Les deux amortisseurs avant de cette moto sont montés à l’arrière
Présentée au public il y a deux ans et désormais disponible à la vente, la Bimota Tesi H2 Tera se distingue par une architecture inédite et un niveau d’équipement rarement vu sur une routière.
Ce concentré de solutions techniques associe la fameuse partie-cycle Tesi, un quatre cylindres suralimenté et une finition composée de carbone et d’aluminium usiné, pour un prix de départ annoncé à 45 000 euros.
Un train avant sans fourche, l’héritage Tesi repensé
La particularité la plus visible de la Tesi H2 Tera réside dans son train avant : la moto remplace la fourche traditionnelle par un second bras oscillant, système hérité du projet Tesi des années 1980 et ici profondément revu. Les deux amortisseurs Öhlins TTX36, entièrement réglables, ne sont pas montés de part et d’autre de la roue avant mais tous deux positionnés à l’arrière. Ils gèrent respectivement l’axe avant et l’axe arrière via un mécanisme de renvois et de leviers complexe.
Par rapport au projet original, le système de direction a été modifié afin d’augmenter l’angle de braquage, porté à 35 degrés sur cette version crossover. L’approche conserve l’idée d’un train avant articulé, tout en adaptant la géométrie pour une maniabilité compatible avec une machine routière au gabarit imposant.
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Un quatre cylindres suralimenté, et une turbine à 130 000 tours
La Tesi H2 Tera est motorisée par le quatre cylindres en ligne Kawasaki suralimenté par un compresseur mécanique. La puissance annoncée est de 200 ch à 11 000 tr/min, avec un couple de 137 Nm disponible à 8 500 tr/min. Le compresseur, entraîné par une série d’engrenages reliée au vilebrequin, peut atteindre 130 000 tr/min et aspire l’air via un conduit logé sur le flanc gauche de la moto.
Ce choix de motorisation place la Tera dans une catégorie à part : la suralimentation procure une poussée très présente sur une large plage de régimes, tandis que les caractéristiques techniques du compresseur expliquent les sons et sifflements perceptibles à l’usage.

Matériaux et composants, ce que la facture paie
La construction met en avant des matériaux nobles et des composants exclusifs : carénage intégralement en fibre de carbone, pièces en aluminium usinées dans la masse et appendices aérodynamiques sur les flancs. L’échappement Akrapovic est fourni de série.
La partie cycle reçoit un équipement sportif : étriers Brembo Stylema mordant deux disques de 330 mm, jantes forgées OZ en 17 pouces à l’avant comme à l’arrière, et pneumatiques semi-crantés Anlas développés sur mesure, homologués jusqu’à 270 km/h. L’électronique est signée Kawasaki et comprend un tableau de bord TFT couleur, la gestion des cartographies moteur, un contrôle de traction et un ABS avec fonction en courbe, ainsi qu’un shifter bidirectionnel de série.
Le poids annoncé de la machine est de 233 kg, une donnée à garder à l’esprit lorsqu’on évalue le compromis entre équipement, tenue de route et comportement dynamique.

Un gabarit imposant, une agilité inattendue
Malgré une stature et un poids conséquents, la Tesi H2 Tera se révèle vive et précise dans les enchaînements, notamment sur routes sinueuses à rythme soutenu. L’architecture Tesi, une fois maîtrisée, offre une grande stabilité de trajectoire et un feeling différent de celui d’une fourche classique, avec une aptitude à maintenir la ligne surprenante pour une crossover de ce calibre.
La position de conduite est décrite comme à la fois active et détendue, mais le guidon et les repose-pieds sont larges. La prise d’air sur le flanc gauche impose de laisser la jambe légèrement plus écartée de ce côté, détail ergonomique à prendre en compte pour les longs trajets.

Freinage, électronique et protection au vent
Le freinage se montre puissant et très modulable, grâce au matériel Brembo et à un système anti-plongée qui limite le transfert de masse lors d’un freinage appuyé. Ce dispositif, jugé étrange au premier contact, gagne en appréciation au fil des kilomètres et contribue au contrôle global de la machine.
L’électronique Kawasaki est décrite comme bien calibrée et simple d’usage, offrant un complément de sécurité et de performance sans complexifier l’expérience de conduite. En revanche, la protection contre le vent est perfectible : le petit carénage avant, assez effilé, laisse les épaules et une grande partie du casque exposés, affectant le confort sur autoroute ou à haute vitesse.
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Un objet technique et exclusif, enfin commercialisé
La Tesi H2 Tera se présente comme une proposition atypique sur le marché : technique jusque dans les moindres détails, avec des choix de conception qui la rendent immédiatement reconnaissable. L’utilisation de composants haut de gamme, le châssis Tesi revisité et le quatre cylindres suralimenté en font une moto destinée à un public amateur de technologies extrêmes et d’originalité mécanique.
Proposée à partir de 45 000 euros, la machine s’adresse à ceux qui recherchent une expérience différente plutôt qu’un simple outil de voyage. Après deux ans d’attente depuis sa première présentation publique, la Tesi H2 Tera est désormais disponible à la vente.
Sources : inSella
