Les États-Unis bannissent ces motos canadiennes, la taxe ne leur suffisait plus
Les États-Unis ont annoncé une interdiction d’importation visant les motos d’origine canadienne dont la cylindrée dépasse 800 cm3, une mesure qui remplace la taxe ad valorem de 50 % appliquée depuis le mois d’août.
La proclamation présidentielle, signée le 8 septembre 2026, prend effet le 29 septembre 2026 à 00 h 01, heure de l’Est, et s’appuie sur le critère douanier combinant origine, classement tarifaire et cylindrée, soit le code tarifaire HTSUS 8711.50.00.
Une proclamation présidentielle qui remplace la taxe de 50 %
La nouvelle proclamation interdit l’importation aux États-Unis de « produits d’origine canadienne » classés sous le code 8711.50.00, c’est-à-dire les motos équipées d’un moteur à pistons dont la cylindrée excède 800 cm3. Pour les marchandises entrant sur le territoire américain à compter du 29 septembre 2026 à 00 h 01, l’importation sera prohibée plutôt que taxable au taux de 50 % précédemment appliqué. Le critère décisif est purement douanier : origine du véhicule, classification tarifaire et capacité cylindrique.
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Quelles machines sont concernées en pratique
Dans les faits, la mesure touche notamment des modèles produits au Canada. Can-Am, marque du groupe BRP, assemble des modèles Spyder et Canyon à Valcourt, au Québec. Le Spyder F3-S est un exemple de machine dépassant largement le seuil fixé, puisque son moteur affiche 1 330 cm3. Les importateurs et distributeurs devront vérifier l’origine douanière et le classement pour éviter toute tentative d’entrée irrégulière des véhicules concernés.
La riposte canadienne et ses cibles
La mesure américaine intervient dans un contexte de taxes croisées entre Ottawa et Washington. Depuis le 8 septembre 2026, le Canada applique une taxe de 50 % sur les motos d’origine américaine équipées d’un moteur thermique de plus de 800 cm3. Parmi les constructeurs affectés par cette taxe figurent des marques américaines bien connues ; la plus petite Harley citée dans les informations disponibles, la Nightster, utilise un moteur de 975 cm3, et la plus petite Indian évoquée, la Scout Sixty, un moteur de 999 cm3. Les motos électriques sont explicitement exemptées de la mesure canadienne, ce qui exclut les modèles LiveWire de cette taxe.
Ce que la taxe canadienne épargne
Le texte canadien prévoit trois exceptions. Les motos électriques ne sont pas concernées, ce qui met LiveWire, la filiale électrique de Harley-Davidson, hors d’atteinte. Les machines déjà présentes au Canada avant le 8 septembre échappent également à la taxe, de même que celles qui étaient en transit au moment de son entrée en vigueur.
Ce que le marché canadien représente pour Harley
Les volumes donnent la mesure de l’enjeu. Harley-Davidson a vendu 6 434 motos au Canada en 2025, soit près de 5 pour cent de ses ventes mondiales au détail. Sur le premier semestre 2026, le compteur affichait 3 735 unités, contre 3 912 sur la même période un an plus tôt.
Le Canada n’est donc pas un marché marginal pour la marque, et la taxe de 50 pour cent s’applique à la quasi-totalité de sa gamme, puisque son plus petit moteur dépasse déjà le seuil fixé. Du côté d’Indian, toutes les machines actuelles sont assemblées dans l’Iowa.
Portée et cadre des contre-mesures canadiennes
Les droits de rétorsion décidés par Ottawa couvrent un panier de produits américains représentant 27,6 milliards de dollars d’importations, avec des taux de taxation compris entre 15 et 50 %. Les motos thermiques dépassant le seuil de 800 cm3 figurent parmi les catégories soumises au taux de 50 %, appliqué depuis le début septembre.
Réaction de la filière et risques pour la chaîne d’approvisionnement
L’association professionnelle Moto Canada exprime une vive préoccupation face à l’interdiction américaine. Elle estime que l’arrêt pur et simple des importations peut nuire aux constructeurs, aux salariés, aux concessionnaires et aux clients des deux côtés de la frontière. L’organisation appelle les gouvernements canadien et américain à retirer les motos et produits de sport motorisé des mesures de rétorsion et à renouer le dialogue pour parvenir à un accord protégeant les emplois, les entreprises et l’accès des consommateurs aux produits.
Le marché des sports motorisés est fortement intégré entre le Canada et les États-Unis, avec des chaînes d’approvisionnement transfrontalières, des fournisseurs communs, des réseaux de distribution et des centaines de concessions locales. Restreindre ces flux risque d’entraîner des perturbations logistiques, une réduction de l’offre pour les consommateurs et des coûts additionnels pour les acteurs économiques qui dépendent de pièces, d’assemblages et d’après-vente binationalement organisés.
Un précédent européen qui éclaire le dossier nord-américain
Le scénario rappelle une réaction similaire vécue en Europe. En juin 2018, l’Union européenne a relevé de 6 à 31 % son droit de douane sur les motos américaines, en réponse aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium. La décision a conduit Harley-Davidson à annoncer, le 25 juin 2018, le transfert d’une partie de sa production vers la Thaïlande pour atténuer l’impact des droits. Le taux douanier européen a encore évolué par la suite, atteignant 56 % en juin 2021. La Cour de justice de l’Union européenne a ensuite jugé que le simple déplacement d’une production ne suffisait pas à modifier l’origine douanière des machines, et que les droits restaient dus lorsque la condition d’origine n’était pas remplie.
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Ce que la mesure change pour les professionnels et les clients
Sur un plan opérationnel, les importateurs et courtiers doivent dès à présent revoir leurs commandes, vérifier les classifications tarifaires et signaler l’inadmissibilité des motos d’origine canadienne relevant du code 8711.50.00 pour toute entrée aux États-Unis à compter de la date d’application. Les distributeurs américains dépendant de modèles assemblés au Canada devront adapter leur sourcing ou suspendre les commandes concernées.
Du côté canadien, les concessionnaires de motos américaines confrontés au nouveau tarif de 50 % verront certains modèles thermiques lourds soumis à un surcoût douanier, tandis que les motos électriques restent hors de cette taxation. L’effet combiné des deux décisions risque d’accentuer l’incertitude pour les acteurs du secteur, au moins tant que des discussions bilatérales n’aboutiront pas à un accord spécifique sur les produits concernés.
D’après des informations parues dans la presse spécialisée nord-américaine et la presse professionnelle, la situation reste susceptible d’évoluer en fonction des pourparlers entre Ottawa et Washington.
Sources :
- Cycle Canada
- Visordown
