Le Kremlin a confié au fabricant de l’AK-47 le soin de lui dessiner une moto d’escorte
Le Kremlin a confié à Kalashnikov, le constructeur connu pour les fusils AK-47, la mission de créer des motos d’escorte destinées au gouvernement, via sa filiale IZH.
L’objectif affiché était de relancer l’industrie russe du deux-roues et de réduire la dépendance aux constructeurs américains et européens. Cette initiative a donné naissance à une famille de machines aux ambitions techniques et esthétiques marquées, dont la plus spectaculaire reste la IZH Kortezh.
Une commande présidentielle pour relancer une industrie
La commande émanait d’une volonté politique de redynamiser la production nationale de véhicules et de disposer de motos d’escorte « made in Russia ». Kalashnikov, entreprise aux lignes de production diversifiées, a repris ce défi par l’intermédiaire de sa marque IZH. Le projet visait à couvrir à la fois des besoins protocolaire et militaire, et à proposer des modèles civils destinés au marché intérieur.
IZH Kortezh, une « limusine » blindée sur deux roues
Le modèle le plus emblématique est la IZH Kortezh. Présentée comme une moto d’escorte lourde, elle affiche des caractéristiques inhabituelles pour une moto : un moteur boxer à quatre cylindres de 2,0 litres développant 150 ch, un poids déclaré de 510 kg et une longueur d’environ 3 mètres. Son esthétique mélange des traits bagger, une silhouette massive évoquant le blindage, et des lignes futuristes. Le résultat donne l’image d’une machine pensée pour la présence et la stabilité plutôt que pour l’agilité urbaine.
Ces chiffres, cylindrée, puissance, poids et dimensions, soulignent le caractère hors norme de la Kortezh dans le registre des motos d’escorte. Conçue pour accompagner des cortèges officiels, elle se présente comme une alternative résolument domestique aux véhicules importés, tout en reflétant une logique de continuité industrielle entre production d’armement et fabrication de véhicules lourds.
Des déclinaisons électriques et une moto volante: ambitions technologiques
Outre la Kortezh thermique, le programme a inclus plusieurs prototypes électriques et expérimentaux. Parmi eux figurent des motos enduro électriques, déclinées en versions civile et militaire/policière, annoncées avec une autonomie allant jusqu’à 100 km et une vitesse maximale de 80 km/h. Ces machines offraient une configuration orientée tout-terrain et des solutions d’assistance électronique. Selon le vice-directeur de la marque, un phare avant équipé de technologie infrarouge rendait la moto « indétectable » pendant la nuit, affirmation rapportée telle quelle par la source.
La gamme électrique comprenait également une café racer d’inspiration britannique, dotée d’un moteur électrique de 50 kW (environ 67 ch), une vitesse maximale annoncée de 100 km/h et une autonomie de 100 km. Un autre prototype, baptisé IZH-49, était présenté comme une version « éco » d’une moto « légendaire ». Il était donné pour 20 ch, une vitesse maximale de 90 km/h et une autonomie de 80 km.
La palette d’expérimentations ne s’est pas limitée aux deux-roues classiques. Sous l’égide du ministère de la Défense, Kalashnikov a dévoilé un prototype de moto volante. Ce prototype, décrit comme une « bête » volante, reposait sur 16 moteurs électriques entraînant des hélices contrarotatives, un empilement d’électronique pour la stabilisation et l’orientation, et un développement affichant des visées tant civiles que militaires.
Une communication interrompue depuis 2020
Les prototypes et annonces autour de la Kortezh et des machines électriques ont été rendus publics jusqu’en 2020. Depuis cette date, le programme n’a pas donné de signes publics réguliers d’évolution. La source indique que, après ces présentations et prototypes, il n’y a pas eu de nouvelles témoignées publiquement. Aucun bilan chiffré n’a été rendu public : ni nombre d’exemplaires produits, ni budget, ni calendrier de production.
Sur le plan industriel, le dossier illustre un croisement peu courant entre construction d’armement et industrie motocycliste, entre recherches en motorisation électrique et expérimentations aéronautiques légères. Les éléments confirmés restent les prototypes montrés, leurs caractéristiques techniques annoncées et l’absence de communications publiques depuis 2020.
Ils ont payé leur moto en totalité, et pourtant ils ne peuvent pas la récupérer
Une anomalie patrimoniale et technique dans l’histoire du deux-roues
La commande présidentielle et les machines nées de cette volonté forment une singularité dans l’histoire récente du motocyclisme. Un fabricant d’armes, mandaté pour composer la garde-roue officielle, a mis au point une moto d’escorte de 510 kg et 150 ch, tout en explorant des pistes électriques et volantes. Ces réalisations constituent un patrimoine d’expérimentation industrielle, dont la suite reste indéterminée à ce jour.
Les informations publiées décrivent des prototypes, des caractéristiques et des déclarations techniques. Elles permettent de retracer une ambition industrielle et technologique documentée jusqu’en 2020, sans éléments publics ultérieurs précisant l’avenir commercial ou opérationnel de ces machines.

Sources :
- Motorpasion
- en.kalashnikovgroup.ru
