Personne ne construit plus ça, Bultaco vient de le faire
Surprise dans le paysage moto contemporain, Bultaco annonce la renaissance de la TSS 350, une machine qui semble à contre-courant de son époque.
Deux-temps, refroidissement par air, alimentation par carburateur, 60 ch à la roue pour 103 kg à vide et, fait symbolique, une production limitée à 29 exemplaires conçus pour la piste uniquement. L’opération se présente comme une anomalie assumée, un retour aux fondamentaux de la compétition plutôt quà la conformité routière.
Une machine conçue pour la piste, pas pour la route
La marque précise que la nouvelle TSS n’est pas destinée à servir d’objet d’exposition qui pourrait rouler, mais qu’il s’agit d’une véritable moto de course, conçue pour être utilisée sur circuit et, un jour, pour finir dans un musée. Cette posture est revendiquée comme philosophie de conception: performance brute, minimalisme mécanique et expérience sans assistance électronique. Le modèle ne sera pas homologué pour la route, ce qui souligne son orientation sportive et exclusive.
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Vingt-neuf exemplaires pour un modèle qui en comptait cinquante-huit
La TSS 350 prend pour point de départ le Modelo 29, la machine de compétition historique de la marque. Le Modelo 29 avait été produite entre 1969 et 1970, à 58 exemplaires. La nouvelle édition en reprend la symbolique en limitant la production à 29 unités, soit la moitié du tirage original. Chaque machine sera numérotée individuellement et fabriquée sur commande. La marque annonce une fabrication proche de l’artisanat, avec des étapes spécifiques d’usinage, de soudure, de montage et de vérification avant livraison.

Un carburateur Mikuni et pas la moindre électronique
La fiche technique conserve l’esprit de la compétition pure. Le groupe motopropulseur est un monocylindre deux-temps de 350 cm3, refroidi par air et alimenté par un carburateur Mikuni VM44. La puissance annoncée atteint 60 ch à la roue, pour une masse à vide de 103 kg. La transmission repose sur une boîte de vitesses extractible de type cassette à six rapports, associée à un embrayage multidisque en bain d’huile.
Sur le plan châssis et suspension, l’architecture se veut traditionnelle mais soignée: châssis à double berceau tubulaire en acier, fourche inspirée des modèles Ceriani et deux amortisseurs arrière. Les freins font également référence au passé, avec des tambours répliques Ceriani, et les jantes de 18 pouces reçoivent des pneumatiques Continental ContiRoadAttack 3 CR. L’ensemble présente une absence d’électronique d’aide à la conduite, renvoyant l’expérience au pilotage pur.
Soixante chevaux pour cent trois kilos
Le contraste interpelle: soixante chevaux pour un peu plus d’une centaine de kilos sur une machine sans injection ni électronique. Ce rapport puissance/masse, obtenu ici avec une architecture mécanique dépouillée, place la TSS 350 dans une catégorie à part. Plutôt que de se comparer chiffrément à des modèles contemporains, l’analyse met en lumière l’intensité de l’expérience offerte: pilotage sans filtres, sensations directes et exigence technique élevée pour l’utilisateur.

Un retour qui s’inscrit dans une stratégie plus large
Ce projet arrive après l’annonce d’une première machine de route, un trail de 300 cm3 développé en partenariat, qui témoigne de la volonté de la marque de jouer plusieurs registres. La TSS marque cependant une rupture esthétique et fonctionnelle: alors que la trail vise l’usage quotidien et la polyvalence, la TSS revendique la compétition historique, la rareté et l’authenticité mécanique.
Chaque exemplaire construit sur commande
La marque indique que les unités seront produites quasiment à l’artisanal, avec un contrôle de chaque étape de fabrication. Les futurs propriétaires bénéficieront d’un suivi technique et d’un approvisionnement en pièces détachées, selon les informations communiquées. En revanche, aucun prix, aucune date de livraison ni calendrier de production détaillé n’ont été fournis.
Une moto de course qui finira dans un musée
La renaissance de la TSS 350 s’interprète comme un geste patrimonial et provocateur: remettre au goût du jour une technologie assumée comme dépassée pour la route, mais toujours expressive et performante en piste. La marque fondée par Paco Bultó en 1958 a tenu des modèles devenus mythiques, comme la Sherpa, la Pursang et la Metralla. La TSS, historiquement la plus radicale et la plus compétitive, retrouve avec cette série limitée une forme d’écho contemporain, en mêlant mémoire industrielle et savoir-faire moderne.
Pour le public, l’anomalie est manifeste: en 2026, produire un deux-temps refroidi par air et à carburateur, le déposer sur des roues contemporaines, puis le réserver au circuit seulement. Ce choix est à la fois une célébration du patrimoine mécanique et une déclaration d’intention sur la valeur de l’expérience de pilotage pure, sans filet. Les 29 exemplaires deviennent ainsi des objets de collection utilisables, conçus pour être pilotés et vérifiés, conçus pour rappeler que la mécanique simple peut encore surprendre dans un monde saturé de technologies.
Sources :
- Motorpasion Moto
- Visordown
