Cette légende espagnole renaît avec un moteur Honda sous la carrosserie
La Montesa Impala, nom mythique du patrimoine motocycliste espagnol, pourrait reprendre la route sous une nouvelle forme.
Un petit atelier familial, baptisé VIVA, se propose de ranimer l’esthétique et l’esprit de l’icône en transformant des motos Honda modernes. Le projet mise sur la fidélité visuelle plutôt que sur une reconstruction mécanique à l’ancienne, créant une résurrection qui joue délibérément sur le contraste entre nostalgie et fiabilité contemporaine.
Un projet familial porté par un tandem père et fils
Le retour annoncé de l’Impala est l’initiative de deux Espagnols, Salva Codinach Margarit et Salva Codinach Sánchez-Gómez, père et fils, épaulés par une petite équipe spécialisée en design et prototypage. Il ne s’agit pas d’une relance industrielle signée par un grand constructeur, mais d’un travail d’atelier, d’un habillage patrimonial appliqué à des plates-formes existantes. Cette démarche artisanale vise à restituer la silhouette et les codes esthétiques de la Montesa tout en s’appuyant sur des motorisations modernes, homologuées et faciles à entretenir.
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Une 125 pour débuter, une 350 pour le permis A2
Le programme VIVA comprend au moins deux déclinaisons. La première Impala repose sur la Honda CB125F, équipée d’un monocylindre de 125 cm3 développant 11 ch. La base technique conserve les éléments d’origine Honda, parmi lesquels l’injection électronique, l’éclairage à LED, l’allumage et le démarrage électrique, ainsi que l’instrumentation. La seconde déclinaison, dite VIVA Impala 350, prendra pour base la Honda GB350S, qui utilise un monocylindre de 348 cm3 et 21 ch. Pour les deux modèles, l’équipe de VIVA prévoit de transférer la silhouette et les proportions de l’Impala vers ces plates-formes contemporaines.

Habillage fidèle, mécanique japonaise
La recette retenue par VIVA est claire: conserver la mécanique éprouvée de Honda et transformer l’apparence par des pièces spécifiques. Le projet prévoit un nouveau réservoir en fibre de carbone, une selle reprenant l’esthétique d’époque, des caches latéraux et une carrosserie sur mesure pour reproduire au plus juste l’allure de l’Impala. Autrement dit, la moto sera Montesa par son look, et Honda par son moteur et ses systèmes électriques. Cette stratégie évite les contraintes techniques et réglementaires d’une motorisation développée ex nihilo, tout en offrant un résultat immédiatement utilisable sur la route.
Exactement l’inverse de ce qu’avait fait Montesa
Le procédé de VIVA est l’inverse de la genèse de la Montesa Impala des années 1960. À l’époque, la machine était conçue et construite localement, moteur compris, avec une approche orientée vers l’autonomie industrielle. Le projet actuel choisit la consolidation plutôt que la reconstruction: l’identité visuelle est recréée par un atelier de design, la mécanique est déléguée à un fabricant japonais déjà homologué, la modernité technique s’efface sous une robe rétro. Ce retournement illustre comment la préservation du patrimoine peut emprunter des voies contemporaines, conciliant conservation esthétique et sécurité moderne.

Faire revivre un nom sans usine ni moteur
Plusieurs motifs expliquent le choix d’une base Honda. D’abord, la fiabilité et l’entretien simplifié, deux qualités recherchées par les propriétaires actuels de motos anciennes qui souhaitent un usage quotidien sans compromis. Ensuite, l’aspect réglementaire: partir d’une plate-forme déjà homologuée réduit les obstacles administratifs souvent rédhibitoires pour les projets de réédition. Enfin, le coût et l’accessibilité, car l’utilisation d’une motorisation existante permet de concentrer les efforts sur le travail de style et la qualité de finition.
Sur le plan patrimonial, la démarche pose des questions stimulantes. Restaurer l’image d’une moto sans reproduire son architecture mécanique interroge la notion même d’« authenticité ». Pour les puristes, une Impala véritable est peut-être celle qui embarque la mécanique d’origine. Pour d’autres, l’essentiel est la conservation du design et de l’émotion visuelle, ce que VIVA cherche à offrir en rendant la légende accessible au quotidien.
Ce que la première Impala avait prouvé en Afrique
La Montesa Impala, dessinée par Leopoldo Milà, a marqué les esprits comme une machine légère, abordable et facile à entretenir. Sa réputation s’est notamment construite autour d’une grande expédition africaine de plus de 20 000 km menée avant sa commercialisation; pour un récit détaillé de cette aventure, voir l’article du site consacré à l’expédition. Plusieurs versions ont suivi, dont les déclinaisons Sport et Comando, qui ont contribué à vendre plus de 50 000 exemplaires. Une Impala 2 est ensuite apparue, avec un succès moindre.
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Ni prix, ni date, ni volume annoncés
VIVA n’a pas précisé si les machines seront produites en série, ni à quel prix elles pourraient être proposées. Le projet semble aujourd’hui orienté vers la conception de prototypes et la démonstration de faisabilité, plutôt que vers une annonce commerciale imminente. Dans le paysage des marques historiques espagnoles, d’autres acteurs montrent aussi un regain d’intérêt pour les relances patrimoniales, ce qui témoigne d’une tendance plus large à remettre en lumière des noms marquants du motocyclisme national.
En l’état, la renaissance de l’Impala par VIVA illustre une manière contemporaine de faire revivre un patrimoine motocycliste: mariage d’un design restauré et d’une mécanique moderne, initiative d’atelier et hommage visuel plutôt que reproduction mécanique totale. Le projet pose ainsi la question de la mémoire technique et esthétique, tout en suscitant l’attente des passionnés quant à la concrétisation d’un retour sur la route.
Sources :
- Motorpasion Moto
- VIVA Impala, le site du projet
