collection n’est pas figée, qu’elle circule et continue d’alimenter la passion des communautés de motards et des amateurs d’histoire industrielle.
Pour les observateurs, la Fireblade de 893 cm3 et ses caractéristiques techniques restent une référence: un moteur alerte, une masse maîtrisée et une philosophie de conception qui ont ouvert la voie à une nouvelle génération de sportives. La présence de cette moto dans le parcours d’un collectionneur médiatique ajoute une note culturelle à son statut déjà acquis de machine iconique.
Sources :
- Motorpasion
- Rideapart
