Ce préparateur de supercars a couvert une Vespa de carbone sans rien changer dessous
Le préparateur allemand Mansory s’est fait une réputation sur des automobiles de luxe transformées jusqu’à l’excès.
Sa dernière cible est plus inattendue: la Vespa Elettrica, un scooter électrique dont la vocation tient en un mot, la ville. La série s’appelle Monaco Edition, elle est limitée à 99 exemplaires, et elle se distingue par une quantité de carbone qui n’apporte rigoureusement rien à la mécanique.
Du carbone jusque sur la cravate frontale
La Monaco Edition reprend le langage stylistique habituel de Mansory: surfaces visibles en carbone, finitions marquées et marquage du préparateur. Les éléments centraux de la carrosserie sont remplacés par des pièces en carbone intégral, notamment les caches de roue et les carénages latéraux. La « cravate » frontale emblématique de la Vespa est elle aussi réalisée en carbone, tout comme les clignotants et les rétroviseurs. La selle reçoit un soin particulier et se voit nettement revalorisée, tandis qu’un jeu de couleurs spécifique (jaune, turquoise, bleu clair ou blanc) vient signer l’édition, assorti du branding Mansory.
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Rien n’a bougé sous la carrosserie
Le paradoxe est manifeste: un habillage très haut de gamme appliqué à un scooter dont la mécanique reste strictement celle d’origine. Mansory ne semble pas intervenir sur la motorisation, la batterie ni la partie-cycle. La Vespa Elettrica conserve donc ses caractéristiques d’usine, sans gains de performances, malgré l’allure de supercar que lui confèrent ses nouvelles pièces en fibre de carbone.

Ce que vaut réellement la machine sous le costume
Sous le carbone, la base ne change pas d’un gramme. La Vespa Elettrica existe en deux homologations et le préparateur ne dit pas laquelle il utilise. La plus urbaine plafonne à 45 km/h, pour une puissance continue de 3,5 kW, soit 4,8 ch, et une pointe à 4 kW, soit 5,5 ch. Le couple maximal annoncé atteint 200 Nm à la roue arrière, une valeur qui impressionne sur le papier mais qui se mesure directement en sortie de moteur électrique, sans réduction.
La batterie est une unité 48 volts de 4,2 kWh et 86,4 Ah, à cellules LG Chem, qui pèse 25 kg à elle seule et se recharge en quatre heures environ sur une prise domestique. Le constructeur annonce un millier de cycles avant de descendre autour de 80 pour cent de capacité restante, et une récupération d’énergie à deux niveaux. Côté autonomie, jusqu’à 100 km en mode économique et 80 km en mode puissance. Le tout pour 130 kg tous pleins faits.
Il existe aussi une version homologuée pour 70 km/h, mais Mansory n’indique pas laquelle des variantes est retenue pour la Monaco Edition. La présentation insiste sur une mobilité urbaine maximale, ce qui laisse penser qu’il s’agit de la version bridée à 45 km/h, sans que rien ne le confirme.

Un nom ressorti d’un tiroir vieux de quatorze ans
La Monaco Edition est limitée à 99 exemplaires. Le nom « Monaco Edition » n’est pas nouveau dans l’arsenal de Mansory: il avait déjà servi en 2012 pour une préparation sur base de Ferrari 458 Spider, limitée à 3 exemplaires. La tactique reste identique, fondée sur une rareté organisée et un attrait pour les collectionneurs. Le prix n’est pas communiqué de façon publique: la maison propose ses tarifs « sur demande », formule habituelle pour ses transformations très haut de gamme.

Une allure de voiture de prestige pour traverser un centre-ville
Le contraste est central au discours entourant cette Monaco Edition. D’un côté, l’usage revendiqué est la mobilité urbaine, avec des chiffres d’autonomie, de puissance et de masse adaptés à la cité. De l’autre, un habillage en carbone, des finitions signature et une édition très limitée renvoient plutôt au monde des voitures de prestige. Ce mélange de culture supercar et d’utilitaire urbain crée un positionnement paradoxal: un scooter de 130 kg, plafonné à 45 km/h ou 70 km/h selon l’homologation, transformé en objet de collection par l’application d’un costume en fibre de carbone.
Ce n’est pas la première incursion de la maison sur deux roues. Elle s’était déjà occupée d’un maxi-scooter Yamaha TMax, selon la même recette.
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Un objet de vitrine plus qu’une amélioration
Sans prix affiché et sans la moindre modification technique, la Monaco Edition relève de l’objet de collection plutôt que de la préparation au sens mécanique du terme. Quatre-vingt-dix-neuf exemplaires, un tarif sur demande, et une machine qui accélère, freine et tient la route exactement comme celle du concessionnaire d’à côté.
C’est la recette connue des préparateurs de luxe: fabriquer de la valeur avec de la rareté et du dessin, sans jamais toucher au cœur du produit. Elle fonctionne sur des berlines à six chiffres. Reste à voir si elle prend sur un scooter de 130 kg qui ne dépassera jamais l’allure d’une voiture en ville.
Sources :
- Motorrad
- Vespa, fiche Elettrica
