KTM prépare une nouvelle gamme qui ne sortira pas d’Autriche
Une KTM de moins de 500 cm3 à deux cylindres circule depuis plusieurs mois sur les routes d’essai européennes, sous camouflage.
La marque autrichienne n’a rien annoncé, rien confirmé, rien commenté. Mais les photos volées, recoupées par la presse spécialisée, dessinent un projet suffisamment avancé pour que le secteur en parle déjà comme d’une certitude. Avec une information qui n’apparaît sur aucune de ces photos et qui change pourtant tout.
Un trou dans la gamme que la marque n’a jamais comblé
Entre la série 390, monocylindre et taillée pour le permis A2, et la 790 Duke, bicylindre déjà nettement plus ambitieuse, il existe un vide. Un motard qui trouve la 390 un peu juste et la 790 trop chère ou trop lourde n’a rien à se mettre sous la dent chez le constructeur autrichien. Ce vide, la concurrence l’occupe depuis un moment, et c’est précisément là que viendrait se loger la future famille 490.
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Un bicylindre en ligne calé à deux cent soixante-dix degrés
Le coeur du projet serait un bicylindre en ligne d’une cylindrée légèrement inférieure à 500 cm3, avec un vilebrequin calé à 270 degrés. Ce calage n’est pas anodin, il donne au twin un caractère et une sonorité proches de ceux d’un V-twin, là où un calage classique produit un moteur plus lisse mais plus fade. Les estimations de puissance qui circulent divergent selon les sources et vont de 55 à 65 ch, sans qu’aucun chiffre ne puisse être considéré comme acquis. Une déclinaison compatible avec le permis A2, bridée sous les 35 kW, serait également au programme, ce qui étendrait considérablement le public visé.
Trois machines attendues sur la même base
La plateforme alimenterait au moins trois modèles. La 490 Duke, roadster dénudé, apparaît comme la plus avancée en développement, c’est elle que les photographes croisent le plus souvent. Une 490 Adventure suivrait, orientée trail routier et voyage, dans la logique d’une gamme aventure que la marque a largement étoffée ces dernières années. Enfin, une sportive carénée, que plusieurs sources désignent sous l’appellation RC 490, viendrait compléter l’ensemble. Sur ce dernier créneau, l’Aprilia RS 457 revient régulièrement comme point de comparaison.
Un bras oscillant en forme de banane et des composants maison
Les prototypes surpris en essai montrent des éléments qui ne proviennent d’aucune machine existante du catalogue. Les suspensions seraient signées WP, la filiale du groupe, tout comme le freinage confié à WP Braking Systems. Le détail qui intrigue le plus reste le bras oscillant, de forme incurvée dite en banane sur le côté droit, dessiné ainsi pour contourner un collecteur d’échappement placé devant le silencieux. Le cadre, le sous-châssis arrière en tubes d’acier et la ligne d’échappement paraissent eux aussi spécifiques à cette série, signe que le projet ne se contente pas de recycler une base existante.
La chaîne d’assemblage se trouverait très loin de Mattighofen
Voilà l’information qui n’apparaît sur aucune photo d’essai. Selon plusieurs sources concordantes, cette gamme 490 ne serait pas produite en Autriche mais en Inde, dans l’usine Bajaj Auto de Chakan, près de Pune. La logique industrielle se comprend sans difficulté. Produire sur place permet de tenir les coûts, de s’appuyer sur des volumes considérables et d’exporter ensuite vers l’Europe avec un tarif tenable sur un segment où le prix décide de tout.
Ce choix découle directement de ce qui s’est joué ces deux dernières années. Bajaj est devenu l’actionnaire de référence du constructeur autrichien après la crise financière qui a failli emporter la marque. La prochaine gamme se prépare donc avec l’argent et les usines du propriétaire indien, prolongeant un mouvement déjà entamé de longue date sur les petites cylindrées de la marque.
Fin 2027 pour la présentation, printemps 2028 pour les concessions
Le calendrier évoqué situe une première apparition publique vers la fin 2027, plusieurs sources citant le salon de Milan comme scène probable. Les premières livraisons suivraient au plus tard au printemps 2028. Ces échéances restent des attentes du secteur, déduites de l’état d’avancement des prototypes, et non un planning communiqué par le constructeur. Un projet de cette ampleur peut glisser de plusieurs mois sans que cela signifie grand-chose.
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Ce que personne ne sait encore
Les zones d’ombre restent nombreuses et méritent d’être nommées. Aucun couple moteur, aucune cote d’alésage ou de course, aucun poids en ordre de marche, aucune consommation homologuée et aucun tarif n’ont été communiqués. Les estimations de puissance qui circulent varient d’une publication à l’autre dans des proportions qui montrent bien que rien n’est stabilisé. Nul ne sait davantage si la présentation initiale réunira le roadster et le trail, ou si les lancements seront étalés dans le temps.
En l’absence de la moindre communication officielle, tout cela relève d’indications de développement et non d’une fiche technique. Il faudra attendre la fin 2027 pour savoir ce que la marque autrichienne a réellement préparé, et sur quelle ligne d’assemblage.
Sources : Speedweek
